Au Burundi, une journaliste détenue par les services de renseignement

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Au Burundi, une journaliste détenue par les services de renseignement
Au Burundi, une journaliste détenue par les services de renseignement

Africa-Press – Burundi. Sandra Muhoza, journaliste pour La Nova Burundi, avait répondu à l’invitation d’un riche homme d’affaires et membre influent du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Depuis le 13 avril, elle est détenue au siège du renseignement.

Une journaliste burundaise est détenue depuis le 14 avril par les services de renseignement à Bujumbura, a indiqué lundi sa famille à l’AFP. Sandra Muhoza, 42 ans, est journaliste pour La Nova Burundi, média en ligne réputé plutôt proche du pouvoir. Elle avait répondu le 13 avril à l’invitation d’un riche homme d’affaires et membre influent du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, ont affirmé à l’AFP des membres de sa famille.

Sans nouvelles depuis samedi, « son mari a finalement reçu dimanche (…) un message provenant de son téléphone et qui disait [que son] épouse est détenue au siège central du Service national du renseignement. Il lui a été proposé de ramener des habits et d’autres effets dont elle a besoin », a déclaré un membre de son entourage. Il s’est dit « inquiet mais aussi rassuré par ce message qui signifie qu’elle est encore en vie ». Le motif de son arrestation n’a pas été communiqué à la famille.

« Nous sommes très inquiets par l’arrestation de notre collègue, parce que jusqu’ici on ne sait pas pourquoi elle a été arrêtée », a de son côté indiqué à l’AFP le directeur du journal en ligne La Nova Burundi, Pascal Ndayisenga.

Les évêques mettent en garde contre la tentation du « monopartisme »

Reporters sans frontières (RSF) a également exprimé son inquiétude: « RSF s’inquiète de la détention, sans motif donné, de la journaliste », a dit sur X l’ONG. Ce n’est pas la première fois que des journalistes sont ciblés au Burundi. En mai 2023, la journaliste Floriane Irangabiye avait été condamnée à 10 ans de prison pour « avoir porté atteinte à l’intégrité du territoire national ». « Les journalistes burundais vivent dans la crainte d’être menacés, agressés ou arrêtés », selon RSF, qui avait classé en 2023 le pays au 114e rang sur 180 en matière de liberté de la presse.

Le 15avril, les évêques du Burundi ont dénoncé dans un message lu dans les milliers d’églises du pays la tentation du « monopartisme », les exécutions extrajudiciaires, la « corruption » et « l’impunité » dans le pays dirigé par le président Evariste Ndayishimiye.

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