Police judiciaire : Le commissaire Bonswindé Sankara appelle à une réforme courageuse et propose un nouvel organigramme

Police judiciaire : Le commissaire Bonswindé Sankara appelle à une réforme courageuse et propose un nouvel organigramme
Police judiciaire : Le commissaire Bonswindé Sankara appelle à une réforme courageuse et propose un nouvel organigramme

Africa-PressBurkina Faso. Face aux difficultés liées à l’organisation et au fonctionnement de la police judiciaire, le commissaire principal de police, Bonswindé Sankara, propose une piste de solution. Expérimentée pour la première fois en 2011 au commissariat de police de Ouaga 2000, cette piste est consignée dans son livre « La police judiciaire et le défi organisationnel : esquisse de réponse ». Un livre digeste de 51 pages préfacée par la directrice de la Police judiciaire, Néné Amy Traoré/Ouédraogo.

La police judiciaire constitue l’une des deux grandes branches des services de police, chargée de réprimer les infractions à la loi pénale. Elle voit cependant son efficacité réduite aujourd’hui en raison de son organisation et d’un fonctionnement qui repose sur la base d’un organigramme adopté en 1988.

Critiques de l’organigramme actuel

Des observations faites par le commissaire principal de police, Bonswindé Sankara, il ressort que parmi les trois brigades de la police judiciaire, la brigade criminelle est de loin celle qui a le plus d’affaires à traiter. « La brigade économique et financière et la brigade des mœurs sont dans la plupart du temps sans affaires », fait-il remarquer dans son livre « La police judiciaire et le défi organisationnel : esquisse de réponse ».

En ce qui concerne le fonctionnement des services de police judiciaire, l’auteur note l’augmentation des « souffrances des victimes » qui doivent attendre au moins deux jours avant d’être prises en charge, surtout en l’absence du commissaire et de son adjoint.

Quid de l’affairisme observé dans l’affectation des affaires et l’absence de suivi au cas où celles-ci sont affectées à un individu et non une brigade ? A ce sujet, le commissaire Sankara répond : « C’est la victime qui va attendre longtemps avant de voir son dossier bouclé ».

Remplacement des brigades par des équipes

Interpelé par cette situation, le commissaire Bonswindé Sankara propose dans son livre une nouvelle perspective qui, à l’en croire, a déjà fait ses preuves au commissariat de police de Ouaga 2000 et au commissariat central de police de la ville de Ouagadougou. Mais que propose concrètement l’auteur pour pallier les difficultés de la police judiciaire ?

Dans cet organigramme, le commissaire Sankara propose le remplacement des brigades par des équipes « dont le nombre varie en fonction du volume d’activités du service ». Il s’agit par exemple des équipes A, B et C. Chaque équipe a pour chef un commissaire, un officier ou un sous-officier. A la différence des brigades, l’équipe, qui est chargée de plainte, traite toutes les affaires enregistrées, qu’elles soient criminelles, économiques ou de mœurs.

Cette nouvelle organisation proposée prévoit une équipe chaque jour, même les week-ends et les jours fériés. Mais cela a des exigences, prévient l’auteur. Selon lui, il faudra beaucoup d’efforts de la part des agents qui doivent être outillés pour « faire vite et bien en respectant les droits humains ». De la part du chef de service, cela exigera une délégation d’une partie de son pouvoir de décision et une confiance à ses subordonnés.

« Imposer le modèle »

Des suggestions, le commissaire Sankara en a fait à la hiérarchie pour la promotion de son modèle d’organisation de la police judicaire. Il a recommandé qu’elle impose le modèle et organise des séances de présentation aux responsables de service. Une réforme courageuse doit être entreprise et ce ne sont pas les enquêteurs où le système a été expérimenté qui diront le contraire. Eux qui ont relevé entre autres avantages, « la satisfaction des usagers, le respect des dispositions du code de procédure pénale, la gestion collégiale des affaires, la cohésion entre les enquêteurs, la rapidité dans le traitement des dossiers, la rareté des poursuites contre les enquêteurs pour violations des règles procédurales, etc ».

En attendant, pour la directrice de la police judiciaire, Amy Néné Traoré/Ouédraogo, qui a préfacé l’œuvre, il ne fait aucun doute que la police nationale gagnerait à s’inspirer de cette expérimentation qui s’est avérée « plus efficace et respectueuse des droits humains ».

HFB

– L’auteur en bref

Né le 6 avril 1978 à Yé dans la province du Nayala, le commissaire principal de police, Bonswindé Sankara, est issu de la promotion 2005-2007 des commissaires de police. Il totalise douze années d’expérience dans des services de sécurité publique et dans un service spécialisé de police judiciaire. Il a passé deux années d’études professionnelles à l’Ecole nationale de police du Burkina et une année d’études professionnelles à l’Ecole nationale supérieure de police de Saint Cyr au Mont d’Or en France.

Le commissaire principal de police, Bonswindé Sankara, est titulaire d’un Master II en sécurité intérieure de l’université Jean Moulin Lyon 3 en France depuis l’année 2009, et d’une Maîtrise en droit des affaires de l’université de Ouagadougou. Il a effectué des stages au Japon, en Italie, en Egypte, au Maroc, aux Etats-unis, au Ghana, etc.

 

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