Africa-Press – Burkina Faso. Ouagadougou accueille, du 13 au 15 avril 2026, un atelier régional consacré au renforcement du leadership féminin au sein des Forces de défense et de sécurité (FDS) du Sahel. Initiée par le Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité, Genève (DCAF), cette rencontre a réuni une vingtaine de femmes issues du Burkina Faso, du Mali et du Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cet atelier s’inscrit dans une dynamique de promotion de la participation effective des femmes dans les institutions sécuritaires. Il vise également à outiller les points focaux genre afin qu’elles deviennent de véritables actrices de changement, capables d’influencer les orientations stratégiques de leurs structures respectives face aux inégalités de genre et aux obstacles structurels persistants.
Durant trois jours, les participantes bénéficieront donc de sessions de formation axées sur le développement du leadership, le plaidoyer institutionnel et le partage d’expériences.
La conseillère technique, représentant le ministre en charge de la sécurité, a souligné la pertinence de cette initiative, inspirée par les constats issus d’études sur l’importance de l’égalité des sexes dans la gouvernance sécuritaire. Selon elle, la prise en compte du genre dans l’espace AES est un levier essentiel pour faire des femmes de véritables sentinelles de la paix afin de contribuer à la résilience et à la souveraineté des États. Elle a également insisté sur la nécessité d’une réflexion sans complaisance afin d’identifier les actions concrètes à mener pour une meilleure intégration des femmes dans les processus décisionnels, malgré les avancées déjà enregistrées sur les plans législatif et réglementaire.
« Le gouvernement du Faso, à travers le ministère de la Sécurité serait très intéressé des résultats de vos travaux. Mon département n’hésitera pas à examiner avec toute l’attention requise les pistes de solution que vos réflexions produiront. À observer la qualité des participantes à ce forum, je reste convaincu que la moisson sera belle. Le constat du ministère de la Sécurité est lucide et constant: dans le contexte actuel, la menace terroriste cherche à déconstruire nos liens sociaux,notre solidarité d’actions et notre cohésion sociale. Pour vaincre cette menace, nous avons besoin d’une réponse totale. Et cette réponse totale ne peut être formulée uniquement par des hommes. Le leadership féminin apporte une approche holistique de la sécurité humaine. Il intègre la dimension psychosociale, la protection des vulnérables et une intelligence situationnelle que nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer », a indiqué la représentante du ministre, Fatoumata Nana Benon/Yatassaye.
De son côté, le conseiller national du DCAF, Sadou Sidibé, a rappelé que la problématique du leadership féminin dans le secteur de la sécurité est une réalité mondiale. Toutefois, l’accent a été mis sur le contexte spécifique de l’AES, où des dynamiques encourageantes existent déjà. Il a notamment salué la réputation des forces de sécurité burkinabè à l’international, ainsi que l’engagement de structures comme l’association des femmes de la police nationale, partenaire du DCAF dans cette initiative.
Pour le DCAF, cet atelier se veut un cadre d’échanges, de capitalisation des bonnes pratiques et de formulation de recommandations concrètes.
À l’issue des travaux, plusieurs résultats sont attendus, notamment le renforcement de l’influence des femmes au sein des FDS, la mise en réseau des participantes autour de stratégies communes et une meilleure intégration des enjeux de genre dans les politiques et décisions sécuritaires.
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