Tanzanie: 61 Personnes Accusées de Terrorisme

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Tanzanie: 61 Personnes Accusées de Terrorisme
Tanzanie: 61 Personnes Accusées de Terrorisme

Africa-Press. Les autorités en Tanzanie ont porté des accusations de terrorisme contre 61 personnes arrêtées début juillet dernier, suite à des appels à des manifestations anti-gouvernementales ou à leur participation. Cette décision a suscité de vives critiques de la part du parti d’opposition, qui a affirmé que les autorités s’attaquent à la criminalisation des “activités politiques légitimes” et des droits constitutionnels des citoyens.

Le parti a précisé, dans un communiqué publié le 27 juillet, que la majorité des accusés appartiennent à ses rangs, ajoutant qu’environ 70 autres personnes arrêtées durant la même période sont toujours détenues par la police en attendant des accusations officielles.

L’opposition avait appelé à organiser des manifestations le 7 juillet, connu en Tanzanie sous le nom de “Saba Saba” (07/07 en swahili), une journée fériée marquant l’anniversaire de la création de l’Union nationale africaine de Tanzanie (TANU) en 1954, dirigée par Julius Nyerere, le parti qui a mené le pays à l’indépendance.

Bien que les autorités n’aient pas émis de décision officielle interdisant les manifestations, le déploiement massif de forces de sécurité avant la date des manifestations a suscité de vives inquiétudes parmi la population et a contribué à empêcher la formation de grands rassemblements.

Deux jours après la date prévue des manifestations, la police a annoncé l’arrestation de 130 personnes, les accusant de planifier des actes criminels ou d’incitation à ceux-ci par la diffusion de messages liés aux manifestations.

Plus tard, des accusations de terrorisme ont été portées contre certains de ces détenus, ce que le parti d’opposition a fermement rejeté, affirmant que “participer à une manifestation ou tenter d’y participer ne peut être considéré comme un acte terroriste, mais est un droit garanti par la constitution, et les autorités cherchent aujourd’hui à le criminaliser.”

Ces développements interviennent dans un contexte de critiques croissantes à l’égard du gouvernement concernant la répression de l’opposition, après des mois suivant les élections générales qui se sont tenues le 29 octobre 2025, marquées par de vastes manifestations en raison d’accusations de fraude électorale, avant que les forces de sécurité n’interviennent pour les disperser par la force.

La présidente Samia Suluhu Hassan a déclaré avoir remporté les élections présidentielles avec 98 % des voix. Concernant les événements post-électoraux, une commission d’enquête officielle a estimé à 518 le nombre de morts survenus lors des manifestations du 29 octobre et des jours suivants, sans préciser les responsables des violences, tandis que les groupes d’opposition et les organisations de droits de l’homme affirment qu’environ deux mille personnes ont été tuées par les forces de sécurité durant ces événements, ce que les autorités démentent.

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