Africa-Press. L’agence de notation de crédit de l’Union africaine a averti que l’agence de notation Fitch pourrait induire les investisseurs en erreur si elle continuait à publier des notations de crédit concernant « Afreximbank » après que la banque a rompu ses relations avec l’une des trois plus grandes agences de notation de crédit au monde.
La banque, officiellement connue sous le nom de Banque africaine d’import-export (Afreximbank), a annoncé sa décision en faisant part de ses préoccupations concernant la qualité de la méthodologie de l’agence.
Dans un communiqué, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), relevant de l’Union africaine, a déclaré considérer la décision d’Afreximbank comme justifiée. Il a ajouté: « Toute notation future émise par Fitch concernant la banque serait non sollicitée et non participative, et pourrait par conséquent induire les investisseurs en erreur. »
L’agence Fitch a refusé de commenter la position du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs.
Fitch a abaissé en juin la notation de crédit de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) à un niveau situé une seule catégorie au-dessus de la catégorie dite “non investment grade”, invoquant une hausse des risques de crédit et la faiblesse des politiques de gestion des risques. Elle a également assorti la banque d’une « perspective négative », un terme utilisé par les agences de notation pour avertir d’un éventuel abaissement futur de la note.
Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs a indiqué qu’il n’avait pas pris en compte la décision d’Afreximbank dans l’abaissement de la notation, précisant que les divergences concernant la qualité du « fondement logique, du cadre analytique et de l’interprétation des sources de risque » de Fitch constituaient des raisons suffisantes pour rompre les relations.
L’Union africaine et certains pays africains estiment que les trois grandes agences de notation — Moody’s, Fitch et Standard & Poor’s — n’évaluent pas équitablement les risques de prêt en Afrique, ce qui entraîne une hausse des coûts d’emprunt.
Les trois agences ont toutes nié tout parti pris et affirmé que leurs notations reposent sur la même méthodologie sur tous les continents. La Banque africaine d’import-export (Afreximbank), spécialisée dans le financement du commerce et des projets, fait face à des interrogations quant à son statut de « créancier privilégié », un statut qui permettrait de protéger ses prêts aux pays en difficulté de remboursement, tels que le Ghana et la Zambie, contre les pertes résultant des défauts de paiement.
Fitch a averti que toute dégradation du statut de créancier privilégié d’Afreximbank pourrait entraîner de futures actions de notation de crédit. Afreximbank est également notée par Moody’s, qui a abaissé sa notation en juillet à un niveau situé deux crans au-dessus de la catégorie “non investment grade”, bien que l’agence n’ait jamais relevé sa note sur la base de son statut de créancier privilégié.





