Africa-Press. L’Organisation Amnesty International a mis en garde contre les conséquences de la poursuite des transferts de migrants depuis les États-Unis dans le cadre d’arrangements de renvoi vers un pays tiers, exprimant son inquiétude face à ce qu’elle a qualifié de graves violations des droits de l’homme pouvant accompagner ces opérations.
Cela a été déclaré dans un communiqué de l’organisation de défense des droits humains, vendredi, après des rapports faisant état de l’arrivée de 11 personnes renvoyées des États-Unis vers Eswatini le 8 juillet dernier, ce qui semble être le quatrième transfert connu en vertu de l’accord de renvoi vers un pays tiers entre les deux pays.
La directrice adjointe régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et du Sud, Flavia Mwangovya, a déclaré que l’organisation avait documenté, au cours de près d’un an, ce qu’elle a décrit comme les conséquences graves de ces opérations sur les droits de l’homme.
Mwangovya a précisé que les violations documentées par l’organisation incluaient la détention arbitraire, l’imposition de restrictions à l’accès des renvoyés à des avocats, le refus de garanties légales appropriées, ainsi que l’exposition au risque de renvois forcés vers d’autres pays.
Elle a souligné que le droit international oblige les États à donner à chaque personne la possibilité de contester une décision de transfert avant son exécution, et interdit le transfert d’individus vers des pays où ils pourraient faire face à un risque de violations graves des droits de l’homme ou de renvois forcés.
Elle a ajouté que les États ne peuvent pas se soustraire à leurs obligations légales en matière de droits de l’homme par le biais d’arrangements de renvoi vers des pays tiers, considérant que les transferts actuels font partie des politiques anti-migrants mises en œuvre par l’administration du président américain Donald Trump.
Elle a déclaré que ces mesures entraînent la séparation des familles et causent des effets psychologiques sur les individus et les communautés touchées.
L’organisation a noté que parmi les personnes transférées vers Eswatini, il y avait des individus qui, selon des rapports, avaient obtenu une protection aux États-Unis en vertu de la Convention contre la torture.
Elle a ajouté que cela correspond, selon l’organisation, à un schéma précédemment documenté dans des cas de renvoi vers d’autres pays africains, où les transferts ont inclus des personnes qui avaient déjà reçu une protection légale aux États-Unis, y compris la protection contre la torture.
L’organisation a affirmé que la protection offerte par la Convention contre la torture ne peut pas être contournée par des arrangements de renvoi vers un pays tiers.
Elle a également considéré que les États-Unis ne devraient pas choisir d’autres pays pour effectuer des renvois collectifs de personnes qui avaient déjà obtenu une protection sur leur territoire.
L’organisation a appelé les autorités d’Eswatini à mettre fin à ce qu’elle a décrit comme la facilitation de transferts illégaux, exigeant la divulgation immédiate des identités des personnes arrivées dans le pays et de leur lieu de détention, ainsi que d’informer leurs avocats et leurs familles, le cas échéant, et de permettre aux observateurs indépendants de les suivre.
Elle a également demandé la divulgation de la base légale de toute mesure privant ces personnes de liberté, et de garantir un accès rapide et confidentiel à des services d’avocats, d’interprètes, de soins médicaux et d’assistance consulaire.
Amnesty International a demandé aux États-Unis de mettre fin à la politique de renvoi vers des pays tiers et d’arrêter ce qu’elle a qualifié de système de détention et de renvoi collectif.
Elle a également appelé à la réintégration de toutes les personnes transférées illégalement dans leurs foyers, familles et communautés aux États-Unis, et à la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement en vertu de l’accord en cours entre les États-Unis et Eswatini.
L’organisation a souligné la nécessité de fournir des voies de recours efficaces pour ces personnes, y compris l’accès à des procédures d’asile équitables et efficaces conformément aux normes internationales.
Elle a précisé qu’une arrivée récente de 11 personnes supplémentaires à Eswatini, si elle est officiellement confirmée comme un nouveau groupe de renvoyés, ferait de ce transfert le quatrième connu dans le cadre de cet arrangement, portant le nombre total de personnes transférées vers Eswatini à 30.
Elle a ajouté qu’Eswatini n’est pas le seul pays africain à avoir accueilli des renvoyés des États-Unis, notant qu’elle avait déjà exprimé son inquiétude quant au fait qu’au moins 13 pays africains avaient accueilli ou accepté d’accueillir des ressortissants de pays tiers renvoyés par les États-Unis dans le cadre d’arrangements similaires de transfert de migrants hors de leur territoire.





