Africa-Press. Le Fonds monétaire international (FMI) a exhorté l’Afrique du Sud à adopter une limite plus claire et plus contraignante concernant la dette publique, avertissant que les risques pesant sur les perspectives économiques du pays penchent du côté négatif, malgré des signes d’amélioration progressive.
Dans son rapport économique annuel, connu sous le nom de rapport au titre de l’article IV, le FMI a indiqué que les plafonds de dépenses imposés par l’Afrique du Sud en 2012 n’ont pas empêché la hausse de la dette. Le Trésor national prévoit que la dette publique totale se stabilisera à 77,9 % du produit intérieur brut (PIB) cette année.
Delia Velculescu, cheffe de mission du FMI en Afrique du Sud, a déclaré que la règle de plafonnement des dépenses a contribué à soutenir la discipline budgétaire, « mais qu’elle n’a pas suffi à enrayer la hausse continue de la dette au cours des quinze dernières années ».
Afin de renforcer la crédibilité et de mettre la dette sur une trajectoire clairement orientée à la baisse, le FMI a recommandé au gouvernement d’adopter une règle officielle visant à ramener la dette à environ 70 % du PIB à moyen terme, et à environ 60 % à long terme. Velculescu a précisé lors d’un point presse que cette recommandation, si elle était appliquée, réduirait les coûts d’emprunt de l’État.
L’économie la plus industrialisée d’Afrique a montré des signes d’amélioration après une période marquée par des scandales de gouvernance et l’affaiblissement des institutions, notamment sous la présidence de l’ancien chef de l’État Jacob Zuma.
Parmi les avancées récentes figurent la sortie du pays de la « liste grise », qui regroupe les États sous surveillance en raison des risques de flux financiers illicites, ainsi que la première amélioration de sa notation de crédit depuis 20 ans, annoncée en novembre.
Cette recommandation fait suite à une visite des équipes du FMI fin novembre et début décembre 2025, et à des réunions avec le ministre des Finances Enoch Godongwana, le gouverneur de la banque centrale Lesetja Kganyago, ainsi qu’avec d’autres responsables de haut niveau.
Dans le rapport publié mercredi, le FMI a indiqué que la règle devrait inclure des limites de dépenses, des objectifs de solde budgétaire, des exceptions clairement définies pour les chocs majeurs, ainsi qu’une supervision par un organisme indépendant.
Le FMI a soutenu le plan du gouvernement visant à atteindre un excédent primaire — c’est-à-dire que les recettes dépassent les dépenses avant le paiement des intérêts — de 1,5 % du PIB au cours de l’exercice budgétaire 2026. Il a toutefois précisé que le gouvernement devra renforcer davantage la politique budgétaire dans les années suivantes afin d’assurer une baisse durable de la dette.
Le Fonds a, de manière générale, confirmé ses prévisions macroéconomiques, anticipant une croissance de 1,4 % en 2026 et d’environ 1,8 % à moyen terme, portée par la stabilité des dépenses des ménages et la reprise de l’investissement liée aux réformes structurelles.
Le FMI prévoit que l’inflation atteindra l’objectif de la banque centrale, fixé à 3 %, d’ici fin 2027. Les risques pesant sur les perspectives de l’Afrique du Sud incluent l’incertitude de l’économie mondiale et l’affaiblissement de l’élan des réformes internes.
Ces prévisions sont, dans une certaine mesure, proches de celles des autorités sud-africaines. En novembre, le Trésor national a prévu une croissance de 1,2 % en 2025 et une hausse à 2 % d’ici 2028, estimant que les risques penchent du côté négatif, tandis que la banque centrale les a jugés globalement équilibrés.





