Entre la Saint-Valentin et l’Unité nationale, où penche le plus notre cœur ?

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Entre la Saint-Valentin et l’Unité nationale, où penche le plus notre cœur ?
Entre la Saint-Valentin et l’Unité nationale, où penche le plus notre cœur ?

Africa-Press – Burundi. Avec une population composée de 70% de « millennials » et « génération Z », c’est fascinant de se poser la question de savoir si la fête de l’unité nationale revêt une quelconque signification auprès de ces derniers ou si c’est tout bonnement une journée de grasse matinée.

Je me rappelle que les plus « up to date » portaient du rouge et du noir sous leurs uniformes pour marquer cette journée des amoureux, au grand étonnement de certains professeurs qui n’en avaient que faire du 14 février. Après les 31 jours interminables de janvier, février vient, pour beaucoup de jeunes, comme un apaisement, une trêve. « Pour moi, en plus d’être le mois le plus court, avoir un jour férié le 05, l’anniversaire de mariage de mes darons et bien sûr la fête du rouge-noire qui remue mes émotions romantiques…février, c’est je pense mon mois préféré », confie Kekelo, la vingtaine à peine entamée.

Pour cette jeune femme, la Saint-Valentin est d’une grande importance bien qu’elle n’ait eu l’occasion de la célébrer qu’une seule fois. « Mine de rien, même les rues de notre belle Bujumbura vibrent. Il y a comme une certaine légèreté dans l’air. Les vendeurs circulent avec des roses, les magasins botaniques font des bouquets merveilleux avec des chocolats et des vins…bref, c’est la saison des amoureux.», dit-elle, les yeux étincelants.

Et l’unité nationale dans tout ça? O.N., 24 ans est un jeune homme de la capitale économique. Certes, il sait que le 5 février c’est le jour de l’unité nationale, mais sans plus : « C’est plutôt cool d’avoir un congé, ça me permet de faire une grasse matinée vu que la veille je sors la plus part des fois ».

D.M., 44 ans, non plus ne s’émeut pas de cette journée de l’unité nationale. « C’est plus une mascarade qu’autre chose, vous ne croyez pas ? ». La seule chose qu’il apprécie pour ce mois de février, explique-t-il, c’est surtout que son salaire arrive en un clin d’œil : « Ceci me permet de joindre facilement les deux bouts du mois ».

De ce qui précède l’on remarquera que nul n’a mentionné la fête de l’unité nationale comme un jour spécial. Toutefois, dans un pays comme le nôtre, qui a connu des guerres inter-ethniques, il est grand temps d’honorer cette journée, non pas uniquement dans les cérémonies mais que l’« Ubumwe bw’Abarundi » soit véritable. L’État devrait sensibiliser les écoles primaires et secondaires de même que les services de la fonction publique et privée afin de reprendre la rituel de chanter l’hymne d’Ubumwe bw’Abarundi. Il faudrait également enseigner aux jeunes générations le pourquoi de cette fête de l’unité nationale car si non, elle ne restera qu’un simple jour de congé.

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