Le Soudan Va-T-Il vers la Fragmentation Totale?

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Le Soudan Va-T-Il vers la Fragmentation Totale?
Le Soudan Va-T-Il vers la Fragmentation Totale?

Africa-Press. Avec l’entrée du conflit au Soudan dans sa quatrième année, la situation sur le terrain est plongée dans un tourbillon de “guerre de guérilla” qui a laissé aucun coin du pays intact.

Alors que les combats s’intensifient sur les fronts du Kordofan et du Nil Bleu, la question “où va le Soudan?” reste suspendue entre les balles et l’entêtement des volontés politiques, dans un contexte de catastrophe humanitaire atteignant des niveaux sans précédent, mettant en danger la vie de dizaines de milliers de personnes.

Échec de la résolution

La situation sur le terrain est divisée entre deux interprétations contradictoires. L’expert en sécurité, Moatasem Abdelkader, estime que les Forces de soutien rapide ont échoué militairement et socialement et n’ont pas réussi à prendre le pouvoir.

Abdelkader, lors de son intervention dans un programme d’actualité, considère que les attaques de ces forces contre des installations civiles – comme l’aéroport de Khartoum et des villages à l’est de la région de la Jazeera – ne sont qu’une “manœuvre médiatique” pour compenser leurs pertes sur le terrain.

Il souligne également que les interventions extérieures, notamment l’implication de l’Éthiopie dans la région de Kurmuk dans l’État du Nil Bleu, prolongent la durée de la guerre.

Dans ce contexte, l’armée soudanaise a affirmé avoir repris le contrôle de la zone stratégique de Magja dans le Nil Bleu, tandis que les Nations Unies mettent en garde contre des risques graves pour des dizaines de milliers de civils.

Une vision différente

En revanche, l’académicien soudanais Fathi Abu Ammar présente une image différente, affirmant que les Forces de soutien rapide contrôlent plus de la moitié du Soudan et ont récemment pris le contrôle de zones stratégiques comme “Bara” dans le sud du Kordofan.

Abu Ammar insiste sur le fait que le discours de “déracinement” adopté par le leader des Forces de soutien rapide, Mohamed Hamdan Daglo (Hemedti), et sa volonté de combattre pendant des décennies, proviennent de la possession d’armes avancées et de drones, accusant l’armée d’adopter une politique de destruction des zones civiles et de frappes sur les populations avec des drones et des avions.

Efforts diplomatiques en déclin

Face à cette impasse, les efforts diplomatiques semblent être en état de “mort clinique”, l’expert en affaires africaines Kofi Kouakou affirmant que le conflit s’est transformé en “guerre internationale” alimentée par un soutien extérieur qui empêche les parties de se réunir autour de la table des négociations.

Kouakou note que les dirigeants militaires ne pensent qu’en termes de force, ignorant l’élément moral et la souffrance du peuple, tandis que l’Union africaine et les organisations internationales sont incapables d’imposer une véritable solution.

Soudan… vers où?

La situation actuelle place le Soudan devant des scénarios sombres résumés par Kouakou comme suit:

– Guerre prolongée: entraînant la fragmentation de l’État et l’émergence de seigneurs de guerre.

– Gel du conflit: un cessez-le-feu partiel et une séparation des zones dans un cadre transitoire, ce qui est difficile à réaliser avec le flux continu d’armes étrangères.

– Escalade régionale complète: l’expansion du conflit au-delà des frontières vers l’Éthiopie et le Soudan du Sud, ainsi que les couloirs de la mer Rouge.

Entre le discours de “victoire absolue” de l’armée et “la lutte pendant 40 ans” des Forces de soutien rapide, le citoyen soudanais reste le maillon le plus faible, payant le prix des ambitions militaires et des échecs politiques qui ont rendu la paix, selon les analystes, une option reportée jusqu’à nouvel ordre.

Depuis le 15 avril 2023, le Soudan est en guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide, le combat ayant commencé dans la capitale Khartoum et s’étendant à différentes régions du pays, entraînant la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement d’environ 13 millions de personnes.

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