Africa-Press – Burundi. Six individus de la Fonction publique ont comparu ce lundi 24 avril 2023, au tribunal de première instance de Kaloum pour “faux en écriture publique et abus de confiance”. Il s’agit de Djelimadia Dioubaté, Djoumé Camara, Ibrahima Fofana, Makan Sidibé, Moussa Keïta et Amadou Soumah. Tous ont été démis de leur fonction et sont poursuivis par l’Agent Judiciaire de l’Etat. Cette affaire daterait de juillet 2022.
À l’ouverture du débat, les six personnes ont nié les faits qui sont retenus contre eux.
Djelimadia Dioubaté, l’un des accusés, est revenu sur les faits : « J’étais au bureau quand j’ai appris que le ministre de la Fonction publique avait déployé des agents chez moi pour une perquisition. Ils ont mis ma maison sens dessus dessous. Ils ont humilié ma famille et moi comme des malpropres. Et au moment où ils fouillaient ma vie privée, je me suis fait arrêter en présence du Ministre. Il a dit mot pour mot : « Arrêtez-les, auditionnez-les, revenez me trouver au bureau pour me faire le point ».
Cela prouve une fois de plus qu’il a abusé de son autorité. Les documents trouvés sur moi ne comportaient aucune signature de ma part et n’avaient rien de suspect. Et même chez moi, aucun document compromettant n’a été trouvé. Ma maison a été fouillée sans mandat de perquisition signé par un juge. Il n’a aucune preuve contre moi, il se base toujours sur des rumeurs pour agir« , a-t-il relaté.
Les cinq autres ont donné à peu près les mêmes explications.
De son côté, l’avocat de la défense a posé la question de savoir si, depuis l’enquête préliminaire jusqu’à maintenant, un quelconque document falsifié a été présenté devant lui pour prouver qu’ils ont inséré le nom d’un certain monsieur Diallo dans la Fonction publique. Il a répondu par la négative.
Selon ce dernier, cette affaire n’est qu’un abus de pouvoir, car le plaignant n’a rien contre les accusés pour les incriminer.
Pour sa part, le directeur général adjoint du Service informatique, Ibrahima Fofana, le ministre Julien Yombouno n’est jamais satisfait du travail fourni.
« Il a radié presque tout le monde après notre arrestation. Tout ce que l’on fait n’est jamais assez pour lui. Et le fait de venir nous arrêter dans nos locaux en plein travail, sans préavis ni fondement valable, est inimaginable. Ceci n’est qu’un abus de pouvoir et d’autorité. Ce qui nous est arrivé est du jamais vu. Pour une raison personnelle à lui et que nous ignorons, il nous faisait savoir de mille manières qu’il ne voulait pas de nous là-bas« , a-t-il dit.
Après ce témoignage, le juge d’instruction a posé la question de savoir si l’un d’entre eux était chargé d’inscrire le nom et les matricules des personnes à la Fonction publique ? Il a répondu par la négative. Selon lui, il reçoit une liste déjà scannée et signée et ajouté que son seul rôle est de l’enregistrer dans l’ordinateur. Selon le DGA, il n’avait pas accès à la totalité des fichiers.
C’est sur ce, que le juge d’instruction renvoie le dossier au 8 mai 2023, pour la suite des débats.
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