Le staff de l’Onatel dans le viseur du chef de l’Etat

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Le staff de l’Onatel dans le viseur du chef de l’Etat
Le staff de l’Onatel dans le viseur du chef de l’Etat

Africa-Press – Burundi. Dans l’émission publique de fin d’année, à Kirundo, le président Evariste Ndayishimiye a déclaré que le personnel de l’Office national des télécommunications (Onatel) est à l’origine de sa faillite. Il a menacé de les mettre dehors et d’engager d’autres pour sa redynamisation. Une partie de la société civile trouve qu’il ne faut pas jeter le tort au personnel.

« Chez Onatel, je vous ai dit la solution : Quand l’enfant meurt, la bonne part », a déclaré le président Evariste Ndayishimiye, lors de l’émission publique du 30 décembre. Il répondait à une question posée par une ancienne employée de l’Onatel en rapport avec sa pension. « Dites-moi M. le DG, si on te le donne, peux-tu me dire qu’il continuera à tomber en faillite ? Je le sais. Pour vous, la chose publique est de s’approprier », a-t-il lancé.

Le chef de l’Etat reconnaît que ce n’est pas l’actuel directeur général qui est responsable : « Tu as trouvé la situation ainsi. » Pour le président Ndayishimiye, s’il était le DG de l’Onatel, il aurait déjà démissionné. « Cela ne sert à rien de diriger une société en ruine », a-t-il justifié.

Et de dévoiler sa solution pour sauver cette entreprise : « Il faut mettre en retraite tout le personnel et recruter de vrais travailleurs. Il y a des jeunes qui peuvent redynamiser l’Onatel, faire entrer de l’argent dans le pays et payer ces retraités. Mais si c’est toujours l’actuel staff, ne cherchez plus l’Onatel. »

Pour lui, les employés actuels excellent seulement dans le gaspillage du bénéfice et du capital. « Je ne vous dirai jamais merci. Vous ! Je suis en train de chercher une solution. C’est de vous licencier et vous remplacer par des jeunes formés en la matière pour sauver l’Onatel parce que c’est incompréhensible », a-t-il tranché.

Le chef de l’Etat a d’ailleurs souligné que l’Onatel est la première société qui a tout le nécessaire parmi d’autres sociétés de téléphonies. Pour lui, en cinq ans seulement, elle peut payer les retraités, son personnel et faire entrer de l’argent dans la caisse de l’Etat. Le président Ndayishimiye a ainsi dénoncé une mauvaise habitude où des cadres géraient ces entreprises publiques comme bon leur semblait, en s’appropriant du capital et les intérêts.

Ce qui fait que, selon lui, un directeur général d’une société où l’Etat a mis des capitaux s’estime même supérieur au ministre. « Et ce, parce qu’ils considèrent ces sociétés comme leurs propres entreprises », a-t-il souligné.

Pour le président « Neva », s’ils ne changent pas de comportement, un jour, ils rendront des comptes.

Faustin Ndikumana : « Le gouvernement doit assumer sa responsabilité. »

« Quand une entreprise publique ou même chaque autre société tombe en faillite, la responsabilité revient d’abord au leadership de l’entreprise », analyse Faustin Ndikumana, directeur national de l’association Paroles et Actions pour le Réveil des Consciences et le Changement des Mentalités (Parcem).

A l’Onatel, il indique que le leadership est constitué par quatre échelons : le staff de direction à savoir le directeur général et les directeurs technique et financier. Ils sont nommés par décret. Il y a aussi le conseil d’administration nommé également par décret, le ministère de tutelle et le conseil des ministres. « A tous ces échelons, les mesures de redressement peuvent être prises à temps avant qu’il ne soit trop tard. Comment une entreprise comme l’Onatel en arrive à un tel état de santé financière alors que tous ces échelons devraient avoir décidé à temps pour inverser la tendance ? »

D’après lui, la pléthore du personnel est aussi à la base du dysfonctionnement des entreprises publiques comme l’Onatel. « C’est souvent lié à un recrutement politisé des fois après les campagnes électorales. Les partis politiques qui gagnent s’engagent à récompenser leurs militants. On donne des postes à tout va dans les entreprises publiques. Des fois, on exige des sommes aux entreprises pour contribuer ici et là. »

M. Ndikumana fait savoir que l’endettement est aussi une cause. « Des fois, le gouvernement ne rembourse pas régulièrement les dettes contractées auprès de ces entreprises publiques car il dit que ce sont des dettes de l’Etat à l’Etat. »

En plus de cela, souligne cet économiste, il y a l’environnement concurrentiel. « Si l’Etat considère que l’Onatel est une entreprise qui lui est chère, pourquoi il donne des autorisations aux autres sociétés sans avoir étudié stratégiquement comment l’Onatel pourra survivre dans cet environnement concurrentiel ? »

D’autres causes sont entre autres la mauvaise gestion ; la passation des marchés, le détournement. « Il y a l’Inspection générale de l’Etat et la Cour des comptes qui doivent enquêter et donner régulièrement des rapports sur l’état de santé de ces entreprises. Il y avait même une autre entité à savoir le service chargé des entreprises publiques. Pourquoi ces services n’ont pas fonctionné ? »

Pour le directeur national de la Parcem, il ne faut pas jeter le tort au personnel. « Le gouvernement doit assumer la responsabilité. C’est le commandement qui est mis en cause. Le personnel est un outil qui est mis à la disposition du leadership dirigeant de l’entreprise. »

Quant aux mesures de redressement, il propose une étude minutieuse et impartiale de la situation actuelle de l’Onatel. « S’il y a des dettes à payer, il faut rembourser. Il faut un plan stratégique de redressement et d’orientation qui donne une mission nouvelle à l’entreprise en tenant compte de l’environnement concurrentiel actuel. Quel est le secteur où l’Onatel pourrait avoir sa valeur ajoutée pour qu’elle puisse résister ? Il faut tracer un chemin pour survivre. »

Faustin Ndikumana trouve qu’il faut une privatisation responsable et une recapitalisation de l’entreprise. « Le personnel de l’Onatel est déjà expérimenté mais il faut un leadership fort. Les compétences qui sont à la disposition de l’Onatel ne sont pas à jeter à la poubelle. Il faut prendre le taureau par les cornes en admettant la responsabilité qui revient au gouvernement. »

Hamza Venant Burikukiye : « A chaque niveau, les irrégularités et manquements ont été observés. »

Pour le représentant légal de l’Association Capes+, la faillite de l’Onatel est une évidence. « Le président de la République a bien raison de charger les employés de l’Onatel d’être responsables de la faillite de cette entreprise. » Selon lui, nul n’ignore les grèves répétitives du syndicat du personnel de l’Onatel qui ne revendiquaient que l’augmentation des salaires et d’autres avantages sans se soucier de l’amélioration du rendement et de la bonne marche de l’entreprise. « De l’autre côté, les dirigeants qui se sont succédés à la tête de l’Onatel, comme les employés, sont tous responsables chacun en ce qui le concerne. A chaque niveau, les irrégularités et manquements qui ont ruiné l’entreprise Onatel ont été observés. »

Pour Hamza Venant Burikukiye, le redressement de l’Onatel exige une réforme systématique de l’entreprise au niveau administratif,

opérationnel et gestion.

De plus, indique-t-il, il faut moderniser les équipements adaptés à la technologie du moment et doter l’Onatel du personnel qualifié et génie en haute technologie de communication tel que le prône le président de la République. « Il faut aussi des administratifs et gestionnaires financiers de qualité et plus performants voire responsables. »

Gabriel Rufyiri : « Il faut un audit organisationnel et financier.»

Selon Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome), il y a un principe important qui stipule que tout fonctionnaire qui travaille pour le compte de l’Etat ou pour une autre personne doit bénéficier de tous les droits qui lui sont attribués à savoir un salaire décent, les cotisations pour l’INSS, la Mutuelle et autres. « Ça se trouve dans les conventions internationales que le Burundi a ratifiées mais aussi dans la Constitution burundaise et d’autres lois qui en découlent. »

Le deuxième principe, poursuit-il, est que le gouvernement a une obligation réglementaire et morale de protéger la chose publique. « Ce ne sont pas les employés qui sont responsables de la faillite des sociétés publiques, ce sont d’abord les responsables c’est-à-dire les directeurs généraux et le Conseil d’administration qui sont nommés pour leur gestion quotidienne. »

Pour lui, il faut que tous les directeurs généraux et les membres du conseil d’administration qui se sont succédé soient responsables de leurs actes. « Il ne faut pas que le gouvernement condamne les employés au lieu de condamner les gestionnaires. »

Malheureusement, déplore-t-il, ces directeurs généraux défaillants continuent d’être promus : « Tout le monde connaît ceux qui ont géré l’Onatel avant et après 2005. Ils sont où aujourd’hui ? Il faut que le discours du gouvernement soit cohérent en matière de la gestion de la chose publique parce que c’est l’argent du contribuable. »

Pour M.Rufyiri, il faut qu’il y ait du respect de la chose publique de la part des mandataires publics.

Que faire alors ? « Nous avons entendu que le gouvernement a fait un plan de redressement de l’Onatel. C’est une bonne chose mais il faut qu’il y ait des mécanismes transparents de gestion de ces sociétés publiques. Les gestionnaires de ces entreprises dont l’Onatel doivent passer des tests. Il faut recruter comme on le fait à l’Office burundais des recettes. »

Le président de l’Olucome est contre la nomination sur base du militantisme dans les partis politiques : « Les militants sont là pour satisfaire d’abord leurs proches et leurs familles. Au sein des conseils d’administration, il faut des gens dévoués à faire respecter la chose publique. Il faut mettre en place des mécanismes de protection des biens de l’Etat. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Quand vous regardez la santé financière de toutes les sociétés publiques, c’est la même chose. »

De plus, souligne-t-il, il faut un audit organisationnel et financier de ces entreprises. « Le favoritisme, le clientélisme et le monopole doivent être bannis au sein de ces sociétés publiques. »

Gérard Hakizimana : « Personne de l’extérieur n’est responsable. »

Pour le président de l’Association Force pour la lutte contre le népotisme et le favoritisme (Folucon-F), personne n’ignore que l’Onatel devrait être une entreprise forte et rentable. « Mais nous savons tous qu’elle tombe en faillite. C’est regrettable. Nous félicitons le président de la République car il dit toujours la vérité».

M.Hakizimana trouve incompréhensible qu’une entreprise peut tomber en faillite alors qu’elle a des dirigeants.« Nous constatons

que ce sont ses employés qui sont responsables de cette situation. Personne de l’extérieur n’est responsable. »

Pour Gérard Hakizimana, il faut une étude minutieuse pour voir si le redressement de cette entreprise est possible. « Nous voyons les sociétés privées prospérer, mais ce n’est pas le cas pour les entreprises publiques. Pourquoi ? » Et d’insister sur la nécessité d’examiner la possibilité d’une privatisation de l’Onatel ou son maintien dans les mains de l’Etat : « Nous avons des techniciens qualifiés pour faire ce travail. »

Le mal de l’Onatel

En 2021, les représentants du personnel dans les organes sociaux avaient sorti un document intitulé « Contributions des organes sociaux regroupant le personnel sur la situation critique actuelle ». Selon ce document, depuis 1991 jusqu’en 2008, il y a eu une augmentation du chiffre d’affaires annuel jusqu’à atteindre plus de 20 milliards de BIF en 2008. « C’est à partir de 2009 jusqu’aujourd’hui que ce dernier n’a cessé de chuter passant de 18,5 milliards à 5,5 milliards en 2019. Pendant la même période, le résultat net de l’Onatel reste déficitaire de 17,2 milliards en 2019 à l’exception des exercices 2007, 2009 et 2012. »

Selon ces représentants du personnel, les dettes à court, moyen et long terme, au 31 décembre 2020, totalisaient un montant d’environ 117 milliards de BIF y compris les dettes envers le personnel évaluées à 8 milliards de BIF sans compter les intérêts de retard sur les crédits bancaires octroyés au personnel.

Depuis 2001, indiquent les représentants du personnel, l’Onatel a enregistré une augmentation des effectifs du personnel dus aux différents recrutements de nouveaux employés en remplacement des départs à la retraite, des décès, des démissions, licenciements, mise en disponibilité, …

Des investissements foireux

Selon ces représentants, l’Onatel a participé au capital de TELECEL BURUNDI à sa création avec une participation d’un montant d’un million de dollars qui n’a jamais généré de dividendes jusqu’en 2003. « Le capital a été finalement cédé à TELECEL Burundi moyennant versement d’un montant de 460 millions de BIF sous une forte pression du personnel pour donner naissance à la téléphonie mobile (ONAMOB). »

Ils ont également signalé plusieurs investissements réalisés mais dont « certains d’entre eux n’ont pas été rentables. » Entre autres investissements, l’actionnariat dans les banques BANCOBU et BBCI respectivement 80.000.000 en 2007 et 57.270.000 BIF en 2004. L’actionnariat dans les sociétés des TIC locales et internationales, à savoir Burundi Backbone System (BBS), West Indian Ocean Cable Company (WIOOC) et une Organisation Régionale Africaine de Communication (RASCOM) respectivement avec 800.000 dollars américains en 2011, 550.000 dollars américains en 2007 et 350.151 dollars américains en 2007. L’actionnariat dans la société EABS (Est African Back Haule System) « avec un montant de 60 000 dollars pour un acompte d’un projet qui n’a jamais vu le jour. »

Ils ont également mentionné aussi la signature d’un contrat de marché gré à gré (Février 2010) de fourniture et d’installation d’un système de gestion et de contrôle du trafic d’interconnexion entre l’ONATEL et les autres opérateurs Télécoms nationaux et internationaux (phase1) et d’un système convergent de Gestion et facturation de tous les abonnés de l’ONATEL (phase2) pour un montant de 2.795.549 d’Euro HT. « Aujourd’hui, les payements déjà effectués sur le projet s’élèvent à 1.074.491 Euros HT. Le projet n’est pas à sa parfaite exécution et les négociations d’un avenant sont en cours pour garder uniquement la partie déjà réalisée. »

Il y a aussi la rétrocession par le gouvernement d’un réseau à fibre optique Métropolitain Area Network (MAN) d’un montant de 9 millions de dollars américains. « Il n’est pas rentable suite à une concurrence déloyale d’un fournisseur unique d’accès de la bande passante (BBS) dont sa mission initiale était le transport de la bande passante jusqu’au point d’atterrissage des opérateurs à partir duquel ces derniers devraient acheminer le trafic jusqu’aux derniers consommateurs. Malheureusement la société BBS s’impose et opère comme grossiste et détaillant. »

Parmi ces investissements, il y a aussi l’aval du gouvernement pour le financement d’un projet d’extension et de modernisation du réseau ONAMOB à hauteur d’un montant de 30 millions de dollars américains en 2017 par la signature d’un contrat de marché gré à gré. « Le remboursement cause problème actuellement suite aux prévisions non réalistes. Des problèmes d’ordre technique, commercial et financier sont observés pendant cette période d’exécution. »

Le gouvernement propose des mesures de redressement

Dans la réunion du 29 septembre 2021, le conseil de sécurité a étudié la situation de l’Onatel. Selon le gouvernement, l’Onatel jouissait au départ, d’un monopole et ce n’est qu’en 1997 que le secteur a été libéralisé et il fait face à une compétition des autres opérateurs dans le domaine des télécommunications. « L’Onatel détient des titres et actions dans les sociétés et/ou institutions financières locales et internationales dont la valeur se chiffre à plus de 47 milliards de BIF. Mais actuellement, l’Onatel fait face à des défis liés à son cadre légal, son management, des défis techniques, des défis liés aux financements ainsi que ceux liés à la gestion des projets (ONAMOB, Réseau Métropolitain à Fibre Optique). »

Comme solution, la note proposait entre autres que l’Onatel doit conduire son développement sur les 5 années à venir selon les axes : revalorisation de la téléphonie fixe à travers notamment l’introduction du triple play (téléphone, l’internet et

chaînes de télévision), déploiement d’un réseau de boucle métropolitain par l’extension de la fibre optique dans les villes de Gitega et Ngozi ainsi que l’optimisation du réseau Onamob par la couverture nationale en réseau de téléphonie mobile.

La note proposait aussi le redressement administratif et financier par notamment la mise en place des outils modernes et informatisés de gestion et de contrôle, ainsi que le renouvellement progressif du personnel selon les besoins. Enfin la révision de la convention de crédit pour le financement du Projet Onamob entre l’Etat du Burundi et la société HUAWEI.

Après les échanges, le conseil des ministres a proposé des solutions. Parmi elles, le redressement du leadership de l’Onatel « pour qu’il soit capable de piloter les réformes à envisager. », identification parmi les titres et actions de l’Onatel dans les institutions financières, ceux qui sont moins rentables et les vendre pour purger une partie de ses dettes, évaluation de créances de l’Onatel et procéder à leur recouvrement.

Le conseil des ministres a aussi recommandé de chercher un cabinet d’audit externe pour faire le diagnostic général de l’Onatel et proposer des mesures de redressement. Le même audit va montrer comment le crédit contracté par l’Etat du Burundi a été utilisé par la société HUAWEI. Pour des produits de même qualité chez l’Onatel et les opérateurs privés, les institutions publiques devraient être amenées à privilégier les produits de l’Onatel. De plus, le patrimoine de l’Onatel doit être identifié, valorisé et rentabilisé. « Les sociétés Onatel et BBS ne doivent pas se concurrencer. Il faut ramener chacune à opérer dans le cadre de ses missions. »

« Tout commence avec la libéralisation du secteur. En fait, avant cette politique, l’Onatel tenait le monopole », confie Privat Kabeba, directeur général de l’Onatel. Et puis, il s’est invité la politique de la Banque Mondiale qui demandait la privatisation des sociétés publiques sous prétexte que l’Etat est un mauvais gestionnaire. Et l’Onatel a été classée parmi les premières sociétés à privatiser. Et cela a duré plus de 15 ans. Et il était interdit de faire des investissements.

Or, le personnel devait continuer à être payé. Puis, est venue la période des commissions de 2008-2009. Parmi les recommandations de ces commissions, on a proposé un audit au sein de l’Onatel. Et il a eu lieu en 2011, exécuté par une maison d’audit international appelé Renaissance capital. On a alors recommandé qu’il ne faut pas privatiser l’Onatel sans faire un investissement minimum pour le rendre compétitif et pour que l’Etat puisse gagner quelque-chose une fois la société privatisée. Car, explique-t-il, l’état financier était très négatif.

Et puis, ont suivi le travail des commissions techniques pour analyser les investissements à faire. Ils ont donné le rapport aux concernés mais rien n’a suivi.

C’est en 2017, qu’une étude de projet de modernisation du réseau ONAMOB a été initiée. Et le début de l’exploitation a eu lieu deux ans après, en 2019. Et ce, parce que l’ancien réseau était obsolète par rapport à la capacité des concurrents. « Comment voulez-vous que l’Onatel concurrence une société comme Econet-Leo qui a 450 sites (pilonnes) ou Lumitel qui a plus de 600 sites alors que nous n’en avons que 150 pilonnes ? »

En ce qui est du réseau fixe, il indique qu’il est obsolète. Il n’y a plus de pièces de rechange pour réparer les équipements. Le DG de l’Onatel signale que cette société n’a pas été capable de faire l’extension : « Il y a eu de nouveaux quartiers, mais Onatel n’a pas suivi. » Il évoque aussi les cas de vandalisme de leurs matériels, des câbles pour y récupérer du cuivre, etc. Et d’avouer que le réseau fixe peut s’arrêter d’un moment à l’autre. La maintenance n’existe plus dans sa société

Côté recettes, M.Kabeba indique que les recettes sont allées decrescendo alors que la masse salariale n’a cessé d’augmenter. La crise de 2015 a touché l’Onatel. En effet, explique-t-il, le personnel a passé trois à cinq mois sans travailler mais ils ont été payés. Ce qui a fait que même le peu de réserves financières s’est épuisé. Avec le problème de paiement du personnel, il y a eu des accumulations des retenues non virées que ça soit pour la pension complémentaire, le remboursement des crédits, pour la Mutuelle, etc.

Des dettes tenaillent cette société. Il signale par exemple qu’Onatel doit rembourser 30 millions de dollars américains utilisés pour la modernisation du réseau ONAMOB.

Que faire ?

Pour sauver l’Onatel, il estime qu’il faut d’abord y mettre de l’argent. Il propose par exemple un partenariat public privé (PPP) pour augmenter la couverture et étudier comment multiplier les services et partager les intérêts.

Il suggère aussi le renouvellement du personnel qui est pour le moment vieillissant. D’après lui, plus de 50 % du personnel a l’âge situé entre 51 et 60 ans. « Il faut au moins qu’on remplace les départs, certains services manquant actuellement de personnel tandis que certains postes ne sont plus occupés».

Parmi son personnel, il indique que les non-qualifiés sont plus nombreux : « 205 sur 377 sont des manœuvres non qualifiées. »

Il déplore, en outre, qu’avec l’évolution de la technologie, la plupart du personnel n’est pas à jour. « Or, en télécommunication, la technologie avance rapidement. Normalement, la compagnie publique devrait prendre le devant au lieu d’être suiveuse».

Privat Kabeba observe que l’Onatel se vide de plus en plus de son personnel. Il signale qu’au 31 décembre 2022, 22 personnes sont parties en retraite et au 31 décembre 2023, il y aura 32 départs. Au 31 décembre 2024, ça sera le tour de 29 personnes à partir en retraite tandis qu’au 31 décembre 2025, 17 vont partir.

Pour la période 2020-2022, il y a eu 119 départs dans tous les services combinés. Les raisons avancées étant la retraite, la mise en disponibilité, le licenciement, la démission et le décès. « Comme solution provisoire, je suis en train de combiner les services». Il estime que son personnel a aussi besoin de formation : « Si le renouvellement du personnel avait eu lieu, il serait bénéfice que ces anciens partent après avoir formé les nouveaux, et fait le transfert des connaissances.»

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