Africa-Press. L’Égypte et l’Érythrée ont réaffirmé leur refus de toute disposition régionale ou sécuritaire concernant la mer Rouge impliquant des parties non côtières ; une position commune qui reflète le renforcement de la coordination entre Le Caire et Asmara face aux évolutions de la Corne de l’Afrique et à la concurrence croissante pour les voies maritimes stratégiques.
Cela a été exprimé lors de la visite d’une délégation égyptienne de haut niveau, dirigée par les ministres des Affaires étrangères et des Transports, à la capitale érythréenne Asmara, selon une source officielle égyptienne.
Au cours de la visite, les ministres égyptiens ont rencontré le président érythréen Isaias Afwerki et son ministre des Affaires étrangères, Osman Saleh, et ont confirmé le soutien total de l’Égypte à l’Érythrée pour préserver sa souveraineté et l’intégrité de son territoire, tout en cherchant à renforcer la coopération économique et commerciale entre les deux pays.
La visite a également porté sur le renforcement du partenariat bilatéral dans plusieurs secteurs, notamment l’exploitation minière, les transports, l’industrie pharmaceutique et la pêche, ainsi que sur le soutien aux programmes de renforcement des capacités et de formation pour qualifier le personnel érythréen dans divers domaines, selon la source officielle égyptienne.
Concernant la sécurité de la mer Rouge, le ministre Abdel Aty a souligné, lors de ses discussions avec le président érythréen, que la gouvernance et la sécurité de la mer Rouge demeurent une responsabilité exclusive des États côtiers, considérant qu’il s’agit d’un passage stratégique directement lié à la sécurité nationale de ces pays.
Il a déclaré qu’aucune partie non côtière ne devrait s’engager dans des arrangements ou des accords la concernant, réaffirmant le soutien de l’Égypte à la vision érythréenne sur la gestion de la mer Rouge, qui insiste sur l’unité et la souveraineté des États riverains.
Lors d’une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte et de l’Érythrée, Abdel Aty et son homologue érythréen Osman Saleh ont insisté sur le fait que la sécurité et la gestion de la mer Rouge restent une responsabilité exclusive des États côtiers, rejetant toute tentative de la part de parties non côtières d’imposer des arrangements ou des rôles sécuritaires dans ce contexte.
Dans ce cadre, la délégation égyptienne a également examiné les développements de la situation dans la région de la Corne de l’Afrique, où le ministre Abdel Aty a présenté la vision égyptienne concernant les évolutions en cours au Soudan et en Somalie.
Il a affirmé que la position de l’Égypte est ferme en ce qui concerne la préservation de la sécurité et de la stabilité de la région de la Corne de l’Afrique, la considérant comme “un prolongement direct de la sécurité nationale égyptienne, et l’importance de soutenir les institutions nationales et de préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale des États de la région”, selon le communiqué.
Sur le plan économique, la visite a montré des signes clairs de la volonté du Caire d’élargir son partenariat économique avec Asmara, car la délégation égyptienne comprenait plusieurs hommes d’affaires et représentants du secteur privé ; une démarche visant à renforcer les investissements communs et à ouvrir de nouveaux domaines de coopération.
Le ministre des Affaires étrangères égyptien a confirmé l’intérêt du Caire à soutenir la coopération dans les secteurs de l’exploitation minière, des transports, de l’industrie pharmaceutique, de la pêche, des infrastructures, ainsi que des programmes de formation et de renforcement des capacités pour le personnel érythréen.
Dans ce contexte, la visite a vu la signature d’un accord de coopération dans le domaine du transport maritime entre les deux pays en présence du président Afwerki, un accord qualifié de pas important vers le renforcement de la connectivité logistique et de l’intégration économique à travers la mer Rouge.
Le ministre des Transports égyptien, Kamel al-Wazir, a déclaré que l’accord comprend l’établissement d’une ligne maritime de fret reliant les ports égyptiens et érythréens, ce qui contribuera à soutenir le commerce et l’investissement, et à renforcer l’exploitation de la position géographique stratégique des deux pays.
De son côté, le président érythréen a salué “le rôle égyptien” dans le soutien à la sécurité et à la stabilité de la région de la Corne de l’Afrique et de la mer Rouge, affirmant que son pays est déterminé à poursuivre la coordination et la coopération avec Le Caire dans divers domaines politiques, économiques et sécuritaires.
Il a également exprimé sa gratitude pour la présence d’hommes d’affaires et de représentants du secteur privé dans la délégation égyptienne, considérant que cela reflète le sérieux du Caire à faire progresser les relations bilatérales à des niveaux plus larges, selon le communiqué.
La rencontre a également été l’occasion pour la délégation économique égyptienne de présenter ses idées concernant les opportunités de partenariat commercial et d’investissement avec le côté érythréen, dans le cadre d’une approche commune visant à renforcer la coopération économique et à ouvrir de nouveaux domaines d’investissement entre les deux pays.
La visite de la délégation égyptienne en Érythrée intervient dans un contexte de discussions éthiopiennes continues sur le désir d’accès maritime et la recherche d’alternatives pour atteindre les ports, un avantage qu’elle avait perdu après la séparation de l’Érythrée en 1993.
Depuis lors, l’Éthiopie a dû dépendre des ports de Djibouti pour plus de 95 % de ses importations et exportations, ce qui a rendu Addis-Abeba vulnérable aux fluctuations tarifaires, aux troubles internes et aux coûts économiques élevés.
À plusieurs reprises, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclaré que la paix durable dans la région de la Corne de l’Afrique ne peut être atteinte tant que l’Éthiopie n’a pas d’accès direct à la mer, réaffirmant l’ancienne ambition stratégique de son pays d’obtenir un accès maritime.
Dans une interview récente avec la télévision nationale éthiopienne, Abiy Ahmed a considéré que l’absence d’accès direct aux ports limite l’expansion économique de l’Éthiopie et sa capacité à rivaliser sur la scène internationale, qualifiant l’accès maritime d’élément vital pour réaliser un développement durable et l’autosuffisance.





