Africa-Press. Les États-Unis intensifient leurs opérations militaires contre les groupes armés en Somalie, dans le cadre d’une stratégie renforcée amorcée depuis le début du second mandat du président Donald Trump.
Le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a annoncé avoir mené de nouvelles frappes aériennes le dimanche 1er février, visant des positions du groupe État islamique dans les montagnes de Golis, au sud-est de Bosaso, dans la région du Puntland, dans le cadre d’une campagne continue visant à réduire l’influence du groupe.
Le général Dagvin Anderson, commandant d’AFRICOM, a affirmé que les dernières frappes représentaient « un véritable succès », saluant ce qu’il a décrit comme une réduction des zones auparavant contrôlées par l’État islamique et la contrainte imposée à ses combattants d’opérer dans la clandestinité.
Selon les données de l’organisation New America, les États-Unis ont mené 149 frappes aériennes en Somalie depuis le début du second mandat de Trump, l’année 2025 enregistrant le nombre le plus élevé de frappes au cours des deux dernières décennies d’intervention américaine dans le pays.
Parallèlement aux opérations contre l’État islamique, les forces américaines ont poursuivi leurs frappes contre le mouvement Al-Shabaab, affilié à Al-Qaïda. Deux frappes aériennes ont ainsi été menées les 21 et 22 janvier au sud-ouest de Kismayo.
Malgré l’intensification des opérations militaires, les groupes armés continuent de mener des attaques d’envergure. Parmi les plus marquantes figurent l’attaque d’Al-Shabaab contre la prison centrale des services de renseignement à Mogadiscio en octobre, ainsi que l’attaque contre la base américaine de Kismayo en septembre. Des rapports de recherche établissent un lien entre le renforcement des capacités de ces groupes et l’afflux d’armes en provenance des Houthis via la mer Rouge.
Cette stratégie américaine fait l’objet de critiques croissantes de la part d’organisations de défense des droits humains, en raison des pertes civiles et des dommages collatéraux. Eva Buzo, avocate au sein de l’organisation Humanus, qui soutient les civils affectés par les frappes, déclare: « Chaque fois que des civils sont bombardés, le nombre d’ennemis augmente… C’est une stratégie absurde qui ne respecte pas l’État de droit. »
Elle ajoute: « Des personnes vaquant à leur vie quotidienne sont tuées par des bombes tombées du ciel. On ne peut prétendre soutenir la transition du pays vers une gouvernance stable sans assumer la responsabilité de ces frappes. »





