Africa-Press. Un rapport s’appuyant sur des images satellites et des témoignages de responsables révèle l’existence d’un « camp secret » en Éthiopie destiné à entraîner des milliers de combattants des Forces de soutien rapide (RSF), engagées dans le conflit contre l’armée soudanaise.
De son côté, les Émirats arabes unis ont catégoriquement démenti toute implication dans la guerre au Soudan, affirmant qu’ils ne sont en aucun cas partie aux hostilités.
Démenti ferme des Émirats
Abou Dhabi a rejeté toute accusation de participation ou de soutien militaire à l’un des belligérants, assurant ne fournir ni armes ni assistance militaire. Les autorités émiraties ont réaffirmé leur appel à un cessez-le-feu immédiat et durable, à la protection des civils et à la reprise d’un processus politique inclusif conduisant à un pouvoir civil.
Détails du camp
Selon les éléments analysés, le camp est situé dans la région isolée de Benishangul-Gumuz, en Éthiopie, à environ 32 kilomètres de la frontière soudanaise et à une centaine de kilomètres du barrage de la Renaissance. Début janvier, près de 4 300 combattants y auraient suivi un entraînement militaire.
Les images satellites montrent une expansion rapide du site, avec l’installation de plus de 640 tentes et la construction d’infrastructures, dont un centre de contrôle au sol pour drones près de l’aéroport d’Assosa. L’activité sur le site aurait commencé dès avril par le défrichement de la zone, avant de s’intensifier à partir d’octobre.
Une note diplomatique datant de novembre décrit un camp pouvant accueillir jusqu’à 10 000 combattants, avec l’arrivée de nombreux véhicules tout-terrain et camions lourds. Les recrues seraient principalement éthiopiennes, mais incluraient aussi des ressortissants soudanais et sud-soudanais.
Selon des sources sécuritaires, un haut responsable du renseignement militaire éthiopien serait chargé de la supervision du projet.
Activité aérienne et logistique
Des travaux ont également été observés à l’aéroport d’Assosa depuis août 2025, incluant la construction de hangars et d’aires adaptées aux opérations de drones. Des allégations font état d’un soutien logistique extérieur, accusations formellement rejetées par Abou Dhabi.
Ni les autorités éthiopiennes ni les Forces de soutien rapide n’ont répondu aux demandes de commentaires. La guerre au Soudan a déjà causé la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement de plus de 10 millions depuis son déclenchement.





