Retro Société/Education :Des démolitions qui laissent la population dans le désarroi

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Retro Société/Education :Des démolitions qui laissent la population dans le désarroi
Retro Société/Education :Des démolitions qui laissent la population dans le désarroi

Africa-Press – Burundi. Une campagne de démolition des constructions anarchiques a été entamée au début de cette année dans tout le pays. Un psychologue a prévenu sur les traumatismes qui en découleront.

De Kamenge à Kinama en passant par Carama, Mutakura, Cibitoke, quartier asiatique, Rohero Kinindo, Kinanira, Musaga, etc, les quartiers de la ville de Bujumbura sont défigurés. La population a assisté avec amertume à ces démolitions.
Iwacu a fait un reportage dans certains lieux au moment de la démolition. Sur la route Bujumbura-Bubanza, un bâtiment de 3 niveaux, avec 10 m d’un côté et 14, 5 m de l’autre, sera touché. Le propriétaire, estomaqué, a du mal à respirer. Les larmes coulent. Il pense aux crédits encore à payer. « Il faut avoir un cœur dur pour mettre en œuvre cette décision.

Dans les années à venir, il faudra gérer les traumatismes », lancent les gens qui observent la scène.
Un psychologue a affirmé que les gens risquent de développer des maladies mentales comme la dépression, les troubles anxieux, les états de stress post-traumatiques. D’autres vont piquer des accidents vasculaires cérébraux suite à une anxiété permanente.

Il a indiqué que de telles conséquences sont inévitables d’autant plus que les propriétaires ne s’y étaient pas préparés. Pour lui, il devrait y avoir une préparation psychologique avant l’acte de démolition.
Ce psychologue a parlé d’un sérieux problème qui pourra même conduire à des suicides : « Quand on est déprimé, le passage à l’acte suicidaire est une possibilité. Nous risquons de nous retrouver devant des traumatismes comme ceux observés après l’incendie du marché central de Bujumbura. »

Il estime que les gens devraient être dédommagés étant donné que les documents de construction ont été donnés par les services habilités de l’Etat. « Ce sont ces anciens cadres du ministère en charge de l’Urbanisme qui devraient payer ces dédommagements. Car, ils ont induit sciemment en erreur la population».

Une mesure « bizarre et incompréhensible »

Au début, de cette campagne, les kiosques construits sur des caniveaux d’évacuations des eaux pluviales étaient ciblés. Le but était de rendre Bujumbura propre.

Dès les premiers mois de cette année, plusieurs boutiques, restaurants … qui étaient installés sur ou à proximité des caniveaux ont été démolis à Buyenzi, Bwiza, Kamenge, Kinama, Musaga, Kanyosha, etc. L’opération s’est élargie sur d’autres constructions ‘’anarchiques’’.

En déplacement à Mugoboka, quartier Mutanga sud, le 12 juillet 2021, le ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, Gervais Ndirakobuca, a pourtant été clair : « La démolition concerne les constructions érigées dans un périmètre de 6 m de part et d’autre des routes nationales. » Sont aussi concernées les constructions qui ne respectent pas les bornes de l’Urbanisme dans les quartiers viabilisés.

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