Africa-Press. L’Afrique du Sud connaît une intensification du débat sur la question de l’immigration à l’approche du 30 juin, date à laquelle plusieurs mouvements anti-immigration prévoient d’organiser des manifestations à l’échelle nationale pour demander l’expulsion des migrants en situation irrégulière et donner la priorité aux citoyens sud-africains en matière d’emploi.
Des organisations de la société civile, des syndicats, des partis politiques et des représentants d’institutions religieuses ont tenu une réunion en ligne pour contrer le discours anti-migrant et dénoncer ce qu’ils qualifient de stigmatisation des migrants, ainsi que de leur imputation des crises économiques et sociales que traverse le pays.
Au cours de la réunion, les participants ont cherché à réfuter les accusations véhiculées par les mouvements anti-immigration, affirmant que les données et les études ne soutiennent pas les allégations selon lesquelles les migrants seraient responsables de l’augmentation du chômage ou de la prise de postes de travail.
Rithabile Ratsumo, membre de la Fondation Ahmed Kathrada, qui a organisé l’initiative, a déclaré que les études montrent que l’entrepreneuriat parmi les migrants contribue à la création de nouveaux emplois, précisant qu’une étude de la Banque mondiale a révélé que chaque migrant travaillant en Afrique du Sud contribue à créer environ deux emplois pour les citoyens sud-africains.
Les participants, représentant près de vingt organisations et entités, ont réaffirmé leur attachement aux valeurs de démocratie et de coexistence pacifique, appelant à rejeter le discours de haine et de discrimination à l’encontre des migrants.
De son côté, l’activiste Ella Gandhi a averti des dangers d’une montée du discours biaisé, considérant que l’Afrique du Sud fait face aujourd’hui à un défi éthique similaire à celui qu’elle a connu durant l’apartheid, lorsque des préjugés ont été utilisés pour justifier la discrimination contre les populations noires.
Elle a ajouté que l’ignorance de ces pratiques conduirait à saper les principes humanitaires sur lesquels repose l’État démocratique, appelant à une résistance ferme contre toutes les formes de discrimination et de haine.
En conclusion de la réunion, les participants ont reconnu que la colère populaire face au chômage, à la pauvreté et à l’élargissement de l’écart d’inégalité est compréhensible, mais ils ont souligné que blâmer les migrants ne résout pas les racines de la crise, considérant que la responsabilité principale incombe au gouvernement en raison de sa mauvaise gestion et de la persistance de la corruption, ce qui nécessite de s’attaquer aux véritables causes des crises économiques et sociales plutôt que de faire porter le fardeau aux migrants.





