CE Qu’Il Faut Savoir
Willy Ngoma, le porte-parole militaire du groupe rebelle M-23, a été tué dans une frappe aérienne en République Démocratique du Congo. L’attaque a eu lieu près de Rubaïa, un site stratégique pour l’exploitation du coltan, et survient dans un contexte de violences croissantes malgré les efforts de médiation pour un cessez-le-feu.
Africa-Press. Willy Ngoma, le porte-parole militaire du groupe rebelle M-23, a été tué dans une frappe aérienne menée par l’armée à l’aide d’un drone dans l’est de la République Démocratique du Congo, selon deux hauts responsables du mouvement, un diplomate régional et un conseiller occidental du gouvernement.
Un des hauts responsables du M-23 a déclaré à une source locale que l’attaque a eu lieu près de Rubaïa, dans la province du Kivu Nord, vers trois heures du matin (01:00 GMT), après plusieurs jours de frappes aériennes menées par l’armée congolaise dans la région.
Rubaïa est un centre stratégique pour l’exploitation du coltan, produisant environ 15 % des approvisionnements mondiaux, ce qui en fait un point financier clé pour le M-23.
Récemment, le gouvernement congolais a ajouté le site à une liste restreinte d’actifs miniers stratégiques proposés aux États-Unis dans le cadre d’une coopération minière.
Intensification des combats malgré les efforts de médiation
Des sources de la société civile ont rapporté des combats violents dans plusieurs zones près de Rubaïa depuis dimanche, forçant des centaines de familles à fuir la région.
L’assassinat de Ngoma intervient alors que des efforts de cessez-le-feu, médiés par le Qatar, se poursuivent. Kinshasa et le M-23 ont signé des accords à Doha pour établir un mécanisme commun de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, avec la participation du Qatar, des États-Unis et de l’Union africaine en tant qu’observateurs.
Ngoma était sous sanctions de l’Union européenne depuis décembre 2022 en raison de son rôle en tant que porte-parole du M-23. Un porte-parole de la présidence congolaise a refusé de commenter, tout comme un porte-parole de l’armée congolaise.
Le M-23, que les Nations Unies accusent d’être soutenu par le Rwanda, contrôle de vastes zones des provinces du Kivu Nord et Sud après une offensive rapide menée par les rebelles l’année dernière, au cours de laquelle ils ont pris le contrôle des villes stratégiques de Goma et Bukavu.
Les rebelles ont également contrôlé brièvement la ville d’Ovira en décembre dernier, avant que l’armée ne la reprenne le mois dernier. De plus, la République Démocratique du Congo a rouvert ses frontières avec le Burundi lundi.
Il convient de noter que la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RDC, la MONUSCO, a envoyé cette semaine une équipe d’évaluation conjointe à Ovira pour soutenir la mise en œuvre du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu convenu à Doha et évaluer la situation sécuritaire dans la région.
La République Démocratique du Congo a été le théâtre de conflits armés persistants, notamment dans les provinces du Kivu. Le groupe M-23, qui a émergé en 2012, est accusé d’être soutenu par le Rwanda et a pris le contrôle de plusieurs zones stratégiques. Les tensions se sont intensifiées avec des combats fréquents et des tentatives de négociations pour un cessez-le-feu, souvent entravées par la violence sur le terrain.





