ÉThiopie: Conférence sur les Modes de RèGlement des Conflits

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ÉThiopie: Conférence sur les Modes de RèGlement des Conflits
ÉThiopie: Conférence sur les Modes de RèGlement des Conflits

Africa-Press. Une conférence internationale sur l’État de droit et les mécanismes alternatifs de règlement des conflits pour la paix et le développement durable s’est tenue à Bahir Dar, capitale de la région Amhara, dans le nord de l’Éthiopie, du 24 au 25 janvier 2026. Y ont participé le vice-Premier ministre éthiopien Temesgen Tiruneh, le président de la Gouvernance, de la Démocratie et des Droits de l’Homme à l’Union africaine Salah Hamad, le ministre éthiopien de la Paix Mohamed Idris, le gouverneur de la région Amhara Arqa Kebede, ainsi que le représentant de la Cour suprême à Bahir Dar, Alemante Agediu.

La conférence a été organisée conjointement par la Cour suprême de la région Amhara et l’Université de Bahir Dar, en présence de juges, universitaires, chercheurs et décideurs politiques d’Éthiopie et de l’étranger, dans le cadre des efforts visant à renforcer l’État de droit, développer les mécanismes alternatifs de règlement des conflits et soutenir les voies de paix et de stabilité.

Vice-Premier ministre: la justice traditionnelle, une nécessité nationale

Le vice-Premier ministre éthiopien Temesgen Tiruneh a souligné que les mécanismes alternatifs de règlement des conflits sont désormais essentiels face aux pressions croissantes sur le système judiciaire officiel. Il a expliqué que les communautés éthiopiennes ont accumulé, au cours de leur longue histoire, des systèmes de justice traditionnelle ayant contribué à renforcer la cohésion sociale et à construire une paix durable.

Il a ajouté que l’intégration de ces mécanismes dans le système judiciaire moderne, avec reconnaissance légale et institutionnelle, n’est plus une option mais une nécessité nationale, notant que les lois relatives à l’arbitrage et aux tribunaux traditionnels adoptées dans la région Amhara représentent une avancée majeure dans ce processus.

Union africaine: l’État de droit doit être proche des citoyens

Salah Hamad, président de la Gouvernance, de la Démocratie et des Droits de l’Homme à l’Union africaine, a indiqué que l’organisation continentale avait adopté en 2019 une politique globale de justice transitionnelle visant à traiter l’héritage des conflits et les violations des droits de l’homme par la recherche de la vérité, la justice, la réparation, la réforme institutionnelle et la prévention de la répétition.

Il a insisté sur le fait que l’État de droit ne doit pas être l’apanage des institutions officielles ou des élites juridiques, mais qu’il doit être compris et partagé par les citoyens, permettant leur participation à son application. Il a souligné l’importance d’institutions judiciaires efficaces, transparentes, responsables et accessibles à tous, afin de restaurer la confiance dans les institutions publiques et soutenir la paix, la stabilité et le développement.

Il a ajouté que l’Union africaine soutient l’intégration des mécanismes alternatifs et de la justice traditionnelle dans les cadres officiels, citant des expériences africaines réussies ayant permis de prévenir l’escalade de la violence et de régler les conflits de manière efficace et économique.

Dialogue nécessaire, lutte armée mène à la destruction

Le ministre éthiopien de la Paix, Mohamed Idris, a affirmé que répondre aux appels à la paix et recourir au dialogue est désormais une nécessité nationale urgente, avertissant que la lutte armée ne conduit qu’à la destruction, au déplacement des populations et à la privation des communautés de services essentiels.

Il a rappelé que l’Éthiopie dispose de plus de 75 mécanismes traditionnels enracinés avant la création de l’État moderne, historiquement utilisés pour résoudre les conflits de manière pacifique. Il a salué l’initiative de la Cour suprême de la région Amhara visant à offrir à ces mécanismes un cadre institutionnel organisé, renforçant la justice communautaire et fournissant des voies équitables pour traiter les griefs.

Idris a également souligné que le gouvernement a transformé son approche de la paix en élargissant l’espace politique et médiatique, en permettant aux partis et médias précédemment interdits d’opérer, et en adoptant le dialogue national et la justice transitionnelle pour traiter les violations passées.

Solutions pacifiques, un choix stratégique

Le gouverneur de la région Amhara, Arqa Kebede, a appelé les groupes armés à adopter des solutions pacifiques et des mécanismes alternatifs de règlement des conflits, affirmant l’engagement du gouvernement régional à réinstaller et réintégrer les déplacés et à traiter les causes du conflit par le dialogue et la négociation continue.

Il a souligné que le système judiciaire traditionnel à lui seul n’est plus suffisant pour traiter les conflits croissants, insistant sur l’importance de développer et d’adopter des mécanismes alternatifs de règlement des conflits examinés au niveau régional et international, avec la participation de l’Université de Bahir Dar.

Il a ajouté que le gouvernement régional a mené l’an dernier une évaluation complète du système judiciaire, aboutissant à des réformes incluant la protection de l’indépendance des juges, l’adoption de nouvelles lois pour garantir leurs droits, l’amélioration des infrastructures judiciaires, et la mise en place de procédures de litiges électroniques et à distance.

Réformes judiciaires et élargissement de l’accès à la justice

Alemante Agediu, représentant de la Cour suprême à Bahir Dar, a indiqué que la réforme des institutions judiciaires constitue une part essentielle du programme national de réforme lancé en 2018, incluant la révision des cadres légaux et l’amélioration des performances institutionnelles.

Il a précisé que la région Amhara compte 14 cours supérieures et plus de 200 tribunaux de première instance traitant environ un million de dossiers par an, ce qui rend l’utilisation des mécanismes alternatifs de règlement des conflits indispensable pour alléger la charge des tribunaux.

Il a ajouté que des mesures ont été mises en place pour faciliter l’accès à la justice, notamment l’ouverture des audiences au public, la réception des plaintes en ligne, l’arbitrage dirigé par les tribunaux, ainsi que la législation autorisant la création de tribunaux traditionnels au niveau local.

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