Africa-Press. Malgré le silence des capitales arabes concernant les récentes déclarations du président américain, Donald Trump, sur l’expansion des “accords d’Abraham” – dans lesquels il a exprimé son désir d’inclure des pays du Golfe et l’Égypte dans ces accords, tout en considérant le Soudan comme un participant déjà engagé – ce silence n’a pas été observé dans les discussions qui se déroulent en coulisses. Selon des sources égyptiennes ayant parlé à un média local, une large consultation a eu lieu récemment à des niveaux de renseignement, aboutissant à un consensus pour éviter de prendre des positions officielles pour le moment, afin d’éviter tout affrontement politique avec Washington.
Contexte des déclarations
Les sources indiquent que les déclarations de Trump n’étaient pas spontanées ou improvisées, mais s’inscrivaient dans le cadre de discussions en cours depuis un certain temps au sein de l’administration américaine, et que des responsables égyptiens avaient été impliqués à plusieurs reprises. Cela survient alors que Trump tente de rassembler le plus grand nombre possible de signatures pour les “accords d’Abraham”, tout en accélérant les voies de “partenariat” entre Israël et plusieurs pays arabes, notamment l’Arabie Saoudite et le Qatar, que l’Égypte considère comme hésitants à franchir cette étape à court terme.
Modèles de normalisation
Ces discussions, selon les sources, ont porté sur le passage d’un modèle de “normalisation officielle”, tel que le modèle de l’accord de Camp David signé en 1979 en pleine opposition populaire égyptienne à Israël, à un modèle que les sources qualifient de “normalisation réelle”, similaire à la relation entre Israël et les Émirats. Selon des responsables égyptiens ayant pris connaissance de ces discussions, Le Caire a clairement informé le côté américain que “toute discussion sur la normalisation au niveau populaire ne peut être envisagée avant d’atteindre la paix, qui nécessite l’annonce de l’établissement d’un État palestinien indépendant dont la capitale serait Jérusalem-Est, dans des frontières claires et géographiquement connectées”.
Perspectives de normalisation
Selon les cercles égyptiens, l’administration américaine considère que l’adhésion de l’Arabie Saoudite aux accords de normalisation est la clé pour ouvrir la voie à d’autres pays. Cependant, ces cercles estiment que les circonstances qui rendaient la signature saoudienne d’un accord de normalisation avec Israël proche avant l’opération “Tempête d’Al-Aqsa” ont radicalement changé. Les responsables égyptiens estiment que les conséquences de la guerre contre l’Iran constituent un obstacle à cette adhésion, ayant ravivé des questions fondamentales sur les garanties de sécurité américaines et démontré le manque d’intérêt de Washington pour la sécurité du Golfe, malgré les récentes tentatives de Trump de montrer que la sécurité du Golfe est une priorité pour lui et qu’elle est la principale raison de la poursuite des négociations plutôt que de reprendre la guerre.
État des relations arabes
Selon les estimations présentées au président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, pendant les vacances de l’Aïd al-Adha, il semble, dans les circonstances actuelles, qu’une nouvelle vague de normalisation arabe soit presque impossible, ce qui est attribué à la poursuite des agressions israéliennes en Palestine, au Liban et en Syrie, et aux conséquences politiques et populaires qui rendent toute étape de ce type très coûteuse pour les gouvernements arabes. Les estimations suggèrent que des accords différents pourraient être arrangés entre le Liban et Israël sur le plan sécuritaire, dans le cadre des négociations parrainées par Washington avec l’autorité libanaise, tout en notant que le passage de ces accords à une normalisation complète nécessitera un “processus plus complexe et long, compte tenu de la nature des équilibres politiques libanais”. En ce qui concerne la Syrie, les mêmes estimations soulignent les possibilités d’engagement des autorités de transition dans un processus de normalisation, bien que les négociations soient actuellement suspendues.
Réactions des pays du Golfe
Pour ce qui est des pays du Golfe, Le Caire s’attend à ce que certaines capitales du Golfe montrent une flexibilité variable face aux pressions américaines, sans que cela ne se traduise par une impulsion rapide vers la signature d’accords de normalisation. Il est également probable que les discussions et négociations se poursuivent pendant une longue période, tout en évitant de formuler des objections publiques directes à Washington, surtout si Trump continue de faire pression dans ce sens. Dans le même contexte, les sources égyptiennes rapportent, sur la base de communications avec des responsables du Golfe, “une certaine tension non déclarée dans la relation avec l’administration américaine, en attendant de clarifier les résultats des arrangements liés à la fin de la confrontation avec l’Iran”. Elles soulignent également une conviction croissante au sein du Golfe de la nécessité de “éviter” de s’engager dans des négociations politiques avec le gouvernement de Benjamin Netanyahu tant que la guerre et les agressions israéliennes se poursuivent, d’autant plus que toute étape de ce type ne ferait que renforcer la position interne de Netanyahu et lui donner des atouts face à ses adversaires à l’approche des élections.
Conclusion
En somme, les estimations égyptiennes confirment l’existence d’obstacles majeurs à l’adhésion de plusieurs pays arabes aux “accords d’Abraham”, alors que les sources parlent d’un “retour à la coordination entre Le Caire et Alger sur le dossier de l’opposition à la normalisation”, précisant que ce dernier est l’un des rares dossiers qui restent un terrain d’entente entre les deux pays, malgré les divergences sur d’autres questions.





