Africa-Press. Le président français Emmanuel Macron a annoncé son soutien à l’annulation symbolique du “loi noire”, un ensemble de décrets royaux émis aux XVIIe et XVIIIe siècles pour réguler l’esclavage dans les colonies françaises.
Cette position de Macron a été exprimée lors d’une cérémonie tenue au Palais de l’Élysée pour commémorer le 25e anniversaire de la loi Taubira, qui a reconnu la traite des esclaves et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité.
Le président français a appelé le gouvernement à adopter le projet de loi qui a reçu un consensus au sein d’une commission parlementaire, et qui doit être présenté à l’Assemblée nationale le 28 mai.
Bien que les textes de la “loi noire” soient devenus pratiquement obsolètes et n’aient plus d’effet légal, ils n’ont pas encore été annulés officiellement.
Macron a considéré que la persistance de ces textes représente aujourd’hui une “erreur” et une “trahison des valeurs de la République française”.
Débat sur les compensations
Le président français a également abordé la question des compensations liées à l’esclavage, un sujet qui suscite un débat renouvelé en France et au niveau international.
Macron a qualifié la discussion sur les compensations de “réflexion inachevée”, estimant que la première forme de compensation réside dans “la reconnaissance” des crimes commis.
En même temps, il a souligné la nécessité de ne pas ignorer cette “énorme question”, mettant en garde contre ce qu’il a qualifié de “promesses fallacieuses”.
Il a déclaré: “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’il ne sera jamais possible de réparer complètement ce crime, car cela est impossible.”
Réaction à la résolution de l’ONU
Lors de l’événement, l’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira a commenté une récente décision de l’Assemblée générale des Nations Unies, menée par le Ghana, qui a qualifié l’esclavage et la traite des Africains asservis de “plus grands crimes contre l’humanité”.
La France, avec plusieurs pays européens, s’est abstenue de voter sur cette résolution.
Paris a justifié sa position en refusant “d’établir une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité”, une position que Macron a réaffirmée dans son discours.
Cependant, le président français a reconnu qu’il “ne peut pas ignorer” les demandes de justice et de compensation soulevées par plusieurs pays africains et des organisations civiles.
Initiative scientifique conjointe
Dans ce contexte, Macron a annoncé le lancement d’un projet scientifique international commun avec le Ghana visant à élaborer des “recommandations pratiques et concrètes pour les décideurs politiques”.
Le président français n’a pas précisé si cette initiative pourrait à l’avenir conduire à des propositions concernant des compensations financières ou symboliques liées à l’histoire de l’esclavage.
Cette initiative s’inscrit dans les efforts français déclarés pour continuer à travailler sur le dossier de la mémoire lié à l’esclavage et à ses conséquences historiques, alors que le débat sur les compensations connaît une intensification croissante sur la scène internationale, notamment de la part de pays africains et d’organisations de droits qui réclament une reconnaissance plus large de la responsabilité historique du colonialisme européen et de la traite des esclaves.





