Affaire Nourd Gregaza: Frères et sœurs en détention

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Affaire Nourd Gregaza: Frères et sœurs en détention
Affaire Nourd Gregaza: Frères et sœurs en détention

Africa-Press – CentrAfricaine. Deux mois après leur arrestation par les mercenaires russes de la milice Wagner, Annie, Nancy et Adyl, frères et sœurs de Nour Gregaza, président du PRNC, viennent d’être officiellement écroués dans les prisons de la capitale centrafricaine.

Dans la nuit du 14 au 15 décembre 2025, l’annonce de l’évasion du leader du PRNC Nourd Gregaza de la prison de l’OCRB a déclenché une vague d’arrestations à Bangui. Dès le lendemain matin, les mercenaires russes de la milice Wagner ont pris en charge les opérations de rafle, écartant complètement les forces de l’ordre nationales.

Plusieurs membres de la famille Gregaza figurent parmi les personnes interpellées lors de cette opération. Annie, sœur cadette de Nour et policière de profession, a d’abord été conduite dans une prison secrète située à l’aéroport. Après quelques jours dans ce lieu de détention clandestin, elle a été transférée dans une cellule ordinaire avant sa présentation devant la justice.
Son frère Adyl, militaire servant comme garde du corps au ministère de l’Agriculture, a également été appréhendé malgré ses fonctions officielles. Nancy, demi-sœur du fugitif, complète la liste des membres de la famille détenus dans cette affaire qui prend des allures de règlement de comptes familial.

Les policiers en service à l’OCRB le jour des faits n’ont pas été épargnés par cette vague d’arrestations massives. L’un d’entre eux, le chef de poste de l’OCRB, a trouvé la mort entre les mains des mercenaires russes, et son corps jeté à la morgue de l’hôpital général, plusieurs semaines après les événements.

Après près de deux mois de détention provisoire sans aucune procédure légale, les trois membres de la famille Nourd Gregaza ont enfin été présentés au parquet le mardi 10 février. Le juge d’instruction a ordonné leur placement en mandat de dépôt, actant ainsi leur transfert vers les prisons centrales de Bangui.

Annie et Nancy ont rejoint la prison pour femmes de Bimbo, située au sud-ouest de la capitale centrafricaine. Adyl, quant à lui, a été envoyé à la prison de Ngaragba où il rejoint d’autres détenus dans des conditions de détention difficiles.

Cette affaire interroge profondément les fondements juridiques du pays et la notion même de justice. La responsabilité pénale demeure un principe individuel dans tout système de droit moderne, un principe qui est totalement oublié depuis 8 ans en République centrafricaine sous la dictature de Faustin-Archange Touadera.

Aucun des frères et sœurs arrêtés ne travaillait à l’OCRB, aucun n’était présent lors de l’évasion présumée, aucun n’a participé de près ou de loin aux événements. Leur seul lien avec cette affaire reste leur parenté avec Nour Gregaza, ce qui ne constitue nullement une base juridique valable pour une arrestation.

Cette pratique d’arrestation collective visant l’entourage familial d’une personne recherchée marque un tournant inquiétant dans la gestion des affaires judiciaires. Les mercenaires russes agissent désormais en première ligne, releguant les autorités centrafricaines à un rôle secondaire dans leur propre pays.

Le contexte actuel démontre une dérive autoritaire qui dépasse les simples abus de pouvoir observés par le passé. La notion même de justice se trouve bafouée quand des citoyens répondent des actes présumés d’un tiers avec lequel ils partagent uniquement des liens familiaux.

L’absence de réaction des institutions judiciaires renforce le sentiment d’impunité qui entoure ces agissements arbitraires. Les familles ne savent plus à quelle autorité s’adresser, les avocats peinent à accéder à leurs clients, les procédures traînent pendant des semaines sans aucune justification.

Le régime actuel adopte des méthodes qui relèvent davantage de la dictature que de la gouvernance démocratique promise. Cette affaire Gregaza en devient l’exemple le plus parlant, démontrant jusqu’où peut aller l’arbitraire quand aucun contre-pouvoir n’existe plus pour le limiter.

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