Nadoun Coulibaly
Africa-Press – Burkina Faso. Les autorités de transition burkinabè ont donné deux semaines à l’attaché de défense français et à son équipe pour quitter Ouagadougou, tout en fermant leur mission militaire à Paris.
L’escalade continue entre Paris et Ouagadougou. Après avoir obtenu le départ des forces spéciales françaises du dispositif Sabre, puis rompu les accords de défense et d’assistance militaire qui les liaient, le régime de transition burkinabè dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré a décidé de définitivement rompre sa coopération militaire avec la France.
Dans une note envoyée le 14 septembre au Quai d’Orsay, consultée par Jeune Afrique, le ministère burkinabè des Affaires étrangères indique que « le gouvernement du Burkina Faso a décidé (…) de retirer l’agrément de Monsieur Emmanuel Pasquier, attaché de défense près de l’ambassade de France au Burkina Faso, pour activités subversives ». Le document ajoute que « M. Emmanuel Pasquier, de même que le personnel du bureau militaire français, ont un délai de deux semaines pour quitter le territoire burkinabè ».
Ouagadougou indique par ailleurs avoir décidé de fermer sa mission militaire à Paris, poste assuré depuis six ans par l’ancien chef d’état-major de la gendarmerie, le colonel-major Tuandaba Coulibaly.
Rapprochement avec Poutine
Cette décision intervient dans un contexte sous-régional tendu, où plane toujours la menace d’une intervention militaire de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) au Niger pour contraindre la junte du général Abdourahamane Tiani à quitter le pouvoir.
Un discret sommet virtuel des chefs d’État de la Cedeao s’est penché sur ce dossier, jeudi 14 septembre, sans que rien ne filtre sur les décisions prises. De leur côté, les autorités de transition burkinabè ont récemment approuvé un projet de loi autorisant l’envoi d’un contingent militaire au Niger. Ce texte doit désormais être entériné par l’assemblée législative de transition.
Arrivé au pouvoir par un coup d’État il y a près d’un an, le capitaine Ibrahim Traoré a rapidement manifesté sa volonté de rupture avec Paris, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, et de diversification de ses partenariats, se rapprochant notamment ouvertement de la Russie de Vladimir Poutine, qu’il a rencontré fin juillet à Saint-Pétersbourg, lors du dernier sommet Russie-Afrique.
Source: JeuneAfrique
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