L’héritage génétique des dingos scruté par des chercheurs

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L'héritage génétique des dingos scruté par des chercheurs
L'héritage génétique des dingos scruté par des chercheurs

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Il y a au moins 3000 ans, les ancêtres des dingos posaient la patte sur la terre australienne, accompagnant vraisemblablement des marins, peut-être asiatiques. A partir de là, quelle a été leur histoire génétique ?

Une étude publiée dans PNAS révèle comment cette population de canidés s’est structurée au cours du temps, avant même l’arrivée des colons européens et de leurs chiens.

Un animal distinct du chien

Le dingo (Canis lupus dingo) n’est pas un chien comme les autres. D’ailleurs, on précise qu’il est “primitif”. Aujourd’hui, les représentants de cette sous-espèce sont des canidés sauvages que l’on retrouve quasiment partout en Australie continentale et même sur des îles dont K’gari.

Retournés à l’état sauvage, leur comportement correspond plus à celui des loups qu’à celui des chiens. Ils n’ont d’ailleurs pas subi la même sélection artificielle que leurs cousins qui ont donné les races modernes. Ils sont finalement distincts d’eux “sur le plan comportemental, génétique et anatomique”, rappelle la nouvelle étude.

Mais ils présentent aussi des différences entre eux si bien que certains scientifiques ont pu penser que ces canidés descendaient en réalité d’au moins deux populations distinctes à l’origine, introduites séparément en Australie.

Pour en apprendre plus sur l’évolution de ces canidés avant l’arrivée des colons et de leurs chiens au 18e siècle, les chercheurs ont procédé à des analyses génétiques sur 42 dingos, issus de la côte ouest à la côte est du pays. “La majorité des spécimens de dingos que nous avons analysés sont antérieurs à l’arrivée des Européens en Australie (plusieurs âgés de plus de 2000 ans) et représentent donc la véritable diversité génétique des dingos avant tout mélange avec les races de chiens domestiques modernes”, préviennent les chercheurs.

Une relation étroite avec les chiens chanteurs de Nouvelle-Guinée

Quels sont les enseignements apportés par cette étude ? Déjà, que “les dingos modernes héritent de leur structure démographique et de l’écrasante majorité de leurs ancêtres d’anciennes populations de dingos, qui s’étaient déjà différenciées en Australie il y a environ 2000 ans”.

Ainsi, les différents groupes de dingos se seraient établis de cette façon avant même l’arrivée des Européens. Et certains animaux sont toujours de “purs dingos”, sans trace génétique de chiens modernes. De quoi minimiser l’effet de l’arrivée des colons sur cette sous-espèce qu’on pensait davantage soumise aux activités post-coloniales.

Ensuite, ces canidés semblent, pour certains, avoir une relation génétique compliquée avec les chiens chanteurs de Nouvelle-Guinée. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce résultats. “Un scénario cohérent avec nos résultats implique l’introduction d’au moins deux populations de canidés génétiquement distinctes en Australie: une population dont les dingos occidentaux tirent la quasi-totalité de leur ascendance et, peut-être plus récemment, une autre population étroitement apparentée, mais avec une plus grande affinité avec les chiens chanteurs de Nouvelle-Guinée actuels”, expliquent les chercheurs.

“Moins de croisements qu’on ne le pensait”

Dans ce cas, les ancêtres des chiens chanteurs et des dingos se seraient hybridés ailleurs qu’en Australie même si le lieu exact n’est bien sûr pas connu. Ou alors, des chiens de Nouvelle-Guinée seraient arrivés dans l’est de l’Australie et auraient été intégrés dans les populations locales de dingos.

Autre scénario possible: l’introduction d’au moins une population en Australie se différenciant ensuite en plusieurs populations distinctes de dingos. L’une d’elle, dans l’est de l’Australie, aurait contribué génétiquement à la population dont sont principalement issus les chiens chanteurs de Nouvelle-Guinée actuels.

“L’analyse ADN a montré moins de croisements entre les dingos et les chiens modernes qu’on ne le pensait auparavant, nos recherches confirmant que les dingos d’aujourd’hui conservent une grande partie de leur diversité génétique ancestrale”, remarque le Dr Yassine Souilmi dans un communiqué.

Une manière d’insister sur l’importance de la préservation de ces canidés, alors que l’idée qu’ils tiennent maintenant plus du chien que de leurs ancêtres peut appuyer les campagnes d’abattage.

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