Africa-Press. L’Algérie a annoncé avoir officiellement entamé les procédures de résiliation de l’accord de services aériens signé avec les Émirats arabes unis, une décision aux dimensions diplomatiques et économiques, traduisant un changement notable dans les relations entre les deux pays.
Des médias officiels algériens ont indiqué que cette décision s’inscrit dans l’activation des procédures juridiques prévues par l’accord bilatéral régissant le transport aérien entre les deux États, notamment l’exploitation des vols, le transport de passagers et de marchandises, ainsi que les services liés à l’aviation civile.
Un accord signé en 2013
L’accord concerné remonte au 13 mai 2013, date de sa signature dans la capitale émiratie Abou Dhabi, avant son entrée en vigueur à la suite de sa ratification par décret présidentiel algérien à la fin de l’année 2014. Il visait à organiser les droits de trafic aérien et à accorder des facilités opérationnelles aux compagnies aériennes des deux pays.
Selon les mêmes sources, l’Algérie notifiera officiellement la partie émiratie par les voies diplomatiques, tout en informant l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), conformément aux procédures en vigueur dans ce type de situation.
Sans explication officielle des motifs
Les autorités algériennes n’ont, jusqu’à présent, fourni aucune explication officielle quant aux raisons de cette décision. Toutefois, des rapports de médias internationaux ont lié cette initiative à un contexte plus large de tensions politiques et diplomatiques apparues ces derniers mois entre Alger et Abou Dhabi, sur fond de divergences régionales et médiatiques.
L’agence Reuters a également indiqué que le dossier du transport aérien entre les deux pays connaissait déjà des restrictions et des difficultés opérationnelles, ce qui aurait pu contribuer à la complexité des relations dans ce secteur stratégique.
Des impacts possibles sur le trafic aérien
Il n’est pas attendu que cette décision entraîne un arrêt immédiat des vols entre l’Algérie et les Émirats arabes unis. Toutefois, des experts estiment que la résiliation de l’accord pourrait ouvrir la voie à de nouvelles négociations ou à une réduction du nombre de vols à l’avenir, en l’absence d’un cadre alternatif régissant le trafic aérien entre les deux pays.
Des professionnels du secteur aérien mettent en garde contre les effets d’une situation prolongée d’incertitude sur les plans des compagnies aériennes, algériennes comme émiraties, notamment dans un contexte de concurrence régionale accrue sur les liaisons entre l’Afrique du Nord et le Golfe.
Une décision au-delà de l’aspect technique
Les observateurs s’accordent à dire que la décision algérienne dépasse le cadre purement technique du secteur aérien pour porter des messages politiques et diplomatiques, à un moment où la région connaît des recompositions d’alliances et un recours croissant aux instruments économiques et de transport comme leviers de pression ou d’affirmation de positions souveraines.
Dans l’attente d’une réaction officielle de la partie émiratie, les répercussions de cette décision demeurent ouvertes à plusieurs scénarios, entre apaisement et renégociation, ou une extension du différend à d’autres volets des relations bilatérales.





