Une Initiative pour Protéger et Valoriser les Forêts D’Afrique

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Une Initiative pour Protéger et Valoriser les Forêts D’Afrique
Une Initiative pour Protéger et Valoriser les Forêts D’Afrique

Africa-Press. La capitale kényane a accueilli des ministres et de hauts responsables du Kenya, du Cameroun, du Gabon, de la République du Congo, du Liberia, de la Tanzanie, de la Zambie, du Zimbabwe et du Mozambique, afin d’examiner l’avenir des forêts africaines et de lancer une nouvelle initiative continentale baptisée « Zamba Heritage » ou « Patrimoine des forêts d’Afrique ». Cette initiative vise à mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars sur dix ans pour renforcer la gestion durable des forêts.

L’initiative s’inscrit dans un paradoxe récurrent dans les débats: alors que l’Afrique abrite environ 16 % des forêts mondiales, sa part du commerce mondial des produits forestiers ne dépasse pas 2 à 4 %.

Selon les participants, ce recul s’explique par des obstacles persistants, notamment la faiblesse des infrastructures, les difficultés de circulation des marchandises et la dépendance du secteur du bois à l’exportation de matières premières, sans transformation locale suffisante.

En conséquence, malgré une demande croissante en bois à mesure que l’urbanisation s’accélère, de nombreux pays africains se retrouvent importateurs de produits manufacturés issus de matières premières extraites de leurs propres territoires.

La nouvelle initiative entend redéfinir la relation à la forêt: non plus seulement comme un espace à protéger, mais comme un secteur économique structuré, capable de créer de la valeur.

Les objectifs de « Zamba Heritage » comprennent le soutien à la gestion durable, la réhabilitation des forêts, le renforcement de la transformation locale, le développement des systèmes de traçabilité, et l’amélioration de l’accès aux marchés. Cette orientation vise à créer de nouvelles opportunités économiques, notamment pour les communautés locales vivant à proximité des forêts.

Parallèlement, une comparaison a été évoquée avec l’initiative AFR100, lancée en 2015, qui visait à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées d’ici 2030, dans une approche axée principalement sur la restauration écologique et le reboisement.

Malgré la complémentarité entre les deux initiatives, les participants ont souligné que « Zamba Heritage » dépasse la logique de la restauration, en proposant une stratégie de construction d’une économie forestière intégrée, fondée sur la hausse de la valeur ajoutée, le renforcement du commerce intra-africain et l’attraction des investisseurs, sous des règles environnementales strictes.

Dans le cadre des appels à améliorer la gouvernance et la traçabilité, le Cameroun a indiqué traverser une phase délicate. Le directeur de son administration des forêts, Jean Daniel Mendomo Biang, a déclaré que son pays se trouve à « un tournant décisif » qui exige de concilier développement industriel et engagements climatiques, tout en ouvrant la voie aux investissements dans les plantations industrielles et en luttant contre l’exploitation illégale du bois.

D’où l’importance des systèmes de certification et de traçabilité, considérés par les participants comme des outils clés pour garantir la transparence et accéder aux marchés mondiaux les plus exigeants, notamment en Europe et en Amérique du Nord.

La question attendue reste celle de la traduction de ces ambitions en mesures concrètes. La réunion doit s’achever jeudi par la signature d’une déclaration finale, qui déterminera si le continent est à l’aube de la construction d’une nouvelle économie forestière africaine, ou si ces promesses resteront cantonnées au registre des visions théoriques.

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