La France Abroge une Loi Ayant Légalisé L’Esclavage

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La France Abroge une Loi Ayant Légalisé L’Esclavage
La France Abroge une Loi Ayant Légalisé L’Esclavage

Africa-Press. Le parlement français a voté à l’unanimité pour l’abrogation de la “loi noire” et de tous les textes régissant l’esclavage dans les colonies françaises jusqu’en 1848, dans un geste symbolique visant à supprimer officiellement ces lois du système législatif français, considérées – selon les mots du président Emmanuel Macron – comme “contraires aux valeurs de la République”.

La proposition de loi a été portée par le député de la Guadeloupe, Max Mathiasin, avec le soutien d’un large éventail politique allant du parti “La France insoumise” à celui des “Républicains”. Le projet de loi devrait poursuivre ses étapes législatives avant son adoption finale.

Cette initiative coïncide avec le 25e anniversaire de la loi “Tobira” adoptée en 2001, qui a reconnu l’esclavage et la traite des esclaves comme des crimes contre l’humanité.

La “loi noire” remonte à une série de décrets royaux émis à partir de 1685 sous le règne de Louis XIV, visant à organiser l’esclavage dans les colonies françaises durant les XVIIe et XVIIIe siècles.

La “loi noire” définissait les esclaves comme des “biens meubles”, traités comme des marchandises appartenant à leurs maîtres, et prévoyait des sanctions sévères pour les esclaves fugitifs, allant du marquage au fer à la peine de mort.

Bien que ces textes aient perdu toute valeur légale depuis l’abolition officielle de l’esclavage en 1848, ils n’avaient pas été retirés du registre législatif français jusqu’à présent.

La semaine dernière, Emmanuel Macron a annoncé son soutien à l’abrogation symbolique de la “loi noire” lors d’une cérémonie au palais de l’Élysée pour célébrer le 25e anniversaire de la loi “Tobira”.

Macron a déclaré que la présence de ces textes dans la législation française représente une “erreur” et une “trahison des valeurs de la République française”, appelant le gouvernement à soutenir le projet de loi qui avait déjà reçu un soutien unanime au sein d’une commission parlementaire.

Lors de son discours, le président a également abordé la question des réparations liées à l’esclavage, un sujet qui suscite un débat renouvelé en France et à l’international.

Il a qualifié le débat sur les réparations de “réflexion inachevée”, affirmant que la première forme de réparation réside dans “la reconnaissance” des crimes commis, tout en soulignant la nécessité de ne pas faire de “promesses fallacieuses”.

Le président a déclaré: “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’il ne sera jamais possible de réparer complètement ce crime, car cela est impossible”.

Lors de cette occasion, l’ancienne ministre de la Justice, Christiane Taubira, a commenté une décision récente de l’Assemblée générale des Nations Unies, menée par le Ghana, qualifiant l’esclavage et la traite des Africains asservis de “plus grands crimes contre l’humanité”.

La France, aux côtés de plusieurs pays européens, s’est abstenue de voter sur cette résolution, justifiant sa position par le refus d’établir “une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité”, une position que Macron a réaffirmée lors de son discours.

Cependant, le président a reconnu qu’il “ne peut être ignoré” les demandes de justice et de réparations formulées par plusieurs pays africains et des organisations civiles.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts français déclarés pour continuer à travailler sur la mémoire liée à l’esclavage et à ses conséquences historiques, alors que le débat sur les réparations connaît une intensification croissante sur la scène internationale, notamment de la part des pays africains et des organisations de droits humains qui réclament une reconnaissance plus large de la responsabilité historique du colonialisme européen et de la traite des esclaves.

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