Tanzanie: Visite Historique en Russie sous Tension

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Tanzanie: Visite Historique en Russie sous Tension
Tanzanie: Visite Historique en Russie sous Tension

Africa-Press. La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a entamé une visite officielle en Russie qui se déroulera du 3 au 5 juin 2026, marquant la première visite d’un président tanzanien en Russie depuis plus de cinquante ans. Cette démarche vise à renforcer les relations bilatérales et à élargir la coopération économique entre les deux pays.

Cette visite rappelle la dernière visite d’un dirigeant tanzanien en Russie en 1969, lorsque le président Julius Nyerere a visité l’Union soviétique. Les discussions ont porté sur les domaines de l’énergie, des mines, de l’agriculture, des infrastructures et des transports. La présidente tanzanienne a également participé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

La visite intervient à un moment politiquement sensible, alors que les critiques occidentales à l’égard du gouvernement tanzanien se sont intensifiées depuis les élections d’octobre 2025 et les violences qui ont suivi.

Les États-Unis et plusieurs pays européens, ainsi que l’Union européenne, ont accru leurs critiques à l’encontre de Dar es Salaam, tandis que des responsables américains ont appelé à réévaluer les relations avec la Tanzanie et à renforcer la responsabilité concernant les violations des droits de l’homme signalées après les élections.

Alex Vines, directeur du programme Afrique au Conseil européen des relations étrangères, a souligné que le moment de la visite était lié à ce contexte politique, notant qu’elle était envisagée depuis longtemps, mais que les pressions occidentales sur la Tanzanie depuis fin 2025 en avaient été un facteur.

Vines a estimé que la visite ne représentait pas un changement radical dans les équilibres géopolitiques de la région, précisant que les États-Unis semblaient moins préoccupés par cette démarche que les pays européens, en raison de leur concentration sur la concurrence avec la Chine plutôt qu’avec la Russie.

Il a également prévu que Bruxelles suivra de près les résultats de la visite, surtout en raison des discussions en cours concernant d’importants projets européens dans le secteur de l’énergie en Tanzanie.

À travers cette visite, la Russie cherche à renforcer sa présence en Afrique de l’Est, dans un contexte de forte concurrence avec plusieurs puissances internationales et régionales, dont la Chine, l’Union européenne, les pays du Golfe, la Turquie et l’Égypte, sur un marché jugé très compétitif.

Le chercheur tanzanien Thomas Kipuwana a affirmé que la visite devait être comprise dans son contexte historique avant d’être politique, soulignant que les relations entre les deux pays remontent aux débuts de l’indépendance de la Tanzanie en 1961, lorsque l’Union soviétique fut l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance du pays et à établir des relations diplomatiques peu après la déclaration d’indépendance.

Kipuwana a expliqué que se concentrer sur les tensions actuelles avec l’Occident pourrait conduire à négliger la dimension économique des relations russo-tanzaniennes, notant que les investissements russes en Tanzanie s’élevaient à environ 400 millions de dollars répartis sur 44 projets différents, créant près de trois mille emplois.

La Russie a également maintenu une présence significative dans le secteur des minéraux stratégiques en Tanzanie, en participant à plusieurs projets liés à l’extraction du lithium.

Le chercheur a rejeté l’idée que la visite soit un indicateur d’un tournant de la Tanzanie vers la Russie, affirmant que la politique étrangère tanzanienne repose sur la diversification des partenariats internationaux et non sur une rupture avec les partenaires occidentaux. Il a souligné que de nombreux pays africains avaient adopté une politique similaire visant à élargir les relations économiques et diplomatiques avec diverses puissances internationales.

Les estimations indiquent que l’impact réel de la visite sera déterminé par les accords qui seront conclus, notamment dans les secteurs des mines, de l’agriculture, des infrastructures et des transports, tout en continuant à s’intéresser à toute coopération potentielle dans les domaines de la défense et de l’énergie nucléaire civile.

La visite a également été marquée par la remise d’un prix honorifique à la présidente Samia Suluhu Hassan par une université russe, en reconnaissance de ses efforts diplomatiques et de sa politique visant à diversifier les partenariats internationaux et à renforcer la position de la Tanzanie sur la scène internationale.

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