Les États-Unis Menacent le Financement Électoral au Soudan du Sud

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Les États-Unis Menacent le Financement Électoral au Soudan du Sud
Les États-Unis Menacent le Financement Électoral au Soudan du Sud

Africa-Press. Les États-Unis ont exprimé de vives critiques concernant la situation politique au Sud-Soudan, menaçant de suspendre le financement des élections prévues en décembre 2026, en raison de l’absence de dialogue politique inclusif et de la persistance des tensions sécuritaires.

Lors d’une session du Conseil de sécurité, l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies, Mike Waltz, a fait part de l’inquiétude de son pays quant à l’évolution du processus politique, remettant en question la possibilité d’organiser des élections “libres et équitables” dans les conditions actuelles. Il a affirmé que toute échéance électorale nécessitait d’abord la libération des prisonniers politiques et un engagement dans un dialogue sérieux avec les forces d’opposition.

Cette position intervient alors que le Sud-Soudan se prépare à organiser ses premières élections depuis son indépendance en 2011, mais le pays continue de souffrir d’un long héritage de conflits armés.

Au cours des dernières semaines, il y a eu une intensification des affrontements entre les forces gouvernementales loyales au président Salva Kiir et les milices d’opposition liées au vice-président Riek Machar, qui a été suspendu de ses fonctions et placé en résidence surveillée pendant un an.

Bien que les autorités de Juba aient déclaré fin avril leur intention de maintenir les élections à la date prévue, Washington a énoncé plusieurs conditions préalables, considérant que l’absence de dirigeants politiques actifs sur la scène, en raison d’arrestations ou de restrictions, compromet toute chance d’organiser un processus électoral crédible.

Les États-Unis ont également critiqué ce qu’ils appellent un “manque de préparation”, soulignant que les contribuables étrangers ne financeront pas un processus dont le gouvernement ne prend pas la responsabilité financière.

La chercheuse Emmanuel Foyer estime que l’initiative américaine vise à exercer une pression directe sur le gouvernement de Juba pour qu’il mette en œuvre les termes de l’accord de paix signé en 2018, qui stipule la nécessité d’un recensement, d’une rédaction d’une nouvelle constitution et de l’adoption d’une loi électorale, des exigences qui n’ont pas encore été réalisées.

Concernant les conséquences de cette menace, des observateurs ne excluent pas que le gouvernement du Sud-Soudan cherche des partenaires internationaux alternatifs pour financer les élections ou qu’il procède à l’organisation d’un vote limité sans consensus politique, ce qui pourrait aggraver la fragilité de la situation et augmenter les risques de glissement vers un conflit plus large.

Un responsable de l’Union européenne a également exprimé des doutes sur la possibilité d’organiser des élections historiques au Sud-Soudan en décembre prochain, en raison de plusieurs facteurs qui affaiblissent cette perspective.

L’ambassadeur de l’Union européenne à Juba, Billy Einarson, a averti lundi que l’incertitude politique actuelle, l’insécurité et les lacunes techniques continuent de poser un défi majeur à la tenue de ces élections reportées, qui concernent le pays le plus récemment indépendant au monde.

Einarson estime que l’absence de consensus politique et l’insuffisance des préparatifs, à seulement sept mois de la date prévue des élections, créent un environnement défavorable à des élections libres, équitables et crédibles.

Il a souligné la nécessité d’instaurer la paix avant de procéder aux élections dans un pays qui souffre encore des conséquences du conflit renouvelé survenu l’année dernière.

Cependant, il semble que le gouvernement du président Kiir continue de se préparer pour cet événement historique, appelant les institutions financières concernées à débloquer les fonds nécessaires pour soutenir le processus électoral dans le pays.

Lundi, il a rencontré des membres du comité chargé de coordonner le dialogue entre les partis, insistant sur l’importance de débloquer les fonds à temps pour garantir le bon déroulement du processus électoral. L’entretien a vu la participation du ministre des affaires du Cabinet, Martin Elia Lomuro, et du ministre de l’Intérieur, le général Aleu Ayieny Aleu.

Le ministre Lomuro a déclaré que l’accent était mis sur le maintien d’un dialogue constructif entre les partis politiques pour parvenir à un accord et préserver un environnement pacifique avant les élections.

Il a indiqué que le comité avait déjà élaboré un plan clair pour orienter le processus, ajoutant que le dialogue entre les partis devait garantir que les élections soient dirigées par des acteurs du Sud-Soudan avec le soutien de la communauté internationale. Il a affirmé que le renforcement de l’unité permettrait au pays de tracer sa propre voie tant sur le plan intérieur qu’extérieur.

Le ministre de l’Intérieur, le général Aleu Ayieny Aleu, a souligné le rôle de la police et du secteur de la sécurité en général dans la garantie de la sécurité et de la sûreté des élections, ainsi que leur déroulement pacifique. Le comité a ensuite présenté au président Kiir un budget pour soutenir le travail des institutions électorales, et il a donné des instructions à ses responsables de poursuivre les efforts de mobilisation des ressources nécessaires.

À la lumière de ce développement, le comité se prépare à entrer en contact avec les institutions financières pour faciliter la mise à disposition des fonds à temps pour des élections justes et organisées.

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