Africa-Press. Les autorités éthiopiennes ont expulsé la correspondante du journal français, une source locale, Augustine Basile, qui était en poste dans le pays depuis septembre 2023, après son retour d’une mission de trois jours dans la région du Tigré, au nord du pays. Cette décision a suscité de vives critiques et des inquiétudes concernant la liberté de la presse en Éthiopie.
Selon la source locale, Basile, âgée de 30 ans, couvrait les événements dans le Tigré, une région qui a connu une guerre sanglante entre 2020 et 2022, lorsqu’elle a été convoquée par l’autorité de régulation des médias éthiopiens, qui lui a annoncé la suspension temporaire de son accréditation journalistique en raison d’une enquête qui pourrait durer plusieurs jours.
La journaliste a expliqué qu’elle a ensuite reçu une convocation des autorités de l’immigration, où on lui a annoncé l’annulation de son accréditation journalistique et de son permis de séjour, bien que ce dernier soit valide jusqu’en septembre prochain. Elle a ajouté qu’elle a quitté l’Éthiopie le 11 juin après avoir reçu l’ordre de quitter le pays avant le 18 juin.
Cette décision intervient à un moment où les relations entre le gouvernement fédéral éthiopien et les autorités du Tigré sont de plus en plus tendues, avec des avertissements concernant un possible retour des affrontements armés dans une région qui souffre encore des conséquences de la guerre précédente.
Pour sa part, le responsable du département international de la source locale a déclaré que ce qui s’est passé constitue un message inquiétant pour le milieu journalistique et la liberté de la presse, affirmant que la correspondante travaillait légalement et n’avait pas besoin de permis supplémentaires pour mener à bien sa mission dans le Tigré.
Il a ajouté que Basile s’était rendue dans la région conformément aux procédures en vigueur, mais qu’elle avait été convoquée pendant son séjour, avant que ses documents ne soient saisis et qu’on lui demande de quitter le pays. Il a souligné que l’annulation de son accréditation et de son permis de séjour simplement pour avoir exercé son métier de journaliste envoie des signaux négatifs sur l’environnement médiatique en Éthiopie.
Cet incident suscite des inquiétudes croissantes parmi les organisations défendant la liberté de la presse, surtout dans le contexte de la sensibilité des situations sécuritaires et politiques dans la région du Tigré, qui demeure l’un des principaux foyers de tension en Éthiopie.





