Africa-Press. Une employée française de l’UNICEF et deux civils ont été tués dans une attaque de drone visant un immeuble résidentiel au centre de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, une ville actuellement sous le contrôle du mouvement M23.
Selon le porte-parole du mouvement, Lawrence Kanyuka, l’attaque s’est produite à l’aube mercredi et a frappé un bâtiment au cœur de Goma, faisant trois morts, dont Karine Besset, employée française de l’UNICEF. Les Nations unies et le président français Emmanuel Macron ont confirmé ces informations par la suite.
Kanyuka a accusé le gouvernement congolais d’être responsable de l’attaque, la qualifiant « d’acte terroriste mené par un drone militaire visant l’ONU et l’Union européenne », et estimant qu’il s’agissait d’« une provocation inacceptable mettant en danger des milliers de civils innocents ».
Dans un communiqué, le coordinateur humanitaire des Nations unies en RDC, Bruno Lemarquis, a condamné cette escalade, confirmant que la frappe avait tué une employée de l’ONU et deux civils et endommagé des habitations voisines.
Sur la plateforme X, le président français a écrit: « Une humanitaire française de l’UNICEF a été tuée à Goma… J’appelle au respect du droit humanitaire et à la protection des travailleurs humanitaires qui consacrent leurs efforts à sauver des vies ».
De son côté, l’UNICEF a exprimé sa « stupeur et sa colère » face à la mort de Besset, la décrivant comme « une humanitaire dévouée qui a travaillé sans relâche pour soutenir les enfants et les familles touchés par les conflits et les crises ». La directrice exécutive de l’organisation, Catherine Russell, a souligné que « les civils, y compris les travailleurs humanitaires, ne doivent jamais être des cibles ».
Contexte du conflit
Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, est une ville stratégique contrôlée par les rebelles du M23 depuis janvier 2025. Le mouvement, accusé de recevoir le soutien du Rwanda voisin, a repris les armes en 2021 et pris le contrôle de vastes zones de l’est riche en minerais, ravivant un cycle de violence dans une région déjà marquée par des conflits.
L’attaque intervient un jour après que l’armée congolaise a annoncé avoir abattu deux drones qu’elle affirme appartenir aux forces rwandaises et à leurs alliés, après leur entrée dans l’espace aérien de la province du Sud-Kivu. L’armée a qualifié l’incident de « violation de l’accord de Washington », affirmant sa détermination à défendre la souveraineté du pays.
Malgré plusieurs accords entre la RDC et le Rwanda, les combats se poursuivent. Kinshasa, l’ONU et les États-Unis accusent Kigali de soutenir le M23, ce que le Rwanda dément, affirmant faire face à des menaces provenant de groupes armés opérant à l’intérieur de la RDC.
Plus tôt ce mois-ci, Washington a imposé des sanctions à l’armée rwandaise et à quatre de ses officiers supérieurs, les accusant de soutenir le mouvement. Le Rwanda a dénoncé ces sanctions comme « biaisées » et défendu le rôle de son armée.





