Alimentation : « le soda pour les enfants doit être strictement éliminé »

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Alimentation : "le soda pour les enfants doit être strictement éliminé"

Africa-PressBurkina Faso. Une nouvelle étude révèle que les boissons sucrées augmentent le risque de mort prématurée due à une série de maladies, comme les maladies cardiaques et certains types de cancer.

Quelle consommation devrait-on en faire ? La réponse avec le docteur Djibril Traoré, spécialiste en nutrition humaine et chercheur au projet Usaid/Fpl.

Devons-nous consommer des sodas?

Une étude publiée le mois dernier par la T. H. Chan School of Public Health de l’Université Harvard analyse les données de plus de 37 000 hommes et 80 000 femmes sur 30 ans.

Les chercheurs constatent que plus une personne consomme des boissons sucrées, plus le risque de décès précoce augmente pour elle.

« La consommation d’une à deux boissons sucrées par jour était associée à un risque accru de de 14 % ; et deux boissons sucrées ou plus par jour augmentent les risques de 21 % », déclare Vasanti Malik, chercheur au département de la nutrition de l’Université Harvard et auteur principal de cette étude.

L’une des principales préoccupations des autorités sanitaires est l’effet des boissons sucrées sur les enfants et les adolescents. Les chiffres de l’obésité dans ces groupes d’âge (5 à 19 ans) est passé de 11 millions en 1975 à 124 millions en 2016, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Les enfants ont besoin d’énergie pour grandir. Mais ce que je conseille aux familles, c’est d’apprendre à l’enfant, dès le plus jeune âge, à prendre de l’énergie accompagnée de nutriments, par exemple des fruits », explique le docteur Djibril Traoré, spécialiste en nutrition humaine et chercheur au projet Usaid/Fpl.

Leur donner des fruits pressés, comme de la papaye, de la mangue ou de l’orange, leur apportera le sucre, mais aussi les fibres, les vitamines, les nutriments et les minéraux qui sont bons pour la santé et l’organisme, conseille le Dr. Traoré.

« Il ne faut pas attendre d’être en mauvaise santé pour décider. La bonne conduite, dès à présent, c’est de savoir que les sodas ne sont pas bons et de prendre les mesures pour empêcher son enfant de devenir malade ou de grandir en mauvais adulte », conseille-t-il.

« Pour les adultes, il faudrait prendre une tasse après avoir fait une longue marche ou avoir dépensé beaucoup d’énergie dans la journée. L’idéal serait de ne pas dépasser une tasse par semaine de boisson sucrée », recommande le nutritionniste .

Limiter la consommation de sucre

Nous nous sommes intéressés aux étiquettes des boissons sucrées prisées autant par les enfants que par certains adultes. Une boîte de 330 millilitres de Coca-Cola, selon le site web de l’entreprise, contient 35 grammes de sucre, ce qui équivaut à environ sept cuillères à café.

L’OMS recommande que la consommation quotidienne de sucre ne dépasse pas 50 grammes. « Pour les boissons, l’idéal est de conserver la quantité naturelle de sucre qui se trouve dans le fruit », observe le docteur Djibril Traore.

Un tour au supermarché au Sénégal et en France nous a permis de relever un écart de +0,2 gramme de sucre pour 100 millilitres, dans la composition affichée sur la bouteille de la boisson à bulle la plus répandue au monde.

Un écart qu’il ne faut pas minimiser, selon le docteur Traoré, car elle peut se révéler très significative dans le développement de la résistance insulinique, puis du diabète.

« 0,2 gramme n’est pas négligeable. C’est comme cela que l’on commence à développer une maladie chronique. Vous prenez quelque chose de mauvais à petite dose au quotidien, jusqu’à ce que vous développiez une maladie. Et quand vous êtes malade, ce 0,2 gramme devient catastrophique et peut même aller jusqu’à provoquer un coma », avertit-il.

Quelles mesures prendre ?

Près de 30 pays dans le monde, dont le Royaume-Uni, ont mis en place un système de taxation des boissons sucrées.

Les résultats de l’étude conduite par l’Université de Harvard « appuient davantage les politiques visant à limiter la commercialisation des boissons sucrées auprès des enfants et des adolescents et à mettre en place des taxes sur les boissons gazeuses, car le prix actuel des boissons sucrées ne tient pas compte des coûts élevés du traitement des conséquences », a déclaré Walter Willett, professeur d’épidémiologie et de nutrition à l’Université de Harvard.

« Malheureusement, dans les pays africains, les populations ont un goût prononcé pour le sucre. Les fabricants de boisson ne sont pas des nutritionnistes, ils veulent que leurs produits soient vendus. Ils fabriquent selon le goût du consommateur », souligne M. Traoré.

Selon lui, l’État devrait obliger les industriels à faire des mises en garde sur les bouteilles de soda, comme c’est le cas pour les paquets de cigarettes. Une autre solution est de surtaxer ces produits, afin de les rendre plus chers et de réduire leur consommation.

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