Africa-Press. Les tensions se poursuivent dans la région du Tigré, avec un net recul du contrôle du gouvernement fédéral sur la région d’Amhara. Des combattants amhara, connus sous le nom de Fano, ont réussi à reprendre le contrôle de vastes zones après trois ans d’affrontements avec le gouvernement.
Les forces Fano ont reconquis des villes importantes, dont Debre Tabor, située à environ 100 kilomètres de la capitale régionale, alors que la ville a subi, la semaine dernière, des frappes répétées de drones.
Selon le Bureau de la paix et de la sécurité de la région d’Amhara, relevant du gouvernement fédéral, les forces amhara recevraient un soutien en renseignement et en logistique de la part des forces du Tigré et de l’Érythrée.
Les forces Fano ont renforcé leurs positions dans plusieurs zones stratégiques, tandis que les autorités fédérales attribuent cette progression à ce qu’elles qualifient de « complicité » entre des factions armées auparavant ennemies.
Pendant la guerre du Tigré (2021-2022), les combattants amhara et tigréens étaient des adversaires directs. Cependant, de nombreux analystes évoquent aujourd’hui la formation d’alliances nouvelles entre les deux camps, même si elles restent limitées et circonstancielles, dans le cadre de leur confrontation avec le gouvernement fédéral. Malgré cela, des rapports indiquent que ces groupes armés demeurent dispersés et manquent de coordination effective sur le terrain.
Le retrait des forces fédérales de la région d’Amhara et leur redéploiement au Tigré ont également contribué à ouvrir la voie à de nouveaux gains territoriaux pour les combattants.
De son côté, le président du Front de libération du peuple du Tigré a nié les accusations visant sa faction, affirmant que le gouvernement se prépare à lancer une guerre de grande ampleur dans la région. Il a renouvelé aujourd’hui son appel à la communauté internationale, soulignant qu’il « ne restera pas les bras croisés » si l’accord de paix signé en 2022 n’est pas respecté.





