CE Qu’Il Faut Savoir
L’Égypte a appelé les pays du bassin du Nil à coopérer et à rejeter les actions unilatérales, tout en annonçant un financement de 100 millions de dollars pour soutenir les projets de barrages dans le sud du bassin. Cette initiative survient dans un contexte de tensions croissantes avec l’Éthiopie concernant le Grand Barrage de la Renaissance.
Africa-Press. L’Égypte a appelé les pays du bassin du Nil à coopérer et à rejeter les actions unilatérales, tout en annonçant un financement de 100 millions de dollars pour soutenir les projets de barrages dans le sud du bassin. Cette initiative survient dans un contexte de tensions croissantes avec l’Éthiopie concernant le Grand Barrage de la Renaissance.
Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdel Atti, a rencontré le président kényan William Ruto à Nairobi, soulignant l’importance de la coopération et de l’intégration entre les pays du bassin du Nil pour réaliser des bénéfices mutuels. Il a également remis un message écrit du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à son homologue kényan, louant l’élévation des relations entre les deux pays au niveau d’un partenariat stratégique.
Le ministre égyptien de l’Irrigation, Hani Sewilam, a révélé un mécanisme de financement égyptien de 100 millions de dollars pour soutenir l’étude et la mise en œuvre de projets de barrages dans les pays du bassin du Nil. Il a exprimé son soutien aux projets de barrages kényans à travers cette initiative, qui comprend le forage de puits souterrains, la construction de barrages de collecte des eaux de pluie, et la mise en œuvre de systèmes d’irrigation modernes.
Cette visite intervient dans le cadre d’une crise hydrique persistante liée au Grand Barrage de la Renaissance éthiopien, le plus grand projet hydrique d’Afrique, construit sur le Nil bleu depuis 2011. Ce barrage vise à produire environ 6 000 mégawatts d’électricité et à stocker 74 milliards de mètres cubes d’eau.
L’Égypte et le Soudan, en tant que pays en aval, craignent que le barrage n’affecte négativement leurs parts d’eau du Nil et demandent un accord tripartite légalement contraignant sur le remplissage et l’exploitation du barrage. En revanche, l’Éthiopie soutient qu’un tel accord n’est pas nécessaire, affirmant qu’elle n’a pas l’intention de nuire aux intérêts de tout pays, ce qui a conduit à un gel des négociations pendant trois ans avant leur reprise en 2023, puis à un nouvel arrêt en 2024.
L’Égypte et le Soudan ont accueilli l’offre du président américain Donald Trump de jouer un rôle de médiateur dans le conflit sur le Nil avec l’Éthiopie, après que Trump a exprimé sa volonté de reprendre les pourparlers pour résoudre de manière durable le partage des eaux du Nil.
La situation est compliquée par l’accord-cadre d’Entebbe, signé par l’Éthiopie, le Rwanda, la Tanzanie, l’Ouganda et le Burundi en 2010, et auquel le Soudan du Sud a adhéré en juillet 2024, mais qui est rejeté par l’Égypte et le Soudan, qui estiment qu’il ne respecte pas les accords établissant leurs droits en matière d’eau.
En octobre 2024, le ministère égyptien de l’Irrigation a demandé aux pays du bassin du Nil signataires de l’accord d’Entebbe de revoir leurs positions et de revenir à la table des négociations sur la coopération.
Le Nil est partagé par 11 pays: l’Égypte, le Soudan, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, la République démocratique du Congo et l’Érythrée.
Le bassin du Nil est partagé par 11 pays, dont l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie. Les tensions autour du Grand Barrage de la Renaissance, construit par l’Éthiopie, ont exacerbé les préoccupations des pays en aval concernant leurs droits en matière d’eau. L’Égypte et le Soudan craignent que le barrage n’affecte leurs approvisionnements en eau, ce qui a conduit à des négociations complexes et à des désaccords persistants entre les nations concernées.





