Le Président Tchadien Idriss Déby Invité en France

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Le Président Tchadien Idriss Déby Invité en France
Le Président Tchadien Idriss Déby Invité en France

Africa-Press. Dans un développement notable des relations tchado-françaises, le président tchadien Mahamat Idriss Déby a reçu, lundi 26 janvier, l’ambassadeur de France à N’Djamena, Éric Gérard, qui lui a remis une invitation officielle de son homologue français Emmanuel Macron pour une visite à Paris.

Cette démarche intervient quatorze mois après la rupture qui avait suivi la fin soudaine et symbolique de l’accord de coopération militaire entre les deux pays, marquant une volonté claire de part et d’autre de dépasser les différends passés et d’ouvrir une nouvelle page dans leurs relations bilatérales.

Selon un communiqué de la présidence tchadienne, la rencontre a porté sur « l’avenir de la coopération bilatérale, qui doit être renouvelée et dynamisée afin de répondre aux défis actuels ». Le texte décrit l’entretien comme « important, marqué par un dialogue ouvert, dans un esprit de concertation et de prise en compte des intérêts communs ». Au cours de l’entrevue, l’ambassadeur français a transmis un message verbal du président Macron adressant une invitation officielle au chef de l’État tchadien.

Le communiqué précise que le président Mahamat Idriss Déby a accueilli favorablement l’invitation, y voyant « un signal fort confirmant la volonté partagée de consolider et de moderniser les relations entre N’Djamena et Paris ».

Les deux capitales semblent ainsi vouloir tourner la page de la crise de fin novembre 2024, lorsque le Tchad avait annoncé de manière inattendue la fin de ses accords de coopération militaire avec la France, contraignant Paris à organiser une opération rapide de retrait de ses troupes et de ses équipements stationnés sur le sol tchadien.

Pour l’anthropologue tchadien Rémadji Hoinathy, ce rapprochement « ne signifie pas un retour à la situation antérieure », soulignant que « les deux pays ont dû équilibrer leurs intérêts communs ».

Selon lui, le Tchad représente pour la France un point d’appui régional essentiel, notamment sur le plan du renseignement, tandis que N’Djamena voit en Paris un allié diplomatique précieux dans un contexte sécuritaire et économique fragile.

Un chercheur de l’Institut d’études de sécurité estime pour sa part que « le Tchad n’est peut-être pas pleinement convaincu des résultats de sa politique de diversification des partenariats », ajoutant que le pays « a un besoin pressant de soutien international face à la montée des défis économiques et sécuritaires ».

Par ailleurs, des observateurs lient ce rapprochement aux répercussions du conflit en cours au Soudan voisin ainsi qu’aux tensions internes, estimant qu’il pourrait traduire une volonté des autorités tchadiennes de renforcer leur position politique face à des pressions croissantes.

Cependant, cette ouverture vers Paris n’a pas échappé aux critiques, notamment de l’opposition tchadienne. La militante des droits humains en exil, Makyla Nguebla, a déclaré que « la France aurait davantage à gagner en respectant ses propres valeurs plutôt qu’en soutenant un État accusé de pratiques répressives », évoquant notamment l’arrestation de la figure de l’opposition Naja’a Mossra et la dissolution d’organisations critiques envers les autorités.

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