Africa-Press – Burkina Faso. À l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux pour l’année 2026, le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina Faso (CGT-B), Nicolas Ouédraogo, a dressé un bilan alarmiste. Selon lui, le mouvement syndical fait face à une répression croissante. La cérémonie a eu lieu ce samedi 14 février 2026, à Ouagadougou.
À écouter le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina Faso (CGT-B), les libertés syndicales reculent au Burkina Faso. D’après Nicolas Ouédraogo, plusieurs structures attendent toujours leurs récépissés après leurs congrès. Dans l’administration, les demandes d’audience sont restées sans réponse. La CGT-B dénonce surtout la loi N°011-2025/ALT du 23 juillet 2025. Selon le syndicat, ce texte viole le code du travail. Il contreviendrait aussi aux conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Face à cette situation, les défis sont immenses. Nicolas Ouédraogo exige le respect des acquis démocratiques. Les revendications portent donc sur l’arrêt de la répression, la baisse du coût de la vie, le traitement sérieux des dossiers des travailleurs et la gestion efficace de la crise sécuritaire et humanitaire.
Pour gagner ces combats, la CGT-B mise sur l’organisation. Elle demande à ses membres de tenir régulièrement leurs instances, d’élever davantage le niveau de conscience politique et syndicale, de se mobiliser et de développer des initiatives dans le cadre de la solidarité syndicale pour faire face à la répression, de dynamiser leurs structures afin qu’elles soient des cadres organisés de lutte pour défendre fermement les intérêts matériels et moraux des travailleurs, de mobiliser les travailleurs à la base autour de leurs préoccupations, de renforcer et élargir leurs cadres de luttes unitaires et de lier toujours les luttes des travailleurs à celles des masses populaires.
« Nous appelons les autorités à respecter leur serment, à respecter les règles de l’État de droit pour garantir à chaque citoyen ses droits fondamentaux. Pour ce qui nous concerne, les organisations syndicales, c’est le respect de la liberté syndicale qui est un droit fondamental pour les organisations syndicales. C’est à partir de la jouissance de ce droit que nous avons la possibilité de nous organiser et de mener nos combats, poser nos revendications et nous battre pour obtenir leurs résolutions », a lancé le responsable syndical.
Réagissant aux appels lancés aux autorités par certaines personnes à dissoudre les structures syndicales, M. Ouedraogo répond: « Nous ne pensons pas qu’il viendra à la tête du gouvernement de penser à la dissolution des organisations syndicales. Parce que le pays est lié par des conventions qui exigent des autorités qu’elles respectent la liberté syndicale. Déjà, elle est mise à rude épreuve. Nous pensons qu’avec nos interpellations et avec une certaine responsabilité de leur côté, ils aviseront un jour et arrêteront de porter atteinte à la liberté syndicale ».
Concernant le cahier de doléances de 2025 déposé par la CGTB, le secrétaire général a confié qu’aucune rencontre n’a eu lieu avec le gouvernement pour en discuter.
Rama Diallo
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