Africa-Press. La Cour d’appel de Bamako a confirmé la condamnation de l’ancien Premier ministre Moussa Mara, le condamnant à deux ans de prison, dont un an ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 francs CFA (environ 762 euros), pour « atteinte à l’image de l’État et opposition à l’autorité légitime ».
Mara, qui a dirigé le gouvernement entre 2014 et 2015, est incarcéré depuis août dernier. La décision judiciaire fait suite à une série de déclarations critiques publiées sur les réseaux sociaux à l’encontre des autorités militaires dirigées par le colonel Assimi Goïta, ainsi qu’à des visites qu’il a rendues à des détenus qu’il a qualifiés de « prisonniers d’opinion », leur affirmant que la justice finirait par leur donner raison.
L’avocat de Moussa Mara a annoncé que la défense n’entendait pas renoncer et qu’un pourvoi serait déposé devant la Cour de cassation, estimant que l’affaire constitue un test majeur pour l’indépendance de la justice au Mali.
Contexte politique tendu
Depuis les coups d’État militaires de 2020 et 2021, les autorités ont adopté des mesures jugées répressives à l’encontre des médias et de l’opposition politique. En mai dernier, les partis politiques et organisations à caractère politique ont été dissous, suscitant de vives critiques d’organisations internationales de défense des droits humains, qui y voient une consolidation du pouvoir militaire.
Selon des observateurs, la condamnation de Moussa Mara, l’une des figures critiques les plus en vue, illustre une tendance croissante à la restriction des libertés politiques dans un pays confronté à de graves défis sécuritaires et économiques. Le verdict soulève des interrogations sur l’avenir de l’opposition civile et sur la possibilité d’ouvrir un processus politique plus inclusif durant la transition.





