Africa-Press – Burkina Faso. La communauté des étudiants burkinabè formés en Chine a officiellement lancé l’Association des alumni burkinabè de Chine, avec pour ambition de fédérer ses membres et de contribuer activement au développement national ainsi qu’au renforcement de la coopération entre le Burkina Faso et la Chine. La cérémonie de lancement s’est tenue dans l’enceinte de l’université Aube Nouvelle, le 24 avril 2026, en marge de la célébration de la Journée internationale de la langue chinoise.
Le lancement a réuni des diplomates, des universitaires ainsi que de nombreux anciens étudiants burkinabè ayant séjourné en Chine. À travers cette association, les alumni entendent mutualiser leurs compétences, partager leurs expériences et se positionner comme une force de proposition dans divers secteurs clés.
L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République populaire de Chine au Burkina Faso, Deyong Zhao, a salué l’initiative. Il s’est réjoui de la tenue conjointe du lancement de l’association et de la Journée internationale de la langue chinoise, qu’il considère comme un symbole fort du rapprochement culturel entre les deux pays. « Je suis très content d’assister à la cérémonie de la fondation de l’Association des alumni burkinabè de Chine et aussi à la Journée internationale de la langue chinoise à l’université Aube Nouvelle », a-t-il déclaré.
Pour le diplomate, la promotion de la langue constitue un levier stratégique de coopération. « Le fait d’organiser la Journée internationale de la langue chinoise permet d’inciter de plus en plus d’alumni à s’intégrer à la langue chinoise et d’améliorer leur compréhension de la culture chinoise », a-t-il souligné, avant de rappeler que le 20 avril est dédié, à l’échelle mondiale, à la valorisation de cette langue. Deyong Zhao a insisté sur les perspectives qu’ouvre l’apprentissage du chinois pour la jeunesse burkinabè. « Cela va attirer l’intérêt des adolescents burkinabè pour l’apprentissage du chinois et leur permettre d’appréhender la culture chinoise et, à l’avenir, de contribuer à la coopération sino-burkinabè », a-t-il expliqué. Selon lui, la langue chinoise s’impose progressivement comme un outil d’ouverture sur le monde. « Il y a des gens qui disent que la langue chinoise est la langue de l’avenir. Cela traduit son développement et son ouverture à un niveau élevé », a-t-il ajouté.
Dans cette dynamique, l’ambassade de Chine entend jouer un rôle actif. L’ambassadeur a ainsi évoqué « l’année sino-africaine pour les échanges humains et culturels », une initiative visant à intensifier les interactions entre les peuples. Il a également assuré du soutien de la représentation diplomatique aux jeunes Burkinabè désireux de se former en langue chinoise et de contribuer au renforcement des relations bilatérales.
« Cela va ouvrir des opportunités concrètes pour les jeunes »
Représentant les alumni et président de l’association, Oumar Dicko a, pour sa part, mis en avant la vision et les ambitions de la nouvelle structure. Il a exprimé sa reconnaissance à l’endroit de l’ambassade de Chine pour son accompagnement constant, tout en soulignant la nécessité de structurer cette communauté de compétences.
« C’est une association qui voit le jour en collaboration avec l’ambassade de Chine, avec la volonté de rassembler les talents qui ont eu l’opportunité d’être formés en Chine afin de contribuer au développement endogène du Burkina Faso », a-t-il expliqué. L’organisation entend également servir de cadre de transmission des acquis. « Il s’agit de créer un réseau de compétences pour partager les connaissances et les expériences acquises en Chine », a-t-il précisé.
Forte d’une soixantaine de membres à son lancement, l’association prévoit un ensemble d’activités orientées vers l’accompagnement des alumni. « Nous allons mettre en place des actions de soutien à l’insertion socioprofessionnelle, accompagner les porteurs de projets et proposer des programmes de formation », a détaillé Oumar Dicko. L’une des priorités sera également de faciliter les connexions avec les entreprises chinoises implantées au Burkina Faso. « Cela va ouvrir des opportunités concrètes pour les jeunes », a-t-il ajouté. Au-delà de l’accompagnement individuel, l’association ambitionne aussi de contribuer à la dynamique globale de coopération entre les deux pays, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’économie et de l’innovation.
Du côté de l’Université Aube Nouvelle, le vice-recteur en charge des relations avec les entreprises et de l’insertion professionnelle, Dr Evariste Dakouré, s’exprimant au nom de l’institution, a salué une initiative porteuse de perspectives. Il a rappelé que l’université s’inscrit depuis plusieurs années dans une coopération active avec la Chine.
« Depuis un certain nombre d’années, nous avons une coopération très dynamique et fructueuse avec la Chine, notamment avec l’ambassade de Chine au Burkina Faso », a-t-il indiqué. Cette collaboration s’est traduite par la mise en place d’activités de promotion de la langue chinoise et par le développement de partenariats académiques structurants.
Dr Dakouré a notamment évoqué la collaboration avec le centre Confucius, qui a permis d’introduire l’apprentissage du mandarin au sein de l’université. « Depuis trois ans, nous formons nos étudiants à la langue chinoise à travers cette coopération », a-t-il précisé. Cette initiative a contribué à renforcer les échanges culturels et académiques entre les deux pays.
L’université a également franchi un cap en nouant des partenariats directs avec des institutions chinoises. « Nous avons signé des conventions formelles avec des universités chinoises, notamment Chang’an University, offrant ainsi à nos étudiants des passerelles pour poursuivre leurs études en Chine », a-t-il expliqué. Plusieurs étudiants burkinabè bénéficient déjà de ces opportunités, soutenues à la fois par les autorités chinoises et burkinabè.
Dans la même dynamique, Dr Dakouré a salué l’octroi récent de bourses par l’ambassade de Chine à des étudiants burkinabè. « Une vingtaine d’étudiants de l’Université Aube Nouvelle ont bénéficié de ces bourses, dont 12 à Ouagadougou et 8 à Bobo-Dioulasso », a-t-il révélé, illustrant ainsi l’impact concret de cette coopération.
Face à une demande croissante, l’université envisage d’élargir son offre de formation en mandarin. « Nous travaillons à renforcer nos capacités, notamment en augmentant le nombre d’enseignants et en améliorant les ressources pédagogiques », a-t-il indiqué. Cette demande ne concerne plus seulement les étudiants, mais également des professionnels et des acteurs économiques. « De plus en plus d’opérateurs économiques qui se rendent en Chine souhaitent maîtriser la langue et sollicitent des formations », a-t-il ajouté.
La création de l’Association des alumni burkinabè de Chine s’inscrit ainsi dans un contexte de dynamisation des échanges éducatifs, culturels et économiques entre le Burkina Faso et la Chine. Elle apparaît comme un maillon supplémentaire dans la consolidation de cette coopération, en mobilisant des ressources humaines formées à l’international.
Farida Thiombiano
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