Coopération Burkina Faso Belgique Bilan et Perspectives

Coopération Burkina Faso Belgique Bilan et Perspectives
Coopération Burkina Faso Belgique Bilan et Perspectives

Africa-Press – Burkina Faso. La cérémonie d’ouverture de la session annuelle du Comité mixte paritaire de concertation entre le Burkina Faso et le Royaume de Belgique s’est tenue ce jeudi 26 mars 2026 à Ouagadougou. Cette rencontre stratégique vise à dresser le bilan de la coopération bilatérale et à définir de nouvelles orientations pour en renforcer l’impact au profit des populations.

Cette instance, instituée dans le cadre de la convention spécifique de coopération signée le 25 octobre 2023, constitue un cadre privilégié de dialogue, de redevabilité et de pilotage stratégique du partenariat entre les deux pays.

Le secrétaire général du ministère en charge des Affaires étrangères, Hermann Yirigouin Toé, a salué la tenue régulière de ce cadre de concertation, qui témoigne de la vitalité des relations entre Ouagadougou et Bruxelles. Il a souligné que cette rencontre traduit un choix assumé: celui d’un dialogue franc entre États souverains et d’un partenariat fondé sur le respect mutuel, la responsabilité partagée et l’impact concret sur la vie des populations.

Dans un contexte national marqué par une dynamique de refondation, de reconquête et d’affirmation de la souveraineté, la partie burkinabè a insisté sur la nécessité d’une évolution qualitative des partenariats. « La coopération n’a de sens que si elle transforme », a indiqué le secrétaire général du ministère des affaires étrangères, rappelant que les actions menées doivent impérativement répondre aux priorités nationales et produire des résultats visibles, durables et mesurables.

Ce positionnement s’appuie sur des résultats déjà perceptibles sur le terrain. Dans plusieurs localités comme Mogtédo, Yargo, Pouytenga ou encore Koupéla, visitées le 25 mars dernier par la délégation belge venue de Bruxelles. Les interventions conjointes ont permis d’améliorer les conditions de vie des populations. Des femmes ont renforcé leur autonomie économique à travers des activités génératrices de revenus, des jeunes ont accédé à des opportunités d’insertion, tandis que des initiatives agricoles innovantes ont contribué à renforcer la sécurité alimentaire et la résilience des communautés.

Du côté belge, le chef de la délégation, Bart Pennewaert, a mis en avant la solidité d’un partenariat « ancien, profondément humain et construit dans la durée ». Il a souligné que cette session du Comité mixte constitue un moment essentiel pour assurer le suivi des engagements, évaluer les progrès réalisés et ajuster les orientations dans un environnement international marqué par des crises multiples, notamment sécuritaires, climatiques et alimentaires.

Malgré les contraintes budgétaires observées au niveau international, avec une réduction globale des dépenses de coopération, la Belgique a réaffirmé son engagement au Burkina Faso. L’impact de ces ajustements reste limité, avec une réduction estimée à 8,5 % pour le pays. « Cela ne remet pas en cause nos objectifs », a rassuré le chef de délégation, précisant que les efforts porteront davantage sur l’efficience des interventions afin de préserver les résultats.

La coopération bilatérale actuelle, couvrant la période 2023-2027, s’articule autour d’un programme d’envergure doté d’un budget de plus de 30 millions d’euros. Elle vise à renforcer la résilience socio-économique, l’accès équitable aux services sociaux de base et la cohésion sociale des populations vulnérables, en particulier les femmes, les jeunes et les personnes déplacées internes.

Les résultats présentés au cours de cette session témoignent d’avancées significatives. Dans le domaine agricole, des pratiques innovantes ont permis d’augmenter les rendements, avec notamment une production de plus de 300 tonnes de riz sur 60 hectares et une amélioration notable de la sécurité alimentaire pour des milliers de ménages.

Sur le plan de l’entrepreneuriat, plus de 2 000 membres, majoritairement des femmes, ont été accompagnés dans des initiatives économiques, favorisant l’accès au financement et la création d’emplois.

Dans le secteur de la santé, les actions ont contribué à améliorer l’accès aux soins, avec des structures sanitaires renforcées, des dispositifs de santé communautaire plus efficaces et des milliers de personnes touchées par les services.

Des progrès ont également été enregistrés dans les domaines de l’éducation, de l’accès à l’eau potable, de la gouvernance locale et de la cohésion sociale, avec notamment la mise en place de mécanismes de prévention des conflits et de participation citoyenne.

Au-delà du programme bilatéral, la coopération belge s’appuie sur une approche intégrée dite « nexus », combinant actions humanitaires, développement et consolidation de la paix. Elle mobilise également plusieurs acteurs non gouvernementaux, universités, collectivités territoriales et partenaires du secteur privé, renforçant ainsi l’impact global des interventions.

Les perspectives évoquées lors de cette session portent notamment sur l’accélération des investissements structurants, le renforcement des services sociaux de base, l’appui à l’entrepreneuriat, ainsi que la promotion de l’innovation, de l’emploi des jeunes et de l’autonomisation des femmes. Un accent particulier sera également mis sur les enjeux globaux que sont le climat, la santé et la stabilité.

Par ailleurs, les deux parties ont reconnu l’existence de défis, notamment liés à certaines mesures administratives pouvant ralentir la mise en œuvre des projets. Elles ont ainsi appelé à la poursuite d’un dialogue constructif afin d’identifier des solutions adaptées, respectueuses de la souveraineté du Burkina Faso et garantes de l’efficacité des interventions.

À plus long terme, la Belgique a annoncé son intention de lancer un nouveau programme de coopération bilatérale à partir de 2027, traduisant sa volonté de s’inscrire dans la durée aux côtés du Burkina Faso.

Au terme de cette cérémonie d’ouverture, les deux parties ont réaffirmé leur ambition commune de bâtir une coopération plus stratégique, plus cohérente et davantage orientée vers l’impact durable.

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