CE Qu’Il Faut Savoir
Au Sénégal, des campagnes sur les réseaux sociaux appellent à boycotter les produits marocains en réponse à des peines de prison infligées à des supporters de football. Ces sanctions, jugées sévères, ont suscité une vague de colère et de solidarité envers les supporters condamnés, entraînant des appels à l’action collective.
Africa-Press. Dans un escalade notable sur les réseaux sociaux, des militants au Sénégal ont lancé de vastes campagnes appelant au boycott des produits, biens et services marocains dans le pays, en réponse à la condamnation de supporters de l’équipe nationale de football sénégalaise au Maroc.
Ces appels ont été lancés après qu’un tribunal marocain a prononcé des peines de prison allant de 3 mois à un an contre 18 supporters sénégalais arrêtés suite à des actes de violence survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football en janvier dernier.
Les accusés ont été jugés pour “violences”, incluant des actes de violence, notamment contre les forces de sécurité, la destruction de matériel sportif, l’intrusion sur le terrain et le lancement de projectiles.
Les supporters avaient précédemment nié avoir commis des infractions durant le match, qui a été marqué par le chaos et s’est terminé par une victoire de leur équipe 1-0 après prolongation.
Le procureur marocain avait demandé des peines allant jusqu’à deux ans pour les 18 accusés, qui sont détenus depuis la fin du match controversé à la mi-janvier.
De son côté, la Fédération sénégalaise de football a dénoncé la décision de justice, la qualifiant de “cruelle et incompréhensible”, et exprimant sa solidarité avec les supporters.
Les condamnations ont suscité une vague de colère au Sénégal, rapidement traduite en campagnes organisées appelant au boycott des produits, biens et services marocains sur les réseaux sociaux.
De nombreux militants ont qualifié la décision de “cruelle et disproportionnée”, tandis que des utilisateurs ont partagé des affiches et des messages incitant les citoyens à cesser d’acheter des produits marocains et à éviter les entreprises appartenant à des Marocains opérant au Sénégal.
Des publications en colère ont appelé à la responsabilité des autorités et à des éclaircissements sur les circonstances de l’affaire, tandis que des internautes ont estimé que les sanctions étaient injustes et qu’il aurait été possible d’imposer des peines plus légères et de traiter l’affaire différemment, car “nos supporters ne sont pas des criminels”.
Les partisans du boycott estiment qu’il s’agit d’une forme de protestation pacifique et d’une expression de solidarité avec les supporters condamnés, ainsi qu’un message de pression qui pourrait dépasser le cadre numérique pour influencer les relations entre les deux pays.
En revanche, d’autres ont appelé à la retenue et à attendre des clarifications officielles concernant les peines, insistant sur la nécessité de séparer le processus judiciaire des relations populaires et économiques entre Rabat et Dakar, et d’éviter des mesures qui pourraient nuire aux intérêts communs.
Des observateurs ont également averti que l’escalade des appels au boycott pourrait avoir des répercussions sur la coopération commerciale et d’investissement entre les deux pays, étant donné l’existence de partenariats et de projets en cours, rendant toute escalade potentielle coûteuse au-delà de l’interaction numérique.
Certains internautes ont estimé que la décision du tribunal était conforme à la loi, car des actes de violence et des atteintes aux biens publics s’étaient produits dans le stade, en plus de comportements hostiles envers la sécurité des stades.
Le 18 janvier dernier, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations à Rabat, l’équipe sénégalaise a remporté le match 1-0 après prolongation dans un contexte chaotique.
Après qu’un penalty a été accordé au Maroc dans le temps additionnel de la seconde mi-temps, suite à l’annulation d’un but sénégalais, des supporters des “Lions de la Téranga” ont tenté d’envahir le terrain pendant près de 15 minutes, même lorsque Ibrahim Diaz se préparait à tirer le penalty qu’il a finalement raté. En temps additionnel, Boubacar Gaye a marqué le but de la victoire pour le Sénégal d’une frappe puissante. De plus, plusieurs supporters sénégalais ont lancé des projectiles sur le terrain, y compris au moins une chaise.
Le représentant du ministère public a déclaré que l’accusation s’appuie principalement sur des images de caméras de surveillance au stade Prince Moulay Abdellah à Rabat, ainsi que sur des rapports médicaux documentant des blessures parmi les membres des forces de sécurité et du personnel du stade. Le ministère public estime les dommages matériels causés au stade, qui a été entièrement rénové avant la Coupe d’Afrique des Nations, à plus de 370 000 euros.
Les relations entre le Sénégal et le Maroc ont été marquées par des échanges culturels et économiques, mais aussi par des tensions sporadiques. L’incident récent lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations a exacerbé ces tensions, mettant en lumière les défis que rencontrent les deux pays dans leurs relations bilatérales. Les supporters sénégalais, souvent passionnés, ont vu leurs actions lors de l’événement sportif être interprétées comme des actes de violence, ce qui a conduit à des sanctions judiciaires controversées.





