Sur presque toutes les photos de Thomas Sankara en tant que Président, il manque quelque chose. Pas une arme, pas une bague, pas un symbole de pouvoir. Il manque une montre. Ce détail a traversé les décennies sans que beaucoup y prêtent vraiment attention. Pourtant, ce poignet nu n’était ni un oubli, ni une coïncidence. C’était un geste délibéré. Une décision silencieuse. Et peut-être la clé la plus intime pour comprendre une leçon que la plupart des leaders et dirigeants n’apprendront jamais.
Nous sommes en 2016. Une femme entre dans une galerie d’art située au cœur de New York City. Son nom : Sara Blakely. Peut-être cherchait-elle quelque chose de précis. Peut-être flânait-elle simplement, comme on flâne parfois quand l’esprit a besoin de respirer entre deux réunions, deux décisions, deux batailles.
Elle parcourt la galerie. Des toiles abstraites, des sculptures modernes, des œuvres conceptuelles qui parlent de tout et de rien.
Et puis, elle tombe sur une œuvre. Rien de spectaculaire à première vue. Pas de couleurs éclatantes. Pas de formes complexes. Pas de message cryptique nécessitant un doctorat en philosophie pour être déchiffré. Juste un fond blanc, des lettres noires, et une seule phrase :
« N’oublie pas que tu vas mourir. »
Elle s’est arrêtée net, comme si quelqu’un venait de l’appeler par son prénom dans une foule. Comme si ces six mots avaient été écrits spécifiquement pour elle, à ce moment précis de sa vie.
Elle a regardé le tableau longuement, intensément. Le galeriste lui annonce le prix. Et ce n’était pas rien. Ça lui a valu les yeux de la tête. Le genre de prix qui fait hésiter même les gens fortunés. Mais elle n’a pas hésité une seconde. Elle l’a achetée immédiatement, avec cette joie profonde, presque enfantine, comme si elle venait de trouver un trésor qu’elle cherchait depuis des années sans le savoir.
Elle l’a fait emballer avec soin, l’a transporté jusqu’à son bureau, et l’a accroché au mur principal, exactement là où tout le monde pouvait le voir. Là où chaque visiteur tomberait dessus en entrant. Là où chaque employé passerait devant en arrivant le matin. Là où chaque partenaire commercial le verrait en franchissant la porte. Là où personne—absolument personne—ne pourrait l’éviter.
Vous imaginez la scène. Quelqu’un entre dans le bureau de Sara pour une réunion importante. Un investisseur, peut-être. Ou un nouveau membre de l’équipe. La personne s’assoit, sort ses documents, lève les yeux … et voit ça.
« N’oublie pas que tu vas mourir. »
Le malaise s’installe. Les regards se détournent. Puis reviennent, attirés malgré eux. Finalement, la question sort, hésitante :
« Euh… Sara ? Tu es sure que ça va ? Ce tableau, c’est… c’est un peu déprimant, non ? »
Et Sara souriait. Toujours. Calmement. Parce qu’elle savait quelque chose que les autres ne savaient pas encore. Quelque chose qu’elle avait compris et qu’eux découvriraient peut-être un jour. Ou peut-être jamais. Elle savait que ce tableau n’était pas déprimant. Il était libérateur.
Permettez-moi de vous poser une question inconfortable. Une question que nous évitons tous. Une question qui dérange. Qui glace. Qui fait détourner le regard :
Quand allez-vous mourir ?
Silence.
Vous ne savez pas, n’est-ce pas ? Personne ne sait. Pensez-y un instant. Il y a tellement de choses que nous savons avec certitude dans notre vie. Nous connaissons notre date de naissance. Elle est gravée sur notre carte d’identité, sur notre extrait de naissance, dans les registres de l’état civil. Le jour exact, l’heure parfois, le lieu.
Nous nous souvenons du jour où nous sommes allés à l’école pour la première fois. Ce matin où papa ou maman nous a tenu la main un peu plus fort. Où notre cartable neuf sentait encore le plastique. Où tout semblait immense et terrifiant.
Nous nous rappelons le jour où nous avons obtenu notre diplôme. La fierté dans les yeux de nos parents. La chaleur sous la toge. Les applaudissements. L’avenir qui s’ouvrait comme une porte dorée.
Le jour de notre premier emploi. Cette nervosité dans le ventre. Ce costume trop neuf. Cette poignée de main avec le patron. Ce premier salaire qui nous a fait sentir adulte.
Le jour de notre premier baiser. Les papillons. Le cœur qui bat trop fort. Les mains moites. Ce mélange de peur et de désir.
Le jour de notre mariage, si nous sommes mariés. La robe blanche ou le costume impeccable. Les larmes dans les yeux de nos parents. Les promesses échangées devant Dieu et les hommes.
Le jour où nous avons échoué durement. Cette chute brutale. Cette honte brûlante. Ce sentiment d’avoir tout perdu.
Le jour où nous avons enfin réussi. Cette victoire arrachée. Cette joie explosive. Ce moment où tout a basculé.
Toutes ces dates. Tous ces moments. Gravés dans notre mémoire. Certains sur papier. D’autres dans notre chair. Nous savons tout cela. Mais le jour de notre mort ? Personne ne le sait.
Votre médecin ne le sait pas. Votre marabout ne le sait pas. Votre Imam ne le sait pas. Votre pasteur ne le sait pas.
Le Créateur de l’univers le sait, mais Il ne vous l’a pas dit. Et il y a une raison à ce silence. Une raison profonde, presque cruelle dans sa sagesse : c’est parce que ça pourrait être aujourd’hui. Pas dans cinquante ans, quand vous serez vieux et fatigué, entouré de vos petits-enfants.
Pas dans vingt ans, quand vous aurez enfin fini de construire cette maison dont vous rêvez. Pas dans dix ans, quand vos enfants seront grands et autonomes. Pas l’année prochaine, quand vous aurez enfin lancé ce projet qui vous tient à cœur. Pas le mois prochain, quand vous aurez résolu ce problème qui vous tracasse. Mais aujourd’hui même.
Oui. Ça pourrait être ce soir en rentrant chez vous. Un accident sur la route. Un camion qui ne freine pas. Un chauffard. Un nid-de-poule que vous n’avez pas vu. La vie qui s’arrête net entre le bureau et la maison, entre « à tout à l’heure » et le silence éternel.
Ça pourrait être demain matin au réveil. Ou plutôt : au non-réveil. Votre cœur qui s’arrête doucement dans la nuit. Votre femme qui vous secoue et réalise que vous êtes parti pendant votre sommeil. Froid. Immobile. Pour toujours.
Ça pourrait être la semaine prochaine pendant une réunion ordinaire. Une douleur soudaine dans la poitrine. Un AVC fulgurant. Vous vous effondrez sur la table de conférence. Les collègues qui crient. L’ambulance qui arrive trop tard. Et tous ces projets « pour plus tard » qui ne verront jamais le jour.
Je sais, c’est désagréable d’y penser. C’est même insupportable. Et c’est pour ça que nous ne le faisons pas. Nous évitons cette pensée comme on évite un lépreux dans la rue. Nous détournons les yeux. Nous changeons de sujet. Nous nous plongeons dans nos téléphones, dans notre travail, dans nos distractions.
Nous vivons comme si nous avions signé un contrat avec le temps. Comme si la vie était un abonnement mensuel qu’on renouvelle automatiquement. Comme si demain était garanti.
C’est désagréable d’y penser, je sais. Et c’est pour ça que nous ne le faisons pas. Nous repoussons cette pensée dans un coin sombre de notre esprit, nous la couvrons de distractions, de projets à long terme, de rêves « pour plus tard ».
Nous vivons comme si nous avions signé un contrat avec le temps. Comme si la vie était un abonnement mensuel qu’on renouvelle automatiquement. Comme si demain était garanti.
Mais voici ce qui se passe quand vous arrêtez de fuir cette vérité, quand vous laissez vraiment l’idée de votre propre mort s’infiltrer dans votre conscience. Pas intellectuellement. Pas comme une statistique abstraite. Mais viscéralement, physiquement, émotionnellement.
Quelque chose d’étrange et de magnifique se produit. On pourrait penser que se rappeler constamment qu’on va mourir rendrait la vie plus lourde, plus anxiogène, plus triste.
C’est exactement l’inverse qui se produit. La vie devient plus légère, plus claire, plus urgente, plus tendre, plus pure. La mort cesse d’être cette chose terrifiante qu’on évite à tout prix, et devient une alliée stratégique. Elle devient une conseillère sage, une amie discrète qui vous accompagne partout et murmure à votre oreille :
« Ne gaspille pas ça à faire semblant. »
« Ne gaspille pas ça à jouer petit. »
« Ne gaspille pas ça à attendre la permission de quelqu’un d’autre. »
La mort devient un filtre, un purificateur. Elle brûle tout le bruit, toute la fumée, toutes les illusions de la vie et ne laisse que l’essentiel. Quand vous vous rappelez vraiment que vous pourriez mourir aujourd’hui, tout change :
Les réunions qui ne mènent nulle part ? Vous n’y allez plus. Vous dites non. Poliment mais fermement.
Les projets auxquels vous ne croyez pas vraiment ? Vous arrêtez de faire semblant. Vous arrêtez de perdre votre temps et celui des autres.
Le besoin d’impressionner des gens qui ne comptent pas vraiment ? Il s’évapore comme de la fumée au vent.
La peur des critiques ? Vous réalisez soudain que ces gens ne seront pas à vos funérailles. Qu’ils ne pleureront pas votre absence. Qu’ils ne se souviendront même pas de vous dans cinq ans. Alors pourquoi leur donner ce pouvoir sur votre vie maintenant ?
Les rancunes que vous traînez depuis des années et qui érodent votre âme telle de la rouille ? Elles deviennent ridicules. Vous vous demandez pourquoi vous avez gaspillé tant d’énergie précieuse à porter ce poids mort.
Les rêves que vous remettez à « un jour » ? Ce « un jour » devient aujourd’hui. Parce que vous réalisez que « un jour » n’existe pas. Il n’y a que des aujourd’hui. Et chaque aujourd’hui que vous laissez passer est un aujourd’hui que vous ne récupérerez jamais.
Personne n’a compris cette vérité émancipatrice plus profondément, plus viscéralement, plus courageusement que le Président Thomas Sankara.
L’homme, on le savait, avait quelque chose de particulier. Quelque chose qui dérangeait. Qui intriguait. Qui fascinait : devenu Président du Burkina Faso à moins de 35 ans, il ne portait presque jamais de montre aux poignets.
Vous pouvez vérifier vous-même. Allez sur Google. Tapez « Thomas Sankara photos ». Parcourez les images, des centaines de photos, des discours, des rencontres, des cérémonies officielles. Vous verrez rarement, très rarement, Thomas Sankara porter une montre au poignet. Peut-être qu’il y a quelques photos où il porte une montre en tant que président. Mais moi, personnellement, je n’en ai pas encore vu.
Un président sans montre ? C’était étrange à l’époque. Presque scandaleux pour certains. Un chef d’État qui ne consultait jamais son poignet ? Qui semblait vivre dans une temporalité différente, plus profonde, plus authentique que celle du reste du monde ?
Plusieurs fois, la question lui avait été posée. Par des journalistes intrigués. Par des diplomates perplexes. Par des citoyens curieux. Et il avait répondu. Avec cette clarté tranchante qui le caractérisait. Cette honnêteté brutale qui déstabilisait tout le monde.
« Je ne porte pas de montre parce que je ne veux pas minuter ma vie. »
« S’il y a quelque chose à faire, je le fais. Il n’est pas question de dire qu’il n’est pas encore temps de faire ceci, qu’il n’est pas encore l’heure de faire cela. »
« Je ne vais pas au lit parce que « il est l’heure d’aller au lit. » Non. Je vais au lit parce que mon corps est fatigué et a besoin de se reposer. »
« Je ne mange pas parce que « il est l’heure de manger. » Je mange parce que j’ai faim. »
Vous comprenez ce qu’il disait ? Il refusait de vivre selon le diktat de la montre. Selon les conventions sociales du temps. Selon cet esclavage invisible qui nous fait tous courir après des aiguilles qui tournent.
Il vivait selon son corps, selon ses besoins, selon l’urgence réelle des choses. Pas l’urgence artificielle des calendriers et des horloges. Il vivait selon la vie elle-même.
Mais il y avait quelque chose de plus profond encore : personne—absolument personne—plus que Sankara, n’était conscient de la limite de son temps sur terre. Il le savait. Il le disait. Il le répétait : « Vous, vous avez le temps. Moi non… »
Quatre ans avant son assassinat, il disait déjà cela. Comme un homme qui sent le souffle de la mort sur sa nuque. Comme un homme qui marche dans l’ombre de sa propre fin.
« Ce qui est bon pour le peuple, faisons-le et tout de suite. » Pas demain. Pas l’année prochaine. Pas quand les conditions seront parfaites. Tout de suite.
Et cette phrase terrible, prophétique, glaçante : « On ne me pointera jamais du bout du doigt en disant : « Voici l’ancien président. » »
Il savait. Il savait qu’il ne sortirait pas vivant de ce mandat. Qu’il ne vieillirait pas dans un palace doré. Qu’il ne donnerait pas d’interviews nostalgiques dans vingt ans en racontant « les belles années » de son pouvoir. Il savait que sa vie serait courte. Alors il a décidé qu’elle serait intense.
On l’a taxé d’être obsédé par la mort, d’être paranoïaque, d’être morbide, d’être dérangé. Parce qu’il se référait très souvent à ses enfants comme à des orphelins en devenir. Comme s’ils étaient déjà orphelins. Comme s’il les voyait pleurer sur sa tombe alors qu’il était encore vivant, encore là, encore président.
Il voyait sa femme Mariam comme une veuve en attente. Une femme qui porterait bientôt le deuil. Qui élèverait seule leurs enfants. Qui dormirait seule dans leur lit. Qui pleurerait seule la nuit.
C’était dur à entendre. Insupportable même. Mais il ne mentait pas. Il le savait. Et pourtant, il travaillait comme s’il allait vivre cent ans.
Là est le paradoxe magnifique, le secret de son génie, la source de sa puissance. Lui et ses camarades prenaient des décisions dont les retombées étaient attendues dans 20 ans, dans 30 ans, voire dans 50 ans.
Il plantait des arbres sous lesquels il ne se reposerait jamais. Il construisait des écoles où ses enfants n’étudieraient jamais. Il lançait des réformes qui changeraient le pays longtemps après sa mort.
Il vaccinait des millions d’enfants sachant qu’il ne verrait pas ces enfants grandir, devenir adultes, bâtir le Burkina nouveau.
Rien ne l’arrêtait. Ni les menaces de mort, et Dieu sait qu’elles étaient quotidiennes. Ni les complots, et ils étaient nombreux, tissés dans l’ombre par ceux qui le haïssaient. Ni la fatigue, et elle devait être immense pour un homme qui portait un pays entier sur ses épaules. Ni le découragement, et il aurait eu mille raisons d’abandonner face à l’incompréhension, la trahison, l’ingratitude.
Tout lui donnait du tonus. Chaque obstacle devenait un tremplin. Chaque critique devenait un défi. Chaque « c’est impossible » devenait un « regardez-nous faire ». Tout le rendait précis, chirurgical, implacable dans ses choix.
La leçon est aussi claire que douloureuse : Quand vous intégrez vraiment—pas intellectuellement, mais profondément, viscéralement, dans vos os et dans votre chair—que votre temps est limité sur terre, vous ne devenez pas morbide.
Vous devenez chirurgicalement précis dans vos choix. Vous cessez de gaspiller votre temps dans des réunions inutiles. Vous cessez de poursuivre des projets qui ne vous excitent pas vraiment. Vous cessez de faire semblant d’aimer des gens que vous n’aimez pas.
Vous cessez d’attendre la « bonne occasion », parce que vous réalisez que chaque jour que vous respirez EST la bonne occasion.
Vous choisissez plus vite. Parce que l’indécision est un luxe que vous ne pouvez plus vous permettre.
Vous aimez plus profondément. Parce que vous savez que chaque moment avec les gens que vous aimez est un cadeau temporaire.
Vous pardonnez plus rapidement. Parce que vous réalisez que la rancune vole du temps à l’amour, et que le temps est la seule chose que vous ne pouvez pas racheter.
Vous cessez de négocier avec un avenir qui ne vous doit rien. L’avenir n’a signé aucun contrat avec vous. Il ne vous a rien promis.
Vous cessez de vivre comme si le temps était un abonnement mensuel qui se renouvelle automatiquement. Vous commencez à vivre comme si chaque jour était un cadeau précaire, miraculeux, non garanti.
Vous cessez d’accuser les autres, les circonstances, le destin. Vous choisissez d’être responsable. Parce que blâmer les autres, c’est donner votre pouvoir à des gens qui ne peuvent rien changer à votre situation. Et vous n’avez pas le temps pour ça.
Voilà pourquoi ce tableau—« N’oublie pas que tu vas mourir »—n’est pas déprimant.
C’est une permission. La permission de dire enfin ce qui doit être dit. La permission de prendre le risque qui semble enfin honnête. Ce projet qui vous fait peur mais qui vous appelle. Cette entreprise que vous rêvez de lancer. Ce livre que vous voulez écrire. Ce voyage que vous reportez depuis cinq ans.
La permission de quitter le travail qui tue doucement votre âme. Oui, même si ça paie bien. Même si c’est « raisonnable ». Même si tout le monde vous dit que vous êtes fou. Parce que l’argent ne vous servira à rien le jour où vous mourrez en regrettant d’avoir passé trente ans à faire quelque chose que vous détestiez.
La permission de commencer la chose que vous appelez toujours « un jour ». De transformer « un jour » en « aujourd’hui ».
La permission de vivre d’une manière qui ferait de la mort un chapitre final naturel, pas une interruption brutale au milieu d’une histoire que vous n’avez jamais vraiment commencé à écrire.
C’est pour ça que Sara Blakely n’a pas vu ce tableau comme quelque chose de déprimant. Elle y a vu une amie. Une amie discrète, honnête, fidèle. Une amie qui ne vous ment jamais. Qui ne vous flatte pas. Qui ne vous dit pas ce que vous voulez entendre.
Une amie qui se présente chaque matin dans votre bureau, vous regarde dans les yeux, et dit doucement :
« Bonjour. N’oublie pas : tu n’es pas ici pour toujours. Ne gaspille pas ce miracle. »
Et cette amie transforme tout. Elle rend chaque conversation plus vraie, chaque décision plus claire, chaque coucher de soleil plus beau, chaque rire plus précieux, chaque étreinte plus profonde.
C’est une leçon que j’ai retrouvée encore et encore chez les entrepreneurs, les leaders, les créateurs les plus efficaces que j’ai rencontrés ou étudiés. Ils ne sont pas plus doués que les autres. Ils ne sont pas nécessairement plus intelligents. Ils n’ont pas forcément plus de ressources. Mais ils ont tous intégré une vérité simple :
Le temps est la seule monnaie qui compte vraiment. Et c’est la seule qu’on ne peut ni gagner, ni emprunter, ni économiser pour plus tard. On ne peut que la dépenser aujourd’hui et maintenant. La question est : comment allez-vous la dépenser ?
Et vous savez qui est Sara Blakely aujourd’hui ? Elle est la fondatrice de Spanx, cette marque de sous-vêtements qui a révolutionné l’industrie de la mode. Elle est partie de zéro—littéralement zéro—pour bâtir un empire d’un milliard de dollars. Forbes l’a classée parmi les femmes les plus riches du monde. Aucun héritage. Aucun investisseur au départ. Juste elle, son idée, et sa détermination féroce.
Alors je vous pose la question : si vous saviez que vous alliez mourir dans un an, que changeriez-vous dans votre vie ?
Mieux encore : si vous saviez que vous pourriez mourir aujourd’hui, que feriez-vous différemment ce matin ?
Cet appel que vous repoussez depuis des semaines, ou peut-être des mois ? Vous le passeriez.
Cette dispute stupide avec votre frère, votre soeur, votre oncle ou votre tante ? Vous la réglereriez.
Ce projet qui vous fait vibrer mais que vous jugez « irréaliste » ? Vous commenceriez. Aujourd’hui. Maintenant.
Parce que voici la vérité finale, celle que nous savons tous mais que nous oublions constamment, volontairement, désespérément, pathétiquement :
On a beau se souhaiter « Bonne et heureuse année » chaque premier janvier. On a beau trinquer au champagne en riant trop fort pour couvrir le silence de nos peurs. On a beau s’embrasser à minuit comme si ces baisers pouvaient arrêter le temps. On a beau s’envoyer des messages WhatsApp débordants d’émojis : « Bonne et heureuse année avec tous les ingrédients du bonheur que cela contient ! Santé, prospérité, réussite, amour, joie, paix, longue vie… »
On a beau écrire « longue vie » en gras, en majuscules, avec trois points d’exclamation. On a beau le penser sincèrement, le souhaiter ardemment, y croire naïvement.
Vous allez mourir. Nous allons tous mourir.
Ce n’est pas déprimant. C’est juste vrai.
Et c’est précisément cette vérité qui rend tout—absolument tout—infiniment plus beau.
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Naya Sankoré
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