Africa-Press. L’Alliance civile démocratique des forces de la révolution (Somoud) a appelé à la création d’une commission internationale d’enquête sur les accusations d’utilisation d’armes chimiques par l’armée soudanaise dans sa guerre contre les Forces de soutien rapide. L’alliance a affirmé être prête à remettre à la justice internationale tout membre reconnu coupable.
Le porte-parole de Somoud, Jaafar Hassan, a déclaré que le président du Conseil de souveraineté, le général Abdel Fattah al-Burhan, avait lui-même demandé la mise en place d’une commission internationale pour enquêter sur ces accusations. Il a ajouté que le refus d’une enquête internationale impartiale soulève des soupçons quant à l’existence de faits à dissimuler.
Hassan a rejeté les accusations du ministre soudanais de l’Information, Khaled al-Aiser, qui a accusé l’alliance de trahison, de soutien aux Forces de soutien rapide et d’incitation de pays et d’organisations contre le Soudan. Il a souligné que Somoud se tient à égale distance de toutes les parties au conflit, estimant qu’il n’existe que deux camps au Soudan: le camp de la guerre et celui de la paix, auquel appartient l’alliance.
De son côté, le général al-Burhan a nié l’utilisation par l’armée d’armes chimiques interdites au niveau international, affirmant que de telles accusations ne trouveraient aucun écho auprès du peuple soudanais. Il s’est interrogé sur l’existence et le lieu d’utilisation de ces armes présumées, menaçant ceux qui propagent ces allégations de représailles populaires, tout en rappelant que l’armée n’appartient pas à al-Burhan mais au peuple soudanais.
Par ailleurs, le porte-parole de Somoud a critiqué la réouverture de l’aéroport de Khartoum en l’absence d’un accord politique mettant fin à la guerre, mettant en garde contre l’exploitation de cette décision à des fins de propagande au détriment de la vie des civils. Il a également mis en doute la sécurité totale de l’espace aérien soudanais, du décollage à l’atterrissage, soulignant que la poursuite du conflit et les attaques de drones réciproques maintiennent une situation sécuritaire instable.
Tournée européenne de l’alliance
Concernant la tournée européenne de l’alliance, Hassan a expliqué que ses principaux objectifs étaient d’inciter les Européens à faire pression pour mettre fin à la guerre, protéger les civils et révéler les crimes commis par toutes les parties. Il a indiqué que l’Allemagne avait augmenté son engagement en faveur de l’aide humanitaire au Soudan de 150 millions d’euros immédiatement après la visite.
Il a également défendu la rencontre de l’alliance avec le chef du Parti du Congrès populaire, Ali al-Haj, précisant que ce parti avait adopté très tôt une position claire contre les coups d’État militaires, rejetant le coup du 25 octobre ainsi que la guerre actuelle. Il a souligné que les divergences avec le Congrès populaire sont d’ordre idéologique, tout en partageant avec lui l’objectif de mettre fin au conflit.
S’agissant de la relation avec le Parti du Congrès national, Hassan a fixé trois conditions à toute coopération: se tenir à l’écart de l’armée et ne pas l’instrumentaliser, dissoudre les milices qui lui sont affiliées, et cesser d’appeler à la poursuite de la guerre. Il a affirmé que le Congrès national est profondément implanté dans les institutions militaires et civiles et insiste sur la prolongation du conflit.
Enfin, il a insisté sur le fait que l’alliance condamne fermement les crimes des Forces de soutien rapide et réclame la création d’une commission d’enquête sur toutes les violations commises par les deux camps. Il a conclu que toute personne ayant commis des crimes contre le peuple soudanais doit être traduite en justice, quel que soit son rang ou son appartenance.





