une attaque attribuée à des djihadistes fait plusieurs dizaines de morts dans l’est du pays

une attaque attribuée à des djihadistes fait plusieurs dizaines de morts dans l’est du pays
une attaque attribuée à des djihadistes fait plusieurs dizaines de morts dans l’est du pays

Africa-Press – Burkina Faso. Les attaques meurtrières attribuées à des djihadistes armés contre des civils et des militaires se multiplient ces dernières semaines au Burkina Faso. La dernière a eu lieu mercredi 25 mai et a fait une cinquantaine de morts parmi la population civile, selon un bilan provisoire annoncé par le colonel Hubert Yameogo, gouverneur de la région de l’Est, jeudi.

« Des habitants de Madjoari »

, qui tentaient de quitter cette localité placée sous blocus de djihadistes, « ont été pris pour cible » près d’un pont « par des individus armés non identifiés », a précisé le colonel dans un communiqué. Cette attaque est la plus sanglante depuis celle perpétrée il y a près d’un an à Solhan, dans le Nord-Est, qui avait fait 132 morts.

Comme d’autres communes du nord et de l’est du Burkina, telle Djibo et Titao, celle de Madjoari a été placée sous blocus par les djihadistes qui frappent ces régions. L’armée parvient parfois à y faire parvenir des convois de ravitaillement. Quand ce n’est pas le cas, des habitants démunis et désespérés tentent de fuir, selon des habitants joints par l’Agence France-Presse (AFP) depuis Ouagadougou. C’est ce qui se passe à Madjoari depuis une semaine.

Ce sont « ces populations qui ont été interceptées et exécutées par les terroristes », a assuré l’un d’eux, précisant que « toutes les victimes sont des hommes ». Le gouverneur de la région de l’Est a assuré que « des actions de sécurisation sont en cours afin de ramener la quiétude ».

Environ 200 morts en deux mois

Le nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a renversé à la fin de janvier le président élu, Roch Marc Christian Kaboré, accusé d’être inefficace face à la violence djihadiste, a fait de la question sécuritaire sa « priorité ». Au début d’avril, il avait annoncé la création de comités locaux de dialogue avec des groupes djihadistes pour tenter d’enrayer les violences. Une stratégie qui ne semble pas porter les fruits attendus pour l’instant.

Avant l’attaque de mercredi, plusieurs autres ont eu lieu récemment à Madjoari contre des militaires et des civils. Le 19 mai, le détachement militaire y a été visé lors d’une attaque qui a tué onze soldats et en a blessé vingt autres. Cinq jours auparavant, une attaque contre les populations civiles avait fait dix-sept morts et sept blessés.

Depuis deux mois, les attaques contre des civils et des militaires dans le nord et l’est du pays sont régulières et ont fait environ 200 morts, selon un décompte de l’Agence France-Presse.

La plus meurtrière, depuis que le Burkina est devenu, en 2015, la cible des attaques djihadistes, a été commise dans la nuit du 4 au 5 juin 2021 dans le village de Solhan. Des hommes armés – dont « des jeunes âgés de 12 à 14 ans », selon les autorités – y avaient tué 132 personnes selon le gouvernement, 160 selon des sources locales.

Le Burkina Faso, en particulier dans le Nord et l’Est, est frappé depuis sept ans par des mouvements affiliés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique, qui ont fait plus de 2 000 morts, civils et militaires, et près de 2 millions de déplacés.

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