CE Qu’Il Faut Savoir
Des organisations médicales rapportent des attaques par les forces de ‘dépôts rapides’ sur un hôpital à la frontière entre le Tchad et le Soudan. Les tensions entre les deux pays augmentent, entraînant des fermetures d’hôpitaux et des appels à protéger les travailleurs de la santé. Les violations des droits humains se multiplient dans la région.
Africa-Press. L’organisation ‘Médecins Sans Frontières’ a annoncé, mardi, qu’elle a fermé un hôpital dans la ville de Tina, à la frontière est du Tchad, en raison d’attaques menées par les forces ‘dépôts rapides’ du côté soudanais de la frontière.
Tina est divisée entre deux pays, une partie se situant dans l’État du Nord-Darfour au Soudan, tandis que l’autre se trouve dans l’État de Wadi Fira au Tchad, séparée par un petit ravin saisonnier connu sous le nom de ‘Ab Sen’.
Au cours des deux derniers jours, les forces de l’armée soudanaise et les forces ‘dépôts rapides’ se sont affrontées à Tina et dans ses environs, où ces dernières tentent d’entrer et de renforcer leur contrôle sur le Nord-Darfour.
L’organisation ‘Médecins Sans Frontières’ a déclaré sur son compte Facebook qu’elle avait reçu des rapports sur des attaques violentes menées par les ‘dépôts rapides’ sur la ville de Tina du côté soudanais près de la frontière tchadienne, les samedi et dimanche derniers, ce qui l’a poussée à fermer un hôpital du côté tchadien de la frontière et à transférer ses activités.
Le communiqué a indiqué que l’organisation avait réduit le nombre de ses employés à Tina du côté tchadien après la détérioration de la situation sécuritaire, précisant que les populations le long de la frontière avaient fait face à des attaques répétées et à des déplacements. Le groupe a également appelé à protéger les travailleurs de la santé et les patients ‘à tout prix’.
Le Tchad a annoncé, lundi, la fermeture de sa frontière avec le Soudan ‘jusqu’à nouvel ordre’, évoquant ce qu’il a qualifié d’ ‘invasions et violations répétées par les forces soudanaises combattant sur le territoire tchadien’.
Cette annonce est survenue deux jours après que l’armée soudanaise et les forces alliées en Darfour ont repoussé une attaque des ‘dépôts rapides’ sur Tina.
Les forces ‘dépôts rapides’ ont reconnu avoir traversé au Tchad et s’être engagées avec leurs forces, mais ont qualifié l’incident de ‘non intentionnel et d’erreur’.
Attaque des ‘dépôts rapides’ sur un village au Nord-Darfour
Par ailleurs, l’organisation ‘Avocats des Urgences’ soudanaise pour les droits de l’homme a accusé, mardi, les forces ‘dépôts rapides’ d’avoir mené une attaque sanglante dans le village de Mustariha au Nord-Darfour, à l’ouest du Soudan.
L’organisation a déclaré dans un communiqué que ‘les forces de dépôts rapides ont envahi le village de Mustariha lundi et ont incendié de nombreuses maisons dans le village’, ajoutant que ‘l’attaque a été précédée de frappes par drones sur plusieurs sites, y compris un centre de santé, un marché, des installations pour les invités et des maisons des habitants, causant des blessures et forçant des dizaines à fuir’.
L’organisation a également qualifié l’attaque de ‘violation flagrante’ du droit humanitaire international et des droits de l’homme, affirmant que ‘cette attaque s’ajoute au bilan continu des violations au Darfour, qui pourrait constituer un génocide et des crimes contre l’humanité, reflétant un schéma systématique d’attaques contre les civils et leurs biens’.
Elle a également appelé la Cour pénale internationale à enquêter sur les crimes commis au Darfour et à poursuivre directement les responsables pour garantir la protection des civils. Les forces ‘dépôts rapides’ n’ont pas immédiatement commenté les accusations, bien que plusieurs de leurs membres aient publié des vidéos sur les réseaux sociaux affirmant avoir pris le contrôle de Mustariha.
La région du Darfour a été le théâtre de conflits violents depuis le début des années 2000, avec des accusations de génocide et de crimes de guerre. Les tensions entre les forces gouvernementales soudanaises et les groupes rebelles ont conduit à une crise humanitaire majeure, exacerbée par les interventions de groupes armés comme les ‘dépôts rapides’. La situation s’est aggravée avec les récents affrontements à la frontière entre le Soudan et le Tchad, mettant en danger la vie des civils et des travailleurs humanitaires.





