Africa-Press. Selon l’Agence France-Presse, citant une source au sein d’une organisation humanitaire, au moins 46 personnes ont été tuées, samedi, lors d’une attaque menée par des hommes armés contre trois villages de l’État du Niger, dans le centre-ouest du Nigeria.
La source a précisé à l’AFP que « 38 personnes ont été abattues ou égorgées » dans le village de Kunkuso, tandis que « sept autres ont été tuées à Tungan Makiri », en plus « d’une personne tuée à Bissa ».
Elle a ajouté qu’environ 80 % des habitations de Kunkuso ont été incendiées durant l’attaque, et que les équipes de secours s’emploient à extraire d’autres corps des décombres.
Un rapport sécuritaire indique que les assaillants sont arrivés sur des dizaines de motos dans une attaque coordonnée visant les trois villages relevant de la zone administrative de Borgu, limitrophe de l’État de Kwara.
De son côté, la police de l’État du Niger a confirmé l’attaque contre le village de Tungan Makiri. Un porte-parole a indiqué que des hommes armés, soupçonnés d’être des « bandits », ont fait irruption dans le village aux premières heures du matin, faisant six morts, incendiant plusieurs maisons, et enlevant un nombre non précisé d’habitants.
Les trois villages relèvent de l’administration locale de Borgu, à la frontière de l’État de Kwara, où plus de 160 personnes ont été tuées par des éléments qualifiés de terroristes au début du mois de février.
La zone se situe également près de la forêt de Kainji, devenue ces dernières années un refuge pour des bandits et des groupes armés.
Le Nigeria fait face depuis plus de 16 ans à une insurrection dans le nord-est, ainsi qu’à des conflits entre agriculteurs et éleveurs dans le centre-nord, à une violence séparatiste dans le sud-est, et à l’activité croissante de « bandes criminelles » dans le nord-ouest, qui s’étend progressivement à des régions auparavant considérées comme plus sûres.
Des groupes armés opèrent aussi dans le nord-ouest et le centre-ouest, alimentés par la dégradation de la sécurité dans des pays voisins comme le Niger et le Burkina Faso.
En novembre dernier, plus de 250 élèves ont été enlevés dans un internat catholique de la ville de Baberi (État du Niger), avant d’être libérés ultérieurement.
Sur le plan international, les États-Unis ont critiqué ce qu’ils considèrent comme une incapacité des autorités nigérianes à contenir la violence, tandis qu’Abuja a rejeté les accusations du président américain Donald Trump sur une prétendue persécution des chrétiens et une « extermination », affirmant que les attaques visent musulmans et chrétiens sans distinction.
Dans ce contexte, l’armée américaine a annoncé avoir mené, en coordination avec le Nigeria, des frappes aériennes fin décembre dernier contre des éléments affiliés au groupe État islamique dans le nord du pays, signe d’un renforcement de la coopération militaire entre les deux pays.





