Africa-Press. Le président nigérian Bola Tinubu a ordonné le déploiement de forces militaires dans la zone centre-ouest du pays, à la suite de l’attaque sanglante survenue dans le village de Woro, qui a fait au moins 162 morts. Le président a accusé Boko Haram d’être derrière l’un des massacres les plus meurtriers qu’ait connus le Nigeria ces derniers mois.
Dans un communiqué, le bureau spécial du président a annoncé l’envoi d’un bataillon militaire vers la ville de Kaiama, à l’est de l’État de Kwara, dans le cadre d’une opération baptisée « Bouclier de la Savane », visant à « neutraliser les terroristes et protéger les communautés locales devenues incapables de se défendre ».
Commentant l’attaque, le président Tinubu a affirmé que les habitants de la région avaient « fait preuve d’un courage louable », précisant que les membres de la communauté, bien qu’ils soient musulmans, avaient refusé de « se soumettre à une doctrine étrangère prônant la violence au lieu de la paix et du dialogue ».
De son côté, le gouverneur de l’État de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, s’est rendu à Kaiama mercredi soir pour apporter son soutien à la population. Dans une vidéo, il a déclaré que le village de Woro avait refusé de se laisser entraîner dans la dérive que des groupes extrémistes tentaient d’imposer par la force.
Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique et premier producteur de pétrole du continent, fait face depuis 2009 à une insurrection persistante dans le nord-est, menée par Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest, en plus de l’activité de groupes armés dans le nord-ouest et le centre-nord, ainsi que d’autres mouvements locaux tels que Lakurawa.
Les inquiétudes internationales se sont accrues quant à la dégradation de la situation sécuritaire au Nigeria. Le président américain Donald Trump affirme que les chrétiens du pays subissent un « génocide » de la part de « groupes terroristes », mais le gouvernement nigérian et la plupart des experts le nient, soulignant que les violences touchent musulmans et chrétiens sans distinction.
Dans un contexte connexe, l’armée américaine a mené des frappes aériennes dans l’État de Sokoto le jour de Noël, affirmant avoir visé des éléments de l’État islamique. Depuis, les États-Unis ont renforcé leur coopération avec le Nigeria en lui fournissant des armes, en échangeant des renseignements et en déployant une équipe de militaires américains pour appuyer l’armée nigériane.





