Africa-Press. Le conseil militaire ayant pris le pouvoir en Guinée-Bissau fin novembre dernier a annoncé de nouvelles mesures visant à associer les forces politiques de l’opposition à la phase de transition, dans une tentative d’apaiser les pressions exercées par le bloc régional de la CEDEAO, qui réclame un retour rapide à l’ordre constitutionnel et au pouvoir civil.
Les dirigeants militaires, qui se présentent sous le nom de « Haut commandement des forces armées », ont déclaré leur intention de former un gouvernement de transition « inclusif », attribuant trois portefeuilles ministériels au Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), ainsi que trois autres au Parti du renouveau social dirigé par Fernando Dias, principal rival du président renversé Umaro Sissoco Embaló lors de la dernière élection.
Le conseil militaire a également procédé à la libération du chef de l’opposition et ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, détenu depuis le coup d’État. Des sources proches de la junte ont indiqué que Fernando Dias avait quitté l’ambassade du Nigeria, où il s’était réfugié après le putsch, et qu’il ne faisait plus l’objet de menaces d’arrestation.
La CEDEAO a suspendu la Guinée-Bissau de ses instances et exigé le rétablissement de l’ordre constitutionnel ainsi que la reprise du processus électoral. Toutefois, la commission électorale a annoncé son incapacité à achever le dépouillement des voix après que des hommes armés ont saisi les urnes et détruit les serveurs contenant les résultats. En janvier, un décret présidentiel a fixé au 6 décembre prochain la date des nouvelles élections présidentielle et législatives.
Il convient de rappeler que le coup d’État du 26 novembre dernier, qui a renversé le président Embaló, est le neuvième enregistré en Afrique de l’Ouest et du Centre au cours des cinq dernières années. Il a interrompu le processus électoral et plongé le pays dans une transition incertaine, sur fond de craintes d’une instabilité politique prolongée.





