Africa-Press. La compagnie française TotalEnergies a annoncé la reprise des travaux du projet de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le nord du Mozambique, après une interruption de cinq ans à la suite d’une attaque meurtrière et d’accusations visant l’entreprise, soupçonnée de complicité dans des crimes de guerre.
Le projet — présenté comme le plus grand développement de GNL en Afrique — avait été arrêté en 2021 après une attaque menée par des hommes armés dans la province de Cabo Delgado. Le directeur général du groupe, Patrick Pouyanné, a déclaré lors de la cérémonie de relance, en présence du président mozambicain Daniel Chapo: « Je suis heureux d’annoncer la reprise complète du projet Mozambique LNG… La force majeure est levée. »
Pouyanné a affirmé que les travaux connaîtraient « une accélération importante » au cours des prochains mois, indiquant qu’un premier navire avait déjà commencé ses opérations.
Selon un communiqué de l’entreprise, environ 4 000 travailleurs participent actuellement aux travaux de construction, à terre comme en mer. Le projet serait achevé à 40 %, avec un premier démarrage de la production de GNL attendu en 2029.
Des enquêtes révèlent de graves violations
En 2024, le journal Politico a publié une enquête affirmant que des soldats mozambicains stationnés à l’intérieur de la concession de l’entreprise avaient commis de vastes exactions entre juin et septembre 2021, notamment des actes de torture, de privation de nourriture, d’étranglement et l’exécution d’environ 200 hommes, ainsi que des cas de disparition forcée.
En décembre 2025, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont retiré un soutien financier de 2,2 milliards de dollars au projet, tandis qu’un rapport néerlandais a confirmé l’exactitude de larges pans de l’enquête journalistique.
TotalEnergies a nié ces accusations, assurant que ses enquêtes internes n’avaient trouvé aucune preuve d’exactions. Le gouvernement mozambicain a également rejeté l’idée que ses forces aient commis des crimes de guerre. L’affaire a toutefois suscité des critiques en France, où des députés ont réclamé que l’entreprise rende des comptes sur ses dispositifs de sécurité dans les zones de conflit.
TotalEnergies détient une participation de 26,5 % dans le consortium du projet, qui devrait ouvrir la voie à des exportations se chiffrant en milliards de dollars, malgré la persistance des défis sécuritaires liés à l’insurrection armée dans le nord du Mozambique.





