Africa-Press. Les forces d’opposition au Zimbabwe ont accusé le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa de mener ce qu’elles ont qualifié de « coup d’État constitutionnel », après que le Conseil des ministres a approuvé des amendements controversés permettant de prolonger la durée du mandat présidentiel et de modifier le mécanisme de désignation du chef de l’État.
Les amendements approuvés par le gouvernement prévoient de porter le mandat présidentiel à sept ans et de supprimer l’élection présidentielle au suffrage universel, en confiant au Parlement le pouvoir de choisir le président. Ils accordent également à Mnangagwa la prérogative de nommer dix membres supplémentaires au Sénat.
Cette démarche intervient après une décision antérieure du parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU-PF), visant à maintenir Mnangagwa au pouvoir pendant deux années supplémentaires après la fin de son mandat en 2028, dans le cadre de ce qui est appelé l’« Agenda 2030 ».
L’opposition estime que ces amendements constituent une tentative de contournement de la Constitution. Le prominent opposant Job Sikhala a déclaré que ce qui se déroule est « un coup d’État du président pour rester au pouvoir contre la volonté du peuple », ajoutant que Mnangagwa cherche, « de manière dictatoriale », à prolonger son règne jusqu’en 2030.
De son côté, Jameson Timba, dirigeant de la Coalition des citoyens pour le changement, a accusé le président d’utiliser des « procédures officielles » pour consolider son pouvoir sans approbation directe du peuple. Sur la plateforme X, il a écrit que ce qui se passe « n’est pas une réforme constitutionnelle, mais un coup d’État constitutionnel ».
Pour sa part, la « National Democratic Group » dirigée par Sikhala a appelé l’Union africaine à intervenir, estimant que « le silence face à un coup d’État en cours dans un État membre est inacceptable ». Elle a également indiqué que des militants opposés aux amendements subissent des campagnes de répression et des arrestations massives. Des rapports font état d’une tentative de mobilisation contre le plan de l’« Agenda 2030 » qui a été confrontée à une vaste opération sécuritaire, ayant conduit à l’emprisonnement de dizaines de personnes.
Contexte politique
Mnangagwa est arrivé au pouvoir en 2017 à la suite d’un coup d’État militaire qui a renversé l’ancien président Robert Mugabe après 37 ans au pouvoir. Il a ensuite été élu en 2018 puis en 2023, mais il fait face à des accusations de corruption et de restriction des libertés démocratiques, alors que le parti ZANU-PF domine la scène politique depuis l’indépendance du pays en 1980.
Des opposants estiment que les amendements récents visent à garantir la continuité du parti au pouvoir et son contrôle sur les institutions de l’État, au nom de « la stabilité politique et la continuité des politiques », comme l’a indiqué le gouvernement dans un communiqué.





