Pereira Accusé D’Orchestrer des Coups D’État en Guinée-Bissau

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Pereira Accusé D'Orchestrer des Coups D'État en Guinée-Bissau
Pereira Accusé D'Orchestrer des Coups D'État en Guinée-Bissau

Africa-Press. Le chef de l’opposition en Guinée-Bissau, Domingos Simões Pereira, président historique du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), fait face à des accusations devant la justice militaire pour avoir planifié plus d’une tentative de coup d’État. Ces derniers développements l’ont remis au premier plan de la scène politique et ont ravivé un large débat sur son rôle dans un pays habitué aux putschs et aux luttes de pouvoir depuis son indépendance.

Né en 1963 dans la ville de Farim, Pereira a commencé sa carrière comme ingénieur avant d’entrer en politique via le PAIGC, le parti qui a conduit l’indépendance du pays vis-à-vis du Portugal. Il a occupé des fonctions diplomatiques et administratives, dont le secrétariat exécutif de la Communauté des pays de langue portugaise, avant de devenir Premier ministre entre 2014 et 2015. Son éviction à la suite de divergences avec le président José Mário Vaz l’a poussé vers l’opposition, avant qu’il ne devienne par la suite le principal rival du président Umaro Sissoco Embaló.

Accusations récurrentes de coup d’État

Ce n’est pas la première fois que Pereira se retrouve en confrontation avec le pouvoir. En novembre 2025, il a été arrêté avec plusieurs dirigeants de l’opposition lors du coup d’État militaire qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló, avant d’être relâché puis placé en résidence surveillée. Son nom revient aujourd’hui au cœur de l’actualité avec de nouvelles accusations de complot visant des coups d’État, qu’il nie constamment, affirmant que ses adversaires cherchent à l’écarter par la voie judiciaire plutôt que par les urnes.

Malgré ces accusations, Pereira demeure l’un des principaux prétendants au pouvoir. Il est rentré d’un exil volontaire au Portugal en 2025 et son parti l’a de nouveau désigné pour affronter Embaló à l’élection présidentielle, mais sa candidature a été rejetée. Tandis que ses partisans le considèrent comme un réformateur cherchant à restaurer la crédibilité des institutions démocratiques, ses adversaires l’accusent de poursuivre le pouvoir par des moyens non constitutionnels.

Une figure controversée

Pereira combine charisme politique et expérience administrative, mais il reste entouré de controverses en raison de la nature de la vie politique en Guinée-Bissau, où la compétition électorale se mêle aux coups d’État militaires. Son image oscille entre celle d’un leader réformiste porteur de changement et celle d’un homme politique accusé d’alimenter la spirale des putschs qui marquent le pays depuis des décennies.

L’affaire à laquelle Domingos Simões Pereira est confronté aujourd’hui ne constitue pas seulement un dossier judiciaire: elle reflète la fragilité du système politique en Guinée-Bissau, où accusations et coups d’État sont utilisés comme des outils dans la lutte pour le pouvoir. Alors qu’il rejette toutes les charges retenues contre lui, son nom demeure central dans l’équation de l’avenir du pays, que ce soit par les urnes ou dans l’arène de l’affrontement politique.

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