Africa-Press. Le président camerounais Paul Biya a annoncé un nouveau report des élections législatives et municipales, qui devaient se tenir au début de l’année 2026, sans fixer de date de remplacement. Cette décision prolonge l’incertitude politique que connaît le pays depuis des années.
Ces élections — initialement prévues en 2025 — avaient déjà été repoussées au début de 2026, avant que Biya, dans son discours à l’occasion de la « Fête de la Jeunesse », n’annonce un nouveau « réajustement » du calendrier électoral. Le président — au pouvoir depuis 1982 et proche de sa 93e année — a justifié cette décision par des « contraintes pressantes », tout en affirmant son attachement au respect de la Constitution.
Ce report aggrave une situation institutionnelle exceptionnelle: le mandat des députés et des conseils municipaux approche de son terme sans renouvellement. Le pays a déjà connu des reports similaires en 2012 et en 2018, alimentant les doutes sur la régularité des échéances électorales.
Gouvernement attendu et réformes annoncées
Dans son discours, Biya a renouvelé sa promesse de former un nouveau gouvernement — un dossier ouvert depuis la fin de 2025 sans que les noms des ministres n’aient encore été annoncés. Il a également évoqué une restructuration d’administrations et d’entreprises publiques, une mesure attendue par l’opinion.
Le président a aussi promis des réformes pour renforcer la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des finances publiques, affirmant qu’il accordera aux jeunes — des deux sexes — un rôle plus important dans la gestion des affaires publiques, alors que les critiques se multiplient sur la faiblesse de leur représentation dans les institutions.
Ce report intervient quelques mois après la réélection de Biya pour un huitième mandat en octobre dernier, un scrutin qui a suscité une vive controverse et des manifestations réprimées avec force dans plusieurs villes.
Avec la prolongation des mandats des institutions élues et les blocages autour de la formation du gouvernement, la scène politique camerounaise demeure ouverte à plusieurs scénarios, tandis que les citoyens attendent toute nouvelle annonce susceptible de préciser les contours de la prochaine étape.





